Marseille : interview d’une responsable CGT

Nous l’avons déjà noté : un débat émerge dans le syndicalisme, et notamment dans la CGT, pour construire de nouvelles formes d’unité des luttes, associant intersyndicale, associations, forces politiques. Nous reproduisons ici (après parution sur le site : ensemble.fdg.fr) une interview de Hélène Honde, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches du Rhône, sur les initiatives de Marseille, qui ont déjà donné lieu à manifestation (Marseille 18 janvier, 6 février), meeting public (Gardanne le 18 février), et qui se pérennisent.

Interview Héléne Honde (UD CGT Marseille)

 

Pourquoi cette initiative ?
C’est la situation plus que préoccupante et notamment celle de notre département qui l’explique ; tous les habitants des Bouches-du-Rhône, qu’ils soient salariés du public ou du privé, privés d’emploi, jeunes ou retraités y sont confrontés.
En effet, l’ensemble du tissu industriel, comme la qualité et/ou le devenir de nos services publics sont menacés par le grand patronat et le gouvernement et ceci afin de répondre au coût du capital.
Oui, car ce qui est en jeu, c’est bien le cout du capital. Je m’explique : le MEDEF, pour satisfaire encore et toujours les actionnaires, qui soit dit en passant, voient tous les ans leurs dividendes augmenter -contrairement aux salaires – externalisent leurs activités au détriment des conditions et du droit de travail, délocalisent et ferment des entreprises aux dépens de l’emploi. Dans notre département, nous notons une volonté affichée de démantèlement de toutes nos industries (portuaires, maritimes, navales, agroalimentaires, pétrochimiques….) qui en constituent le poumon économique. Ce phénomène s’accompagne d’une démolition de nos services publics.
Nous avons coutume de dire « pas d’industrie sans service public » mais l’inverse est vrai aussi, pas de services publics sans industrie.
Le gouvernement par ses politiques d’austérité, répond favorablement au monde de la finance : Il est donc complice du remodelage en profondeur de notre pays, de notre département, au détriment du monde du travail, des réponses aux besoins des populations : nous en avons pour preuve la casse de la protection sociale (loi sur les retraites, les négociations sur l’assurance chômage, le transfert des cotisations patronales, de la branche famille), le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), l’ANI loi dite de « sécurisation de l’emploi », le projet gouvernemental de métropole , le « pacte de responsabilité » qui sont autant d’outils pour mettre en œuvre ce remodelage.
Quel bilan des journées de mobilisation?
Il montre une volonté manifeste de s’organiser et de renforcer le mouvement de luttes anti-austéritaires. Réunir plus de 14 organisations (syndicales, politiques et associatives) nous semblait important pour élever le rapport de force nécessaire afin d’inverser ces choix politiques, pour obtenir une autre répartition des richesses répondant aux besoins de tous. Comme la CGT, d’autres composantes du mouvement social partagent l’opinion que les choses doivent changer (c’est d’ailleurs ce que nous avions écrit dans l’invitation à la première rencontre). C’est exactement cela que chacune des organisations a porté lors de la manifestation du 18 janvier derrière la banderole « licenciement, bas salaires, précarité, austérité, les Bouches-du-Rhône en ont assez. » 7000 manifestants, sous une pluie battante, pour une première mobilisation dans ces formes, c’était une initiative réussie car au-delà de nos différences c’est bien le rassemblement qui a émergé et qui doit s’amplifier.
Ce processus s’est d’ailleurs déjà élargi notamment lors de la manifestation du 6 février ainsi que lors du meeting du 18 février à Gardanne où 3 nouvelles organisations nous ont rejoints.
Quels sont les objectifs pour le futur ?
L’ensemble des organisations ont appelé, par une motion votée au meeting, à manifester le 18 mars. Sa construction vise le même objectif: tous ensembles déterminés et unis pour l’emploi, le maintien et le développement de nos activités, de nos industries et du service public, pour la relance par les salaires, pour une protection sociale de haut niveau !
Il s’agit donc de mettre en exergue les convergences du monde de travail, certes, mais au-delà, celles de toutes les populations; c’est une des responsabilités de chacune des organisations afin de créer les conditions de l’élargissement de la mobilisation et de l’amplification du rapport de force
Propos recueillis par Nathalie Bianchi.

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