12 avril

Manifestation 15 novembre : la fédération chimie CGT s’engage, l’appel unitaire CGT, FSU, Solidaires de Nantes

Parmi les structures syndicales qui s’engagent le 15 novembre, certaines reproduisent les documents du Collectif Alternative à l’Austérité (AAA) dans leur réseau, mais d’autres élaborent leur propre matériel et leurs propres argumentations pour se joindre à cette action. Nous reproduisons ici les documents de la fédération chimie CGT. A Nantes, il faut noter un appel unitaire CGT, FSU, Solidaires.

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Collectif AAA: Appel à manifester le 15 novembre 2014

Le Collectif Alternative A l’Austérité (AAA), constitué de forces syndicales, associatives et politiques, appelle à manifester dans toute la France le samedi 15 novembre 2014.
Ce collectif est issu du rassemblement de même type constitué à l’occasion de la manifestation du 12 avril 2014 (voir notre post ici),  à l’appel de plusieurs fédérations syndicales et d’unions départementales de la CGT, de plusieurs syndicats de l’Union syndicale Solidaires, de syndicats de la FSU, d’associations (DAL, associations de chômeurs, féministes…), de forces politiques (Front de gauche, NPA, Alternative libertaire). Cette initiative avait fait l’objet de débats animés dans le syndicalisme, notamment quant au rapport entre champ social et champ politique.
L’appel au 12 avril avait promis des « suites« , qui ont d’abord pris la forme d’une rencontre nationale le 21 juin 2014 (voir les actes ci-dessous), où ont été débattues les raisons de s’engager, la diversité des formes de cet engagement, et l’ébauche de propositions communes contre l’austérité. La perspective d’une action à l’automne face aux choix budgétaires du gouvernement était évoquée.
A la suite de plusieurs réunions en septembre 2014, le collectif du 12 avril a pris le nom de Collectif Alternative à l’austérité (Collectif AAA ou 3 A), a adopté un appel de référence (voir ci-dessous), a poursuivi son travail d’échanges sur des propositions alternatives (sans finalisation à ce stade) et lance un appel à manifester que nous reproduisons ci-après. Un site sera prochainement ouvert.
 

Annonce des propositions du Collectif AAA  

MOBILISATION NATIONALE, LE 15 NOVEMBRE !

La coupe est pleine ! Le pays s’enfonce dans la crise avec son cortège de misère, de chômage, de précarité, de violentes divisions. Depuis des années la droite et, depuis 2012, François Hollande, les gouvernements Ayrault et Valls poursuivent le même but dans le cadre des traités européens et en accord avec les dirigeants de l’Europe libérale : austérité, compétitivité par la baisse du coût du travail, reculs sociaux, coupes claires dans les dépenses publiques. Ces politiques ont échoué partout comme elles échouent en France : elles nourrissent la crise, creusent tout à la fois les inégalités et les déficits.

Dans son immense majorité le peuple rejette cette politique imposée sans débat et avec autoritarisme. Cette situation créée une grave crise politique dont la droite et l’extrême-droite porteuses de graves projets de régression tentent de tirer profit.

Il est temps d’arrêter cet engrenage. Il faut dire non à la loi de finances 2015 présentée par Manuel Valls qui, pour satisfaire les cadeaux faits au CAC 40, dans le cadre du pacte de responsabilité, coupe massivement dans les dépenses publiques. Il se traduirait par le recul des services publics et de ses missions, un étranglement financier des collectivités locales et de leur capacité d’investir. Il faut aussi empêcher les reculs budgétaires de la protection sociale qui remettent en cause les acquis pour la santé, la retraite, la famille, les chômeurs.

D’autres choix sont pourtant possibles. Nous ne sommes pas condamnés à l’austérité permanente et à l’insécurité sociale. Il faut mettre en œuvre une politique qui parte des besoins sociaux, s’attaque aux inégalités. Une réforme fiscale d’ampleur permettrait une redistribution des richesses et une relance des investissements productifs au bénéfice de la grande masse de la population, s’inscrivant dans la transition écologique.

Il faut redonner du pouvoir d’achat, augmenter les salaires, créer des emplois. Il faut s’attaquer au  capital, à la finance, à la rente des actionnaires qui est supportée par les salarié-es, les chômeurs, les précaires, les retraités et la jeunesse.

Il existe dans le pays une majorité de femmes et d’hommes disponibles pour cette alternative sociale et politique, des forces syndicales, sociales, associatives, politiques que nous voulons rassembler.

Mettre un coup d’arrêt aux politiques en cours, imposer d’autres choix, cela ne peut se faire sans la mobilisation des salarié-es, sans l’intervention citoyenne.

Pour dire non au budget d’austérité du gouvernement VALLS et appeler à ce qu’il soit rejeté !

Pour dire non aux exigences du Medef !

Pour rassembler et construire une alternative à la politique actuelle !

Nous appelons à organiser des manifestations dans les grandes villes de France

 

L’appel constitutif du Collectif 3 A

cliquez ici pour télécharger l’appel

Collectif national alternative à l’austérité

COMBATTONS L’AUSTÉRITÉ
ENSEMBLE RECONSTRUISONS L’ESPOIR

Nous n’en pouvons plus. Le chômage gonfle, boucler le mois devient très compliqué. Les aides sociales reculent, les services publics sont asphyxiés, démembrés, fermés, y compris les services de proximité alors que les usagers se mobilisent pour les défendre. Se soigner, se nourrir et se loger décemment, s’occuper de ses enfants ou de ses parents, devient un parcours du combattant. Partout, nous ne rencontrons que du mépris. Mépris pour les chômeurs auxquels on propose des métiers déqualifiés, des bas salaires, des temps partiels sous-payés, et qu’ils doivent accepter à moins d’être radiés. Mépris, quand les loyers et les charges augmentent et qu’il ne reste rien pour vivre. Mépris, quand dans les HLM, faute de budgets sociaux, les plafonds se fissurent, les ascenseurs sont régulièrement hors service. Mépris quand, à la limite du surendettement, EDF ou GDF-Suez exigent que les factures soient réglées ou sinon, c’est la coupure de l’électricité ou du gaz. Mépris pour celles et ceux qui restent sur le carreau, « en vrac », quand les firmes débauchent même si leurs actions flambent. Mépris partout quand on est blacks, beurs, ou sans-papiers surexploités et sans droits. Mépris, quand après 40 ans au boulot, ne reste qu’une retraite de misère. Mépris quand la concurrence au travail nous casse, parfois tue, et qu’il faut faire toujours plus avec moins de moyens. Enfin, mépris, dans la bouche des dirigeants patronaux et politiques, quand on laisse entendre que cette situation serait de la faute de ceux qui trinquent.

Toutes ces galères font monter une immense colère, chez celles et ceux qui les subissent ou qui les voient sévir autour d’eux. Cette colère est légitime. Nous devons transformer cette colère en une force qui fasse cesser les galères, et impose un autre modèle de société, égalitaire et solidaire.

Vite, très vite ! Car l’exaspération produit aussi du « chacun pour soi » et la guerre des pauvres contre de plus pauvres qu’eux, dont se nourrit le Front National.

Les galères ne viennent pas de nulle part. C’est le résultat du système capitaliste, des politiques libérales et patronales menées depuis des décennies. Depuis 2012, le Président de la République, dans la lignée de son prédécesseur, a enrichi les riches et appauvri les pauvres. Alors que son impopularité tourne aujourd’hui à l’illégitimité, Hollande poursuit sa politique de régression sociale. En plus, il décide autoritairement une réforme des collectivités locales, qui va attaquer plus encore la démocratie et les services publics locaux. Le gouvernement Valls 2, en plein accord avec le MEDEF , donne de nouveaux gages au patronat : démantèlement du code du travail, coupes multipliées dans les dépenses publiques et sociales, accélération des exonérations fiscales pour le capital, démolition de la loi Allur, attaques sur la politique familiale.

Toujours tout aussi autoritairement, au plan international, se négocient dans le plus grand secret des accords de libre échange qui auront des impacts lourds en termes de pouvoirs renforcés des multinationales, de chômage supplémentaire, mal-bouffe. Et se poursuit l’alignement sur la politique étrangère américaine.

L’austérité n’est pas pour tout le monde. Pendant que nous payons, pour eux, les milliards qu’ils empochent, le CAC 40 et les banquiers se gavent : 40 milliards de dividendes versées aux actionnaires en 2013, 5% de plus qu’en 2012.

Cette politique n’est faite ni pour le peuple, ni par le peuple : Il n’a pas voté cela ! Ces nouveaux seigneurs nous gouvernent, circulent et font carrière des sommets de l’Etat aux banques ou aux directions du CAC 40, font leur loi… et se croient au-dessus de la loi.

Cette politique, nous n’en voulons plus. Nous disons : « ça suffit » ! Et nous la combattons.

Beaucoup résistent. Mais nos mobilisations sont trop éparses. Nos combats doivent converger.

Si nous tous, citoyens et citoyennes, salarié-e-s, privé-e-s d’emploi, retraité-e-s, syndicalistes, militant-e-s associatifs et politiques, actrices et acteurs du monde de la culture et du sport, nous nous rassemblons, nous rendrons possible une alternative, une autre politique sociale et solidaire, écologiste et féministe, démocratique.

Nous sommes avec celles et ceux qui luttent et redressent la tête. Avec les salariés qui se battent pour leurs salaires, leurs emplois, leurs droits. Avec les chômeurs, les intermittents, les précaires. Nous sommes dans les luttes pour les droits au logement, à l’éducation, à la santé. Nous sommes dans les luttes des femmes, des migrants, pour faire reculer toutes les discriminations, les exclusions, le racisme, la répression. Nous sommes dans les luttes contre les reculs de la démocratie, à l’œuvre aussi dans les entreprises et les administrations. Nous nous battons contre les projets qui ravagent notre planète et notre environnement.

Nous voulons construire des ponts entre toutes ces luttes.

Nous voulons organiser des mobilisations et des actions communes, localement et nationalement, pour combattre l’austérité et nous en sortir. Le plus rapidement possible.

Partout, nous invitons au lancement de collectifs locaux pour mettre en place des cadres d’actions et de mobilisations communes, soutenir, aider, développer les luttes.

Nous voulons aussi ouvrir un vaste débat, national et local. Comment faire reculer le chômage, quels droits, y compris nouveaux pour les salariés, les citoyens, quelle politique pour le logement, la santé, l’éducation, la culture ? Nous voulons inverser cela : montrer ce que veut et peut le plus grand nombre. Nous voulons qu’on invente les solutions ensemble, en les discutant dans les quartiers, les villes, les entreprises, et sans exclusive : avec toutes celles et tous ceux qui viendront faire entendre leurs exigences sociales contre l’austérité. Nous nous proposons de d’élaborer, mettre en débat ensemble des mesures d’urgence.

Il est plus qu’urgent de nous rencontrer, urgent de résister, urgent de reprendre le contrôle de nos vies, urgent d’empêcher qu’on nous les vole, urgent d’imposer d’autres choix. C’est le but de notre collectif, qui s’est donné pour tâche de réunir mouvement associatif, mouvement syndical et mouvement politique, afin de porter une alternative à l’austérité dans le débat politique et dans la rue.

Paris, le 10 septembre 2014

Les actes de la rencontre nationale du 21 juin 2014

Cliquez ici pour télécharger les Actes des Rencontre du 21 Juin

Prolonger la mise en œuvre de constructions nouvelles entre syndicats, associations et partis politiques

Ensemble, tout est possible

Pour nous syndicalistes CGT, la défense des intérêts des salariés, des retraités et des privés d’emploi nécessite la construction d’un mouvement social capable de porter un coup d’arrêt à l’austérité et à l’extrême droite qui s’en nourrit. Cet objectif ne souffre ni délai ni division. L’urgence est au rassemblement le plus large sans a priori ni exclusive de tous celles et ceux qui combattent l’austérité et recherchent la voie d’une alternative pour la transformation sociale. C’est pourquoi nous avons été de toutes les mobilisations récentes allant dans ce sens. Ainsi de la journée d’action interprofessionnelle du 18 mars, de la marche citoyenne du 12 avril, du 1er mai, des journées unitaires des fonctionnaires et des retraités. Le 26 juin doit s’inscrire dans cette lignée. Les mouvements des cheminots et des intermittents, ainsi que les nombreuses luttes en cours, participent à cette construction.

La détermination des tenants de l’actuelle politique d’austérité les conduit à s’opposer à l’intérêt général jusqu’à la dernière extrémité. Le verdict des urnes, la représentation des salariés et la prise en compte de leur avis ne sont rien dans leur stratégie du choc qui suppose l’exclusion de la question sociale.

Le chômage, au niveau inédit depuis la crise de 1929, nourrit une atmosphère de peur, qui s’empare en particulier d’une jeunesse globalement exclue. La ronde sans fin des fermetures d’entreprises est en soi un acte d’accusation d’un patronat de rentiers et d’actionnaires à l’égoïsme glacé. Les victimes de la précarité tombent dans une trappe sans retour, pendant que les salariés, tous cibles potentielles de licenciements sans entraves, nourrissent une angoisse à l’égard de leur possible chute dans la pauvreté.

Premier intéressé par cette orientation austéritaire, le Medef accuse tous les aspects sociaux de la condition salariale d’être les fauteurs de la crise. Il ne s’agit plus de demander aux actifs, chômeurs et retraités des sacrifices de circonstance en attendant la sortie du tunnel. L’objectif patronal est bien de se débarrasser de pans entiers de positions sociales et publiques issues du programme du Conseil National de la Résistance et conquises à la Libération.

Dans les projets de lois de finance rectificatives, soumis fin juin au vote de l’Assemblée nationale, le gouvernement aligne son Pacte dit « de Responsabilité » sur la perspective de démantèlement de la protection sociale, phare du système social national. La baisse des cotisations, les exonérations fiscales, le gel des prestations sociales font suite aux attaques contre le régime des retraites et celui des allocations familiales.

La réduction des déficits et des dettes publiques est l’objectif prioritaire de la politique économique menée en France comme dans la plupart des pays européens. La baisse des salaires des fonctionnaires, ou le Pacte « de responsabilité » qui prévoit 50 milliards supplémentaires de réduction des dépenses publiques, sont justifiés au nom de cet impératif. Le discours dominant sur la montée de la dette publique fait comme si son origine était évidente : une croissance excessive des dépenses publiques. Or, cette affirmation ne résiste pas à un examen sérieux des faits : au total, 59 % de l’actuelle dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs.

En engageant à marche forcée une réforme territoriale lourde de danger pour la démocratie de proximité, les services publics et le statut des personnels, le gouvernement entend mettre les structures territoriales au service de la stratégie du capital, pour qui démocratie et citoyenneté sont devenues incompatibles avec la conservation de ses privilèges.

La politique d’austérité n’est donc pas le moindre mal choisi par un gouvernement raisonnable mais le mal libéral qui subvertit tout système social et démocratique. Discréditer les garanties républicaines et le droit social en pratiquant la surdité volontaire à l’égard de l’immense majorité de la population dope les menées subversives de l’extrême droite. Le lien entre la dérive des institutions mises au service exclusif de politiques d’austérité et la résurgence de l’extrême droite est attesté dans les pays du continent où elle se manifeste.

Les germes de cette situation hautement préoccupante nous avaient conduits à considérer qu’il était nécessaire, dans le respect des prérogatives de chacune et de chacun, de mettre en œuvre des constructions nouvelles entre syndicats, associations et partis politiques, potentiellement de nature à relever les défis qui étaient devant nous.

C’est cette démarche qui, en particulier, a permis la marche nationale le 12 avril dernier.

Depuis lors, avec la nomination de Manuel Valls comme Premier ministre et l’accentuation de la politique libérale menée, les choses se sont encore aggravées et nous sommes sans aucun doute à la veille de bouleversements profonds, dont personne ne peut prédire ni l’ampleur ni les conséquences.

L’extrême droite atteint des scores dramatiquement élevés aux élections, gagne des mairies, étend ses réseaux, cependant que la montée de l’abstention confirme la profondeur de la souffrance et de la désillusion dans la population.

L’identité fondamentale de notre syndicalisme est de ne jamais déroger à la mission définie au cours de son histoire, la représentation des intérêts matériels et moraux du travail, par leur défense au quotidien et la recherche de l’émancipation par la transformation sociale. La situation actuelle n’échappe pas à cette conduite rigoureuse.

Bien entendu, en tant que syndicalistes CGT, nous nous félicitons des luttes syndicales menées, des brèches ouvertes. Tout doit d’ailleurs être mis en œuvre pour que, à l’intérieur d’un projet syndical cohérent, ces mobilisations gagnent en profondeur et fassent progresser les alternatives aux politiques actuelles.

A l’opposé de toute « union sacrée pour l’austérité », que le gouvernement cherchera à promouvoir lors de la conférence sociale de juillet, nous préconisons la constitution d’un vaste rassemblement de toutes les forces disponibles, autour de deux objectifs indissociables : la rupture avec l’austérité ; la lutte dans l’union la plus large contre une extrême droite qui prétend au pouvoir.

Mais, encore plus qu’hier, nous considérons que le caractère inédit de la situation à laquelle nous sommes confrontés appelle à des passerelles larges de toutes celles et ceux qui partagent la nécessité de rompre avec les politiques mortifères d’austérité, de promouvoir une toute autre répartition des richesses créées, une rupture dans les logiques de gestion et une véritable démocratie rendant le citoyen acteur des changements profonds à mettre en œuvre.

Eric Alligner ; Sylviane Brousse ; Jean-Marc Canon ; Ollivier Champetier ; Mireille Chessa ; Christophe Delecourt ; Pascal Joly ; Denis Lalys ; Hervé Ossant ; Marc Peyrade ; Pierre Place ; Cédric Quintin ; Serge Ragazzacci ; Daniel Sanchez ; Baptiste Talbot ; Gisèle Vidallet ; Céline Verzeletti ; Emmanuel Vire

 

Tribune parue dans L’Humanité du 27 juin 2014

Suites du 12 avril : une initiative le 21 juin à ne pas manquer


www.fondation-copernic.org

Nous avons besoin de votre soutien : Adhérez !


Nous vous l’annoncions, la marche du 12 avril n’est pas restée sans suite et, depuis cette date, les réunions unitaires se sont succédé, chaque semaine, pour donner corps au large collectif constitué pour coordonner une résistance et des alternatives communes à l’austérité. Nouvelle étape du processus : une première rencontre nationale, ouverte à tou-tes, est organisée le 21 juin pour élaborer ensemble.

 


Chère amie, cher ami,

Nous étions plus de 200, divers-es par nos engagements, personnalités morales, du monde de la culture et des arts, responsables syndicaux, associatifs, politiques, à avoir lancé un appel pour dire le 12 avril : « Maintenant ça suffit, marchons contre l’austérité, pour l’égalité et le partage des richesses ! ».

Par le nombre des participantes et participants, la diversité de ses couleurs, son caractère inédit, sa combativité, la marche du 12 avril a dépassé nos propres espérances et marqué bien des observateurs. Elle a mis un peu de neuf et d’espoir dans le paysage désolant de la séquence électorale qui a vu la poussée de la droite et de l’extrême droite.

Nous avions dit : « Cette marche ne restera pas sans lendemain ». Nous voulons écrire ce lendemain ensemble.

Nous voulions éviter la précipitation et surtout, nous sommes, pour la plupart, engagé-es dans diverses actions. Pour assurer le succès de l’entreprise, le respect de toutes et tous a imposé et impose de tenir compte d’un riche calendrier syndical, social et associatif.

C’est pourquoi nous avons proposé de nous retrouver, toutes et tous le samedi 21 juin pour une journée de travail au cours de laquelle nous déciderons comment continuer.

L’austérité qu’impose le gouvernement Valls va accélérer la casse de la protection sociale et des services publics, accroître le chômage, renforcer les inégalités de revenus, de retraites, entre les territoires, et les inégalités à l’encontre des femmes.

Dans l’esprit du 12 avril – porteur de colères contre le « Pacte de responsabilité », la politique répressive envers les étrangers et les militants syndicaux et associatifs, la montée de l’extrême droite…, mais aussi d’espoir dans des alternatives à l’austérité, pour le droit au logement, l’égalité des droits, la transition énergétique… –, quelques propositions ont déjà été émises :

  • Travail d’élaboration collectif, au plus près des citoyennes et des citoyens, dans le monde du travail, pour des mesures alternatives à l’austérité et à la régression sociale (sorte de « plan ORSEC contre l’austérité »)
  • Votation citoyenne pour se prononcer sur ces mesures
  • Luttes et actions de solidarité
  • Marche nationale ou journée de marches régionales à l’automne.

Ce ne sont là que de premières pistes, et il est essentiel de travailler pour que d’autres émergent et nous permettent de décider ensemble le 21 juin. Toutes les suggestions et contributions sont dès lors les bienvenues.

En espérant donc nous retrouver toutes et tous le :

SAMEDI 21 JUIN DE 9H30 À 17H À LA BOURSE DU TRAVAIL DE PARIS 3, rue du Château d’Eau

Paris 10e – M° République


Cette lettre est destinée à circuler le plus largement possible, n’hésitez pas à la relayer !

Programme de la journée :

RENCONTRE DU 21 JUIN 2014SORTIR DE L’AUSTÉRITÉ, COMBATTRE LES INÉGALITÉS, RÉINVENTER LA DÉMOCRATIE

Cette réunion du 21 juin, dans l’esprit de la manifestation du 12 avril et face à la montée confirmée de l’extrême-droite, poursuivra trois objectifs principaux :

  • Travailler à l’élaboration de mesures d’urgence et de propositions alternatives aux politiques d’austérité
  • Impulser un processus d’actions inscrit dans la durée, sous les formes les plus diverses (dont manifestations, luttes et actions de solidarité, votation citoyenne…) pour résister, proposer et mobiliser
  • Développer dans les territoires des collectifs associant citoyen-nes, personnalités, salarié-es, chômeur-ses, retraité-es, jeunes, représentant-es et militant-es d’associations, d’organisations syndicales, de partis politiques.

9h30 : ACCUEIL

10h- 10h15 : INTRODUCTION

Trois introductions de 5mn des trois composantes syndicaliste, associative et politique.

  • Retour sur le succès de la marche du 12 avril ; rappel de la dimension et du caractère inédits de la marche du 12 avril : co-construction de la marche, travail en commun entre des personnalités, des militant-es d’associations, d’organisations syndicales, de partis politiques…
  • Volonté, conformément au texte d’appel à la marche, de poursuivre en s’organisant dans les territoires, en proposant des mesures d’urgence et des mesures alternatives, en se mobilisant sous des formes variées, multiples, tant au niveau national que dans les territoires, au plus près et avec les citoyen-nes et les salarié-es
  • Les objectifs : sortir de l’austérité, combattre les inégalités, réinventer la démocratie.

10h15- 11h : INTERVENTIONS DE MILITANT-E-S DE SECTEURS EN LUTTE

Fralib, Cheminots, Coordination des hôpitaux (maternité des Lilas),Alstom, Logement, Précaires, Notre-Dame-des-Landes, Sans-papiers, Sanofi, Intermittent-es.

11h–13h : TRAVAIL EN ATELIERS

Atelier n°1  : « Salarié-es, chômeur-ses, retraité-es : sortons de la précarité »

Atelier n°2 : « Reconquérir et développer la Sécurité sociale et les droits sociaux »

Atelier n°3 : « S’attaquer à la finance (banque, finances, dettes fiscalité…) »

Atelier n°4 : « Reconquérir et refonder l’action publique de l’État et des Collectivités territoriales au service de toutes et tous »

Atelier n°5 : « Donner le pouvoir aux travailleurs, aux citoyens dans la cité, les entreprises, les services publics »

Atelier n°6 : « Promouvoir la transition écologique et un nouveau développement industriel »

Atelier n°7 : « Défendre et développer les droits, les libertés »

Atelier n°8 : « Imposer le droit à l’’emploi »

L’animation des ateliers sera basée sur la règle des trois composantes : trois représentant-es pour assurer l’introduction (10 mn), la présidence, l’animation, le compte-rendu oral et écrit.

13h–14h : PAUSE DÉJEUNER

14h : TRAVAUX EN SÉANCE PLÉNIÈRE

Présidence et animation : assurées par trois représentant-es des trois composantes

14h– 14h45 : RESTITUTION DES TRAVAUX DES ATELIERS AVEC DES PROPOSITIONS

14h45–16h : DÉBATS EN SÉANCE PLÉNIÈRE

16h–16h30 : CONCLUSIONS présentées par des représentant-es des trois composantes

Cette rencontre est ouverte à tou-tes, venez donc nombreuses et nombreux vous exprimer et participer à ce grand mouvement unitaire.

Retrouvez le texte de l’Appel et les signataires du 12 avril.

ORGANISATIONS EN SOUTIEN

Formations politiques :

  • Parti communiste français
  • Parti de Gauche
  • Ensemble
  • Gauche Unitaire
  • PCOF
  • République et Socialisme
  • NPA
  • Alternative Libertaire
  • Mouvement jeunes communistes

Associations :

  • Acrimed
  • Amicale Carmagnole-Liberté des anciens FTP-MOI
  • Association pour l’emploi et la formation des chômeurs et des précaires (APEIS)
  • Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (Attac)
  • Association Nationale des Élus Communistes et Républicains (Anecr)
  • Collectif des Associations Citoyennes
  • Collectif Maternité Lilas
  • Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception (CADAC)
  • Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM-France)
  • Collectif national pour les droits des femmes (CNDF)
  • Collectif 37 notre santé en danger
  • Convergence nationale de défense et développement des services publics
  • Coordination des hôpitaux et maternité de proximité
  • Droit au Logement (DAL)
  • Faire front à gauche, Amis de l’Usine (FFG – ADU)
  • Fédération des associations de travailleurs et de jeunes
  • Femmes Égalité
  • Fondation Copernic
  • Initiative pour un autre monde (IPAM)
  • Mrap 93 (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples)
  • Réseau éducation sans Frontière (RESF)
  • Résistance sociale
  • Sortir du colonialisme
  • L’Union des Familles Laïques (UFAL)
  • Union Nationale des Retraités et des Personnes âgées (UNRPA)

Syndicats :

  • CGT Caisse des dépôts et consignations
  • Ecole Emancipée FSU
  • Fédération CGT de l’Agroalimentaire
  • Fédération CGT Equipement Environnement
  • Fédération CGT des Industries Chimiques
  • Fédération CGT des Organismes sociaux
  • Fédération CGT Services publics
  • Fédération CGT des Ports et Docks
  • Fédération des Finances CGT
  • Fédération CGT des travailleurs des industries du livre, du papier et de la communication (FILPAC)
  • Sections Départementales FSU 75, 77, 78, 93, 94
  • Sections académiques du SNES FSU Paris, Versailles
  • Sud Énergie
  • Syndicat Français des Artistes Interprètes (SFA CGT)
  • Syndicat national des journalistes (SNJ CGT)
  • Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP FSU)
  • Syndicat national FSU territoriaux SNUCLIAS
  • Syndicat ASSO-Solidaires (Action des Salariés du Secteur Associatif)
  • Syndicat national de la Météorologie – CGT
  • Syndicat national FSU de la caisse des dépôts SNUP-CDC FSU
  • Syndicat national FSU territoires agriculture et de la mer SNUITAM
  • Syndicat national FSU personnels de l’éducation et du social SNPES PJJ
  • Unef – AGE de Clermont
  • Unions départementales CGT 31, 37, 51,56, 66, 75, 77, 78, 82, 91, 92, 93, 94, 95
  • Union générale des Fédérations Fonctionnaires CGT
  • Union régionale d’Île-de-France CGT
  • Union syndicale Solidaires
  • Union Locale CGT du Havre
  • Union nationale des syndicats de l’Éducation nationale (UNSEN CGT)
  • Union syndicale de l’Intérim USI CGT

Georges Séguy et Bernard Thibault appellent au 12 avril

Alors que le débat se poursuit dans le syndicalisme sur l’appel au 12 avril, deux anciens secrétaires généraux de la CGT ont signé l’appel. Il parait opportun dans ce cadre de remettre à la mémoire des extraits du livre témoignage de Georges Séguy (Résister), paru en 2008 après la victoire de Sarkozy. Georges Séguy critique la division des forces de la gauche anti-libérale de 2007, qui conduit à l’échec de 2007. Il revient à cette occasion sur la question des rapports partis/syndicats, sur son vécu et son observation des rapports PCF et CGT,  et il plaide pour une nouvelle forme de « rassemblement populaire« . Nous publions dans la foulée l’appel de l’Union régionale CGT Ile de France au 12 avril.

  •  Extraits du livre de Georges Séguy : Résister (éditions l’Archipel-Paris-2008).

« Par mon expérience syndicale, j’ai beaucoup appris en matière politique, économique et culturelle. J’ai certes contribué à assoir l’autorité du PCF, en participant à l’analyse, à l’élaboration et la direction des initiatives du parti. Par ailleurs, je n’ai jamais été témoin d’une quelconque intervention visant à proposer ou contester telle ou telle candidature aux instances dirigeantes de la confédération ou des fédérations nationales. En revanche, je reconnais que le courant communiste, devenu majoritaire dans les unions départementales après la Libération, s’est longtemps évertué à détenir la fonction de secrétaire général.
Plus largement, nous pouvons rétrospectivement condamner cette propension du politique à influencer le syndicalisme dans un sens ou dans l’autre. […]
Tout cela n’empêche en rien la diversité des orientations syndicales, qui se sont organisées en fonction de l’histoire économique et sociale de chaque pays. De nos jours se pose plutôt la question de savoir comment concevoir les rapports entre partis et syndicats. Les premiers ne s’interdisent pas d’avoir leur opinion sur le rôle des seconds et, de façon réciproque, ces derniers ont leur propre jugement sur les programmes politiques. De ce point de vue, la décision de ne pas élire un dirigeant de la CGT à la direction du PCF a eu le mérite de conforter la responsabilité des uns et des autres, de promouvoir leur liberté de pensée et d’expression, d’entretenir des rapports loyaux.[…]
Peut-on dire qu’à cet égard une page est tournée ? Je le crois, ou plutôt je l’espère.
La division de ces formations [NDLR : syndicats et partis] ne pouvait que conduire à l’échec et au déclin de la gauche. Du coup la perspective d’une alternative démocratique et de progrès social s’est éloignée. Le mouvement social pâtit inévitablement de la défaite du peuple de gauche lors de la dernière élection présidentielle de 2007. En faisant échouer le projet de candidature commune de l’entente anti-libérale, les rivalités n’ont pas seulement fait exploser les perspectives d’un rassemblement qui portait en son sein l’espoir d’une nouvelle gauche et d’une dynamique unitaire. Elles ont de surcroît apporté de l’eau au moulin de ceux qui estiment que, désormais, l’élection présidentielle est le scrutin primordial de la Vème République.[…]
Il n’appartient certes pas aux syndicats d’outrepasser leurs prérogatives en prodiguant des conseils aux partis et en se prononçant pour tel ou tel candidat. Mais une chose est sûre : le rassemblement populaire, déterminant pour créer un rapport de force favorable à la gauche, ne pourra se faire qu’autour d’un projet de société qui puisse bénéficier du soutien du mouvement syndical. »

 

  •  Appel de l’Union régionale CGT Ile de France : cliquez ici pour le document original : tract_12_avril URIF-1

En Île-de-France, les choix patronaux de financiarisation de l’économie au détriment du travail ont des conséquences directes sur les millions de salariés franciliens. Sur les douze derniers mois, l’emploi dans notre région, est de nouveau reparti à la baisse. Des centaines de milliers d’emplois industriels disparaissent et dans le même temps l’embauche des salariés est de plus en plus précaire : 73% des embauches dans les entreprises franciliennes sont des CDD de moins d’un mois. Ce sont ces choix politique qui alimentent la crise !

Nous subissons un pilonnage médiatique sur le « coût du travail » mais le « coût du capital » pèse lourdement sur l’économie. Le crédit impôt recherche de Sarkozy est toujours versé aux entreprises : c’est 10 milliards par an, il s’additionne aux 20 milliards du Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi. Maintenant, cerise sur le gâteau, c’est le Pacte de responsabilité, qui offre un cadeau supplémentaire au patronat de 33 milliards de cotisations sociales… Les 22 mois de pouvoir Hollande ont poursuivi les mêmes choix politiques et les mêmes logiques tournant le dos au progrès social. C’est la poursuite de la casse industrielle, le démantèlement du droit du travail, ce sont des services publics étranglés financièrement…Et pour les salariés des grilles salariales à la traine, des minima salariaux en dessous du SMIC dans une majorité de branches, une égalité salariale femme/homme qui reste un slogan… et le 1er avril les retraités n’ont pas eu de revalorisation de leurs pensions.

Dans ce climat, comme le démontrent les résultats des municipales, la droite la plus réactionnaire et l’extrême droite raciste et xénophobe se nourrissent de la désespérance sociale.
C’est pour toutes ces raisons que l’URIF CGT se positionne à l’offensive et a appelé les salariés à se mobiliser le 6 février et le 18 mars, c’est pour toutes ces raisons que l’URIF CGT sera présente à Bruxelles à l’appel de la CES contre les plans d’austérité imposés aux peuples européens. C’est dans une volonté de rassembler les salariés, retraités, jeunes et privés d’emploi pour construire et développer le rapport de force indispensable pour en finir avec l’austérité et exiger un autre partage des richesses et à modifier les logiques capitalistes qui nous ont plongés dans cette crise !

C’est pour toutes ces raisons qu’il y a urgence à construire les convergences entre le syndicalisme et toutes les forces progressistes et à s’engager ensemble dans l’appel à manifester le 12 avril…
Dans le contexte actuel qui voit l’extrême droite et la droite réactionnaire progresser, il y a besoin d’un fort mouvement convergent. Syndicalisme et politique ont chacun leur rôle dans la société, et personne ne songe à entamer l’indépendance de l’un ou de l’autre. Mais ils agissent sur le même « champ de bataille » social ! La situation est préoccupante et demande une réponse adéquate : Tous ensemble manifestons le 12 Avril 2014 – 14h00 République – Nation

Tous ensemble contre l’austérité !
PARIS•12 AVRIL•14H•RÉPUBLIQUE-NATION

Syndicalisme et politique : l’interpellation du 12 avril 2014

L’annonce de la marche du 12 avril 2014 (« ça suffit, marchons contre l’austérité » : Signature en ligne : www.marche12avril.org) à l’appel de 200 personnalités, de syndicalistes, de militant(e)s associatifs, de responsables politiques, provoque un débat nourri dans le syndicalisme, notamment dans la CGT, la FSU, et Solidaires. Le choc brutal des municipales à gauche, après les coups de semonce  des manifestations de la droite extrême depuis plusieurs mois, créé un réveil et un réflexe : « il faut faire quelque chose ».  Un grand nombre de structures et de responsables CGT s’engagent, signent l’appel, mobilisent leurs unions départementales ou leurs fédérations. Ce qui ne va pas sans de vives interrogations dans la CGT. Des débats similaires existent aussi dans la FSU, très partagée,  et dans l’Union syndicale Solidaires, qui a consulté ses structures locales et fédérales. Les questions posées au syndicalisme sont les suivantes : faut-il apparaitre comme rejoindre ou refuser une initiative qui apparait clairement comme ayant été lancée par des responsables politiques? faut-il que le syndicalisme, tout en gardant son indépendance, assume la portée politique de son combat devant une crise grave des valeurs ? comment le concrétiser ? faut-il manifester un jour sans lendemain assuré, au risque de paraître instrumentalisé, surtout dans une période située entre deux élections politiques cruciales ? faut-il (et comment) préparer alors d’autres échéances associant plus durablement mouvement social et forces politiques?

Nous publions ci-dessous une tribune de responsables CGT appelant à la manifestation du 12 avril (souvent avec l’aval de leurs structures fédérales ou départementales), parue dans l’Humanité du 4 avril 2014. Nous reproduisons aussi le lien vers la lettre que Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, a envoyé à la direction du PCF lorsque l’initiative du 12 avril a fait l’objet d’un première réunion unitaire. Nous reproduisons aussi un article paru dans le Monde.fr sur les débats suscités dans la CGT par cette initiative.

 

 

 

TRIBUNE IDÉES
Contre l’austérité, pour l’égalité et le partage des richesses
Depuis plusieurs années, le contexte est dominé par la violente crise du système capitaliste. Elle trouve son origine dans l’accélération de la financiarisation de l’économie et la nécessité pour le capital de continuer de faire croître sa rémunération, au détriment du travail. Elle engendre mise en concurrence des salarié-e-s, explosion du chômage et de la précarité, restructurations, délocalisa- tions, casse du droit du travail, des services publics, de l’industrie, de la protection sociale, aggravation des conditions de travail
Alors que la situation nécessiterait en France comme en Europe un pro- jet ambitieux mettant en œuvre des politiques de rupture, nous vivons depuis mai 2012 une régression d’ampleur historique : une majorité se réclamant de la gauche prend le pouvoir et tourne immédiatement le dos à l’ambition du progrès social.
Non seulement l’alternance ne s’est pas traduite par des avancées sociales mais le président de la République et le gouvernement s’inscrivent dans la continuité des politiques d’austérité initiées par la droite, au profit du patronat et des possédants. Cela engendre colère, désillusion et défiance à l’égard du politique. Comme le démontrent les municipales, ce climat délétère conduit en particulier à une montée de la droite la plus réactionnaire, de l’extrême droite raciste et xénophobe. Ces forces se nourrissent de la désespérance sociale et des renoncements de la majorité gouvernementale. Elles comptent bien remettre en cause toute les conquêtes sociales des salariés et menacer la démocra- tie. Face à cette situation, les forces de progrès doivent passer à l’offensive. Dans ce cadre, les responsabilités du mouvement syndical sont particulièrement importantes.
Le syndicalisme doit alimenter le débat au sein du monde du travail sur l’urgence et la possibilité d’opérer d’autres choix en matière économique, sociale et environnementale. La manne des plus de 230 milliards d’euros de fonds publics dont bénéficient les entreprises constitue de ce point de vue un gisement considérable de moyens mobilisables pour une autre politique. Il doit rassembler les salariés, retraités, jeunes et privés d’emploi pour construire les luttes et développer le rapport de forces indispensable pour en finir avec l’austérité. Cette construction doit s’opérer en premier lieu dans l’entreprise, au cœur de la confrontation de classe et de l’affrontement des intérêts antagonistes du patronat et des travailleurs. Elle doit s’ancrer autour du travail et des enjeux dont il est porteur en termes de création et de partage des richesses, de conditions de vie des salariés, d’émancipation. Il y a urgence à rompre avec les logiques capitalistes qui nous ont conduits à la crise actuelle !
Militantes et militants de la CGT, nous sommes déterminé-e-s à œuvrer en ce sens. C’est au nom des urgences sociales et économiques que dans plusieurs pays d’Europe, des forces de progrès s’unissent pour frayer une voie rassemblée face aux situations extrêmes vécues par les peuples. Cela nous conforte dans la recherche en France de ces voies de rassemblement. Ce n’est certes pas le chemin le plus facile mais renoncer serait laisser grande ouverte la voie aux stratégies d’accompagnement, au bénéfice du capital et de l’extrême droite, qui progresse partout sur le continent. Nous estimons également indispensable de poursuivre la construction d’un syndicalisme de lutte et de transformation sociale progressiste, y compris en créant les conditions d’un rassemblement des organisations qui agissent dans ce sens. Nous pensons que la stratégie unitaire du syndicalisme doit être fondée sur la volonté de retrouver la voie des conquêtes sociales, sur la défense farouche du fruit des luttes et donc sur le refus de négocier les conditions des reculs sociaux. La bataille contre le pacte de responsabilité est de ce fait une priorité de la période et, en ce sens, nous réitérons notre attachement à la Sécurité sociale basée sur le salaire socialisé et la solidarité intergénérationnelle.
Nous revendiquons l’indépendance du syndicalisme. Dans le respect du rôle et des prérogatives de chacun, nous jugeons incontournable de contribuer à la construction de réponses politiques à la hauteur des enjeux. La situation historique dans laquelle nous sommes appelle la mise en mouvement convergente de tous ceux qui veulent agir pour trouver une issue à la crise. Dans cette perspective, il y a urgence à développer le dialogue et les convergences entre le syndicalisme et les forces de gauche portant l’ambition de transformer la société. Un tel dialogue et de telles convergences, arrimés au développement des luttes sociales et politiques, ont été la condition des grandes phases d’avancées sociales de notre histoire récente (conquêtes du Front populaire ; mise en œuvre du programme du Conseil national de la Résistance à la Libération ; avancées sociales du début des années 1980).
C’est à partir de cette vision des enjeux de la période que nous nous engageons dans l’appel à manifester le 12 avril sous le mot d’ordre « Maintenant ça suffit ! Marchons contre l’austérité, pour l’égalité et le partage des richesses ». Cet appel rassemblant personnalités et forces du mouvement social, associatif, politique et syndical est à nos yeux une étape importante pour rouvrir le champ des possibles et faire grandir l’ambition collective de la transformation sociale.
 Les signataires : Jean-Marc Canon ; Mireille Chessa ; Christophe Couderc ; Christophe Delecourt ; Lina Desanti ; Pascal Joly ; Denis Lalys ; Valérie Lesage ; Camille Montuelle ; Daniel Sanchez ; Baptiste Talbot ; Céline Verzeletti ; Gisèle Vidallet.

 

 

  • Le Monde (03 avril 2014):  Confusion à la CGT autour de la marche contre l’austérité du 12 avril
  • « La CGT ne participera pas à la « marche contre l’austérité » organisée par plusieurs formations de la gauche de la gauche – Front de gauche, Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Ensemble, Alternative libertaire, etc. – le 12 avril à Paris. Dans une réaction aux élections municipales, diffusée mercredi 2 avril, où elle affirme que « les réponses apportées par le président de la République sont en total décalage avec les enjeux qui sont devant nous », elle appelle les salariés à « agir et manifester pour le progrès social le 4 avril et le 1er mai« .  Le 4 avril, Thierry Lepaon, son secrétaire général, participera à Bruxelles à une « euro-manifestation » organisée par la Confédération européenne des syndicats (CES), à laquelle sont attendues 50 000 personnes. Le « patron » de la CGT défilera aux côtés de son homologue de la CFDT, Laurent Berger, et des représentants des organisations françaises membres de la CES – FO, CFTC, UNSA – ainsi que de la FSU. Les syndicats reconnaissent qu’il a été difficile de mobiliser pour cette initiative. « Il s’agit d’une mobilisation essentiellement militante« , dit-on à la CGT. Bien résolue à ne pas mélanger les genres depuis qu’en 2001, Bernard Thibault, alors secrétaire général de la CGT, avait rompu les derniers liens privilégiés avec le Parti communiste, la centrale cégétiste est fidèle à sa ligne. Elle avait déjà refusé, en 2013, de s’associer à la marche de Jean-Luc Mélenchon pour « une révolution fiscale ». Mais il y a un gros cactus. Dans l’appel de 200 personnalités, publié par L’Humanité du 2 avril, en faveur de cette « marche contre l’austérité » figurent – aux côtés de nombreux syndicalistes de Solidaires et de la FSU et de deux militants de FO – 36 responsables cégétistes. Et non des moindres. On y retrouve deux anciens secrétaires généraux de la CGT, Georges Séguy et Bernard Thibault, des militants d’entreprises « en lutte » (Mory-Ducros, Fralib, Conti, Prestalis). Parmi les signataires – il va sans dire, à titre personnel – apparaissent surtout plusieurs secrétaires généraux de fédérations CGT – Equipement-environnement, Union générale des fédérations de fonctionnaires, industries chimiques, Fédération des travailleurs des industries du livre, du papier et de la communication, services publics – de quelques unions départementales (Ariège, Pas-de-Calais, Seine-Saint-Denis, Haute-Garonne) ou encore de l’union régionale d’Ile-de-France. Des responsables de fédérations, comme les finances, l’agroalimentaire, les spectacles, qui sont souvent dans l’opposition à la direction confédérale, s’inscrivent dans cette démarche sur fond de sourde contestation de Thierry Lepaon. Le 6 mars, l’union départementale CGT de Paris s’est alarmée après des propos du « patron » de la CGT au Nouvel économiste où il assurait qu' »il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés. Ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté ». Dans un texte, adopté à l’unanimité, l’UD de Paris estime que « ces déclarations remettent en cause les fondements mêmes de la CGT« . Elle interpelle Thierry Lepaon sur « sa conception du mandat de secrétaire général confédéral« . « Ce type de démarche peut-il perdurer ? », interroge-t-elle, en réaffirmant que « le salariat n’a aucun intérêt commun avec le capital » et en soulignant que « le pacte de responsabilité n’est ni amendable ni négociable, il doit être retiré ».  Mardi 1er avril, lors de la réunion de la commission exécutive de la CGT, Thierry Lepaon, dans une intervention que Le Monde s’est procurée, est revenu sur le sujet. Il a d’abord estimé qu’il fallait prendre « un peu de temps et de recul » pour tirer les enseignements des élections municipales et de la nomination de Manuel Valls à Matignon. « Ne brûlons pas l’étape de l’analyse », a-t-il lancé, en mettant en avant « quatre mots clé« : l’abstention « populaire« ; la « sanction d’ampleur » contre François Hollande et la « droitisation« ; et, « quatrième phénomène »: « Il y avait un espace à gauche de la gauche pour essayer de faire mesurer qu’il était possible dans notre pays d’avoir une gauche différente que celle qui exerce le pouvoir. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle n’a pas recueilli des suffrages à la hauteur des espérances que l’on pouvait peut-être attendre ici ou là ». S’inquiétant de la « montée des positionnements individuels, au détriment d’un positionnement collectif« , Thierry Lepaon a souligné que « les organisations ont besoin d’autonomie, de réflexion, d’action, de positionnement mais on a besoin aussi de responsabilité et de cohérence« . Et le « patron » de la CGT a enchaîné à propos de la manifestation du 12 avril : « Je me mets à la place des gens qui vont regarder la télévision le soir du 12 avril, qui vont voir des banderoles et des drapeaux CGT dans le cortège et qui auront entendu Thierry Lepaon sur RTL ou vu sur France 2 [où il doit s’exprimer le 10 avril] dire : ‘la CGT n’appelle pas à la manifestation’. Je pense qu’on ajoute à la confusion et que des camarades se réfugient derrière le syndicat, la CGT, pour ne pas s’engager politiquement. » »C’est plus facile sans doute, a poursuivi Thierry Lepaon, dans des périodes d’y aller avec un autocollant CGT qu’un autre. Mais la CGT, ce n’est pas le rempart pour se masquer, il faut assumer ses engagements. Il faut que chacun et chacune, en tant que citoyen, puisse dire ce qu’il pense, afficher tout ce qu’il a envie d’afficher, mais surtout, faisons attention à notre organisation qui peut se sentir ou être fragilisée. Notre rapport au politique, dans cette période, est un peu trouble dans la tête de certains camarades« . Il y a en effet fort à craindre que ce trouble fragilise encore la CGT pendant quelque temps.

 

Interview d’un responsable CGT et de Droit au logement pour le 12 avril

Parue dans Anticapitaliste (hebdomadaire du NPA) du 27 mars, interview de Christophe Delecourt, du bureau de l’UGFF-CGT et de Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement (DAL). Ces explications donnent à réfléchir sur les débats qui traversent maintenant les organisations du mouvement social quant à la pratique unitaire et le rapport aux partis politiques.

 

 

« Le 12 avril en marche »

 

La marche du 12 avril est soutenue par des partis, des syndicats, des associations et des « personnalités ». Un tel rassemblement n’est pas si fréquent. Comment l’expliquer ?
Christophe Delecourt : Depuis plusieurs années, une crise systémique, aux multiples dimensions, sociale, économique, financière, environnementale mais aussi politique et idéologique se généralise, s’amplifie. Elle montre l’impasse dans laquelle le capitalisme mondialisé et financiarisé conduit l’humanité où, sous l’aiguillon d’un patronat, d’actionnaires, de marchés financiers, les pouvoirs publics mettent en œuvre des politiques qui ne cessent de nourrir la crise.
Après avoir ratifié le pacte budgétaire européen et accordé 20 milliards d’euros aux entreprises au titre du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, le pouvoir annonce la fin du financement de la politique familiale par les entreprises en mettant fin aux cotisations patronales, soit un nouveau cadeau de 30 milliards d’euros. De même, après avoir engagé 15 milliards d’euros d’économies budgétaires au titre de la loi de finances 2014, ce sont plus de 50 milliards d’euros de baisse de la dépense publique qui sont annoncés pour les années 2015-2017. Une véritable purge budgétaire qui frapperait toute l’action publique mise de l’État, des collectivités territoriales et la Sécurité sociale.
La place du travail est plus que jamais au cœur de l’affrontement de classe quand les forces du capital tentent de s’accaparer une part toujours plus grande des richesses produites par le travail au détriment de sa rémunération et du financement d’une action publique indispensable à la satisfaction des besoins et des droits fondamentaux et à la mise en œuvre d’une logique de développement devant organiser une véritable transition écologique.
Nous sommes confrontés à un double défi : construire dans la durée les rapports de forces nécessaires pour imposer d’autres choix et des revendications et propositions alternatives aux politiques actuelles. A défaut, nous nous enfoncerons dans une crise mortifère qui ne cessera d’être instrumentalisée par la droite et l’extrême droite. C’est dans le sens de la marche, qui ne saurait rester sans lendemain, contre les politiques d’austérité et le Pacte de responsabilité, pour l’égalité et le partage des richesses.
Jean Baptiste Eyraud : Une grande déception et un sentiment d’abandon voire de trahison se sont répandus dans les classes populaires et celles fragilisées par la montée des inégalités et des multiples attaques contre la protection et les acquis sociaux.
Les forces progressistes attendaient des mesures de redistribution, un renforcement de la protection sociale, la relance de l’emploi, le respect des droits de l’homme notamment en faveur des migrants, des sans abris, et le détricotage des réformes rétrogrades conduites par les gouvernements Raffarin et Fillon. Nous avons eu les renoncements, la répression des luttes de salariés, des zadistes, des mal logés ou des sans papiers, les expulsions de bidonvilles, et les choix de François Hollande en faveur des banques, du grand patronat et des spéculateurs, ceux qui produisent le chômage de masse, le logement cher, la désespérance sociale, et le vote FN. Nous avons eu les manifs de droite, les manifs de riches, et maintenant nous avons les manifs de fachos avec une légitimation médiatique et politique du FN qui est de retour dans les conseils municipaux
En ce qui concerne le logement, le gouvernement avait annoncé la réquisitions des logements vacants, on les attends toujours, une loi d’encadrement et donc de baisse des loyers, censurée par le Conseil Constitutionnel car mal rédigée. Nous aurons quelques avancées pour les mal logés et les locataires, mais nous aurons aussi la saisie directe des comptes bancaires par le Trésor public en cas d’impayé de loyer, en guise de « garantie universelle des loyers »… Nous attendions la réalisation annuelle de 150 000 logements sociaux et de 500 000 réhabilitations thermiques. En fait, les 30 milliards de l’épargne populaire pour les financer a été distribuée aux banques privées cet été en catimini, pour leur permettre de continuer à spéculer sur les marchés financier mondiaux.
Ce découragement a été aggravé par un cloisonnement des mouvements sociaux habilement entretenu par le gouvernement, par un silence médiatique sur les luttes en cours, et par un certain discrédit des organisations du mouvement social dans les couches populaires. Rassembler, reprendre l’initiative dans l’espace public, encourager la mobilisation et rétablir la confiance à l’égard du mouvement social sont donc nécessaires.

La rédaction de l’appel a suscité des débats. Quel est l’enjeu essentiel ?
Jean Baptiste Ayraud : C’est pour les raisons que je viens d’exposer que j’ai adhéré à cette proposition de lancer une marche à partir d’un appel de personnalités de différents horizons.
Des débats vifs ont eu lieu autour de l’indépendance du mouvement social, vis-à-vis du politique. Cette question étant réglée, puisque aussi bien dans l’appel que dans l’organisation de la marche, l’indépendance des associations et des syndicats sera respectée. Il reste maintenant à convaincre les militants de faire campagne pour faire pièce à la droite et l’extrême droite dans la rue, et pour organiser un mouvement unitaire et puissant.
Christophe Delecourt : Il est logique qu’un tel rassemblement suscite des débats dès lors qu’il s’agit de se mettre d’accord sur un texte d’appel dans le respect des champs de compétence et de l’indépendance des différentes parties prenantes, d’identifier ce contre quoi nous nous battons ensemble et les alternatives sur lesquelles nous souhaitons et sommes en mesure de nous mobiliser ensemble.
Ce qui me paraît essentiel c’est la démarche engagée entre associations, syndicats, partis politiques et « personnalités ». Chaque organisation peut créer les conditions d’une mobilisation massive, point de départ d’un cadre et d’un processus inscrit dans la durée tout en poursuivant un travail d’élargissement, de conviction d’autres organisations et « personnalités »» qui œuvrent à la construction d’une autre société de s’inscrire dans la démarche proposée. Ceci s’inscrit dans l’orientation votée lors du 50ème congrès confédéral de la CGT d’œuvrer au rassemblement du mouvement syndical, de consolider les articulations nécessaires avec le monde associatif et les mouvements sociaux et de s’inscrire dans les processus de débat et d’action avec les acteurs politiques partageant nos valeurs.

Une idée traverse l’appel et les discussions : s’inscrire dans la durée. Quelles pistes concrètes ?
Christophe Delecourt : Je crois qu’il est indispensable que toutes les associations, les organisations syndicales, les partis politiques et « personnalités » qui auront organisé cette marche se revoient très vite pour élaborer des revendications et des propositions concrètes s’inscrivant dans la construction d’une dynamique pour une alternative sociale, démocratique, écologiste et féministe qui, de mon point de vue, portera aussi une dimension politique.
Il me semblerait important d’organiser sur l’ensemble du territoire des débats avec les salariés, les privés d’emploi, les retraités, les jeunes, les citoyens sur les contenus de ces alternatives, tout en continuant à construire des processus de mobilisation enracinés dans les entreprises, les administrations et la cité.
Jean Baptiste Eyraud : Ce mouvement peut s’inscrire dans la durée, mais à la condition que les calculs politiciens à court terme ne viennent pas freiner les mobilisations. Nous n’avons pas vocation à défiler pour sauver des postes électoraux ou diffuser des consignes de vote, sauf contre le FN bien sûr. C’est un des enseignements que nous devons tirer de la formidable mobilisation qui a eu lieu à Madrid samedi dernier.
Pour réussir, cette initiative doit avoir pour objectif de gagner, des victoires dans les luttes, d’associer toutes les forces pour faire reculer les réformes rétrogrades et conquérir de nouveaux droits.

Propos recueillis par Robert Pelletier

Appel (personnalités, syndicalistes, associatifs, politiques) pour le 12 avril 2014

 

Deux cent personnalités, responsables syndicaux, associatifs, politiques,
personnalités ont signé un appel à une grande marche nationale le 12 avril à Paris.
Signature en ligne : www.marche12avril.org

 

 

  • Vu sur le site de la Fédération CGT des services publics :

La Fédération CGT des Services publics a décidé de participer à la construction de la marche du 12 avril à Paris, à l’appel de personnalités du mouvement syndical, du monde politique, de la culture et du secteur associatif. La marche partira à 14h de la place de la Nation. La Fédération appelle ses organisations à relayer cet appel et à créer les conditions d’une forte présence CGT dans la manifestation.

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Appel 12 avril et premiers signataires
  • Le texte et les signataires

 

MAINTENANT ÇA SUFFIT !
Marchons contre l’austérité pour l’égalité,
et le partage des richesses.

Nous n’en pouvons plus de voir la droite et l’extrême-droite battre le pavé
avec leurs cortèges de haine de l’autre, d’intolérance, de racisme, de
sexisme, d’homophobie et d’intégrisme.

En France, comme dans toute l’Europe, la rigueur budgétaire et l’austérité
imposées par la Commission européenne, François Hollande et le gouvernement
pour satisfaire les marchés financiers nourrissent ce climat malsain. Les
conséquences sont là : services publics démantelés, acquis sociaux mis à
mal… Le chômage monte, la précarité s’étend, les jeunes galèrent, les
salaires et les retraites sont en berne. Les inégalités se creusent tandis
que les grandes entreprises versent aux actionnaires des dividendes
insolents. Partout ces politiques provoquent indignations, colères et
désespoirs. Elles nous révoltent.

Elles s’accompagnent du recul général des droits : à l’éducation, à
l’emploi, à un revenu décent, à la santé, à un logement stable et décent…
Les inégalités d’emploi et de rémunération attaquent plus durement les
droits des femmes et des migrants. La répression s’abat sur les sans
papiers, les Roms, les plus précaires, et ceux qui les défendent. Alors que
des choix politiques résolument à gauche devraient s’imposer face à la
crise, les renoncements du gouvernement devant les exigences du Medef et de
la droite en matière sociale, environnementale, familiale, et sur le droit
de vote des étrangers… scandalisent.

Avec l’assentiment enthousiaste du Medef, le président de la République
veut désormais faire du << pacte de responsabilité >> le coeur de sa
politique. Au patronat, il octroie 35 milliards d’allègement de
cotisations. Qui peut croire que ce nouveau cadeau permettra de lutter
contre le chômage ?
Devant un Medef qui refuse de s’engager sur des créations d’emplois, le
gouvernement Ayrault s’engage, lui, à réduire les dépenses publiques de 50
milliards d’euros. Dans la ligne de mire, la sécurité sociale et les
services publics. Mais ce sont aussi les collectivités territoriales
asphyxiées, les associations étouffées, la culture sacrifiée. Ce n’est
décidément pas cela que nous voulions, nous qui, par millions, avons
contribué à chasser Sarkozy.

Personnalités morales, acteurs du monde de la culture et des arts, du monde
du sport, responsables syndicaux, associatifs, politiques, nous sommes
divers par nos engagements. Ensemble, nous voulons construire une dynamique
pour une alternative sociale, démocratique, écologique, féministe fondée
sur la solidarité. Nous appelons le samedi 12 avril à Paris à une marche
nationale d’espoir à gauche, contre l’extrême droite, pour l’abandon du
<< pacte de responsabilité >>, pour une juste distribution des richesses.
Cette marche ne restera pas sans lendemain.

Personnalités :
Alévêque Christophe, humoriste
Pudal Romain, sociologue, CNRS.
Amable Bruno , economiste, universite Paris 1.
Amara Jean Claude, créateur Droits Devant
Andersson Nils, Sortir du colonialisme
André Tosel, philosophie
Aries Paul , rédacteur en chef mensuel les Z’indigné(e)s.
Beauvois Dehphine, Front de gauche féministe
Ben Ayed Choukri, chercheur
Bernier Aurélien, essayiste
Bidet Jacques, philosophe
Bloch Bernard, comédien metteur en scène
Bonnery Stéphane, chercheur sciences de l’éducation
Brom Jean-Marie, chercheur au Laboratoire mixte CNRS/Université
Louis Pasteur (Strasbourg)
Cassen Bernard, secrétaire général de Mémoire des Luttes
Caveng Remy , sociologue, universite de Picardie
Churin Samuel, comédien
Comolli Jean Louis, cinéaste
Cours-Salies Pierre, sociologue, Professeur émérite Paris 8
Demoule Jean Paul, professeur à Paris1, ex président de l’INRAP
Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien
Ethuin Nathalie , sociologue, universite Lille 2.
Fernandez Nilda, chanteur
Gadrey Jean, économiste
Gaillot Jacques, évêque
Généreux Jacques, économiste
George Suzanne, écrivain
Gérard Mordillat, écrivain cinéaste
Gori Roland, professeur émérite, Appel des appels
Guillaume Pigeard de Gurbert, professeur de philosophie
Harribey Jean Marie, économiste
Husson Michel, économiste
Jounin Nicolas , sociologue, universite Paris VIII.
Lacroix Bernard , politiste, Institut Universitaire de France.
Lagrave Rose-Marie , sociologue, EHESS.
Landini Léon, président de l’amicale Carmagnole-Liberté FTP-MOI
Laurens Sylvain , sociologue, EHESS.
Le Pors Anicet, ancien ministre de la Fonction publique
Lebaron Frederic , sociologue, universite Versailles-Saint Quentin.
Lerichomme Jacques, Conseiller régional PACA
Lhomme Stéphane, observatoire du nucléaire
Mangenot Marc , économiste
Marty Christiane, Féministe et Chercheuse
Masclet Olivier , sociologue, universite Paris Descartes.
Mathieu Grégoire maitre de conférence en sociologie
Mauger Gerard , sociologue, CNRS
Mordillat Gérard, cinéaste
Naessens Muriel, Féminisme Enjeux, théâtre de l’opprimé
Naszalyi Philippe, universitaire
Neyrat Frederic , sociologue, universite de Limoges.
Nicolas Frize, compositeur
Palheta Ugo , sociologue, universite Lille 3.
Pelletier Willy , sociologue, universite de Picardie.
Pena Ruiz Henri, philosophe
Pépin Josée, membre du collectif Tenon
Petit Jean Claude, compositeur chef d’orchestre
Pinçon Michel, sociologue
Pinçon-Charlot Monique, sociologue
Pinto Louis, sociologue, CNRS.
Poliak Claude, sociologue, CNRS.
Pudal Bernard, politiste, universite Paris Ouest
Ramaux Christophe, économiste
Ramonet Ignacio, journaliste
Rigaudiat Jacques, économiste
Ristat Jean, poète, directeur des Lettres Françaises
Séguy Georges, résistant déporté ex secrétaire général CGT
Sève Lucien, philosophe
Trillat Marcel, cinéaste
Trouvé Aurélie, militante altermondialiste
Willemez Laurent, sociologue, universite Versailles-Saint Quentin

Syndicalistes

Achaintre Thierry, secrétaire CGT Euriware
Amiel Frédéric, syndicat ASSO Solidaires
Angot Michel, FSU territoriaux
Baille Nicolas Secrétaire général fédération CGT equipement environnement
Bindel Jean Luc fédération CGT agro alimentaire
Bonnard Jérome, Sud BPCE Solidaires
Borras Stéphane, Solidaires 31
Bressan Eugénio, ex-secrétaire national SNES-FSU
Bubakhti Ahmed, Sud PSA Poissy Solidaires
Camara Mamadou, secrétaire Sud -TICE Solidaires
Canon Jean-Marc, secrétaire général de l’UGFF CGT
Chauveau Raymond, syndicaliste CGT
Chessa Mireille, syndicaliste CGT
Cohen Fabien, secrétaire syndicat de dentistes centres de santé
Couderc Christophe, secrétaire général de l’UD CGT 09
Damoiseau Philippe, Fédération Sud Collectivités territoriales Solidaires
Debons Claude, syndicaliste CGT
Degoussée Laurent, Sud Commerce Solidaires
Delecourt Christophe, syndicaliste CGT Finances
Devauchelle Jean, syndicat AP-HP Solidaires
Fayet Catherine, responsable Sud santé au CHSF
Galepides Nicolas, Sud PTT Solidaires
Garcia Patricia, Sud sociaux Solidaires
Ghazi Karl , responsable syndical CGT commerce
Glorian Grégory, secrétaire général de l’UD CGT 62
Gravouil Denis, syndicaliste CGT culture
Harl Françoise, Sud Education Solidaires
Jacquard Jean Pierre délégué, CGT central CGT Ducros Mory
Joly Pascal, secrétaire général de l’URIF CGT
Juraver Philippe, syndicaliste CGT – Front des luttes
Lafontan Jean, ex secrétaire général SNEP-FSU
Lambert Elie, Solidaires Douane
Larrivée Frédéric, syndicaliste CGT Finances publiques Marseille
Lavaud Marc, Solidaires 45
Le Reste Didier, syndicaliste CGT, Front des luttes
Leberquier Olivier, CGT Fralib
Lemaire Arlette, secrétaire nationale SNASUB-FSU
Lequeau Serge, Solidaires 22
Manciaux Catherine, co/secrétaire générale SNUPDEN-FSU
Mangin Jean, sidérurgiste FO à Florange
Mathieu Xavier, syndicaliste CGT ex Conti
May Eric, secrétaire syndicat de médecins
May Oriane, Présidente de l’AGE de l’UNEF
Michel Claude, syndicaliste CGT spectacle
Moreira Carlos, secrétaire général de la Fédération nationale CGT des
Industries chimiques
Orhesser Hélène, Solidaires 13
Ossant Hervé, secrétaire général de l’UD CGT 93
Painchan Reza, syndicaliste FO
Périllat Marie Cécile, responsable syndicale FSU
Peyrade Marc, secrétaire général de la FILPAC CGT
Pierre Le Ménahès, ex secrétaire général CGT SBFM
Piron Dominique, responsable départemental CGT 72
Ponvert Véronique, responsable syndicale FSU
Prince Mickael, CGT STEF Chaulnes
Puydebois Jean Louis, syndicaliste FSU 19
Sanchez Daniel, syndicaliste CGT
Schmitt Jerome, secrétaire de la fédération des syndicats Sud Energie
Sergent Nicole, syndicaliste FSU
Sueur Eric, Secrétaire général FSU Ile de France
Taillandier Christian, secrétaire national SNUITAM-FSU
Talbot Baptiste, secrétaire général de la Fédération CGT des Services
publics
Trésallet Guy, syndicaliste FSU – Front des luttes
Van Rensberger Michel, responsable CGT Presstalis
Vaulot Corinne, secrétaire générale CGT Educ 31
Verzeletti Céline, syndicaliste UGFF CGT
Vidallet Gisèle, secrétaire générale de l’UD CGT 31
Vire Emmanuel, SNJ CGT Jean Luc Bindel syndicaliste agro alimentaire CGT
Wallet Nicolas, Secrétaire général FSU 75
Witt syndicaliste étudiante
Ziegelmeyer Laurent, responsable CGT Sanofi Paris

Associations / Autres organisations

Antony Michel, ancien président des hôpitaux et maternité de proximité
Azaria Ana, présidente de Femmes Egalité
Bache Marinette, Résistance Sociale
Bonnet-Ouladj Emmanuelle, dirigeante d’une fédération sportive
Brival Marie Laure, Collectif maternité des Lilas
Chailley Jean Claude, Résistance Sociale
Chocteau Guillaume, responsable associatif
Dareau Luc, militant économie solidaire
Deluze Evelyne, secrétaire de la coordination des hôpitaux et maternité de
proximité
Derrien Hélène, vice-présidente de la coordination des hôpitaux et
maternité de proximité
Dulong Ourdia, Faire Front à gauche, amis de l’usine
Eyraud Jean Baptiste, DAL
Favier Jean Pierre , président d’un club omnisports
Forte Eric, dirigeant économie sociale et solidaire
Franchet Pascal, vice président du CADTM-France
Garcia Francisco , président d’Ensemble et solidaires UNRPA
Guibert Geneviève, Collectif 37 notre santé en danger
Habel Janette, coprésidente de la Fondation Copernic
Hallinger Patrick, secrétaire de la Convergence nationale de défense et
développement des services publics
Hernando Michel , Faire Front à Gauche, amis de l’usine
Khalfa Pierre, coprésident de la Fondation Copernic
Le Mignot Renée , co-présidente du MRAP
Longerinas François, Dirigeant économie sociale
Martins-Viana Lydia , dirigeante nationale du sport français
Massiah Gus, membre fondateur de l’IPAM
Mayer Sylvie, dirigeante économie sociale
Milesy Jean Philippe, dirigeant économie sociale et solidaire
Minot Didier , collectif des associations citoyennes
Nay Françoise, présidente pour la coordination des hôpitaux et maternité de
proximité:
Potavin Jack, dirigeant économie sociale
Robin Philippe , président d’un club omnisports
Rollat Danielle , vice-présidente d’Ensemble et solidaires UNRPA
Rotjman Suzy, CNDF
Surduts Maya, CNDF CADAC
Trouve Gilbert, dirigeant d’une fédération sportive
Villechalane Philippe, Association de luttes contre le chômage et la
précarité
Vivien Didier , dirigeant sportif
Zedriri Malika, Association de luttes contre le chômage et la précarité

Politiques

Adenot Dominique, ANECR
Amard Gabriel, Président de la Gauche Par l’exemple
Assassi Eliane, PCF
Autain Clementine, Ensemble
Bakin Benjamin , Alternative Libertaire
Besancenot Olivier, NPA
Billard Martine, co présidente du PG
Buffet Marie George, PCF
Castex Françoise, députée européenne
Chassaigne André, PCF
Esquerre Laurent , Alternative Libertaire
Hoang Ngoc Liem député européen
Idir Noredine, MJCF
Jallamion Lucien, République et Socialisme
Laurent Pierre, PCF
Le Hyaric Patrick, député européen, directeur de l’Humanité
Malaisé Céline, conseillère régionale Ile de France
Martin Myriam, Ensemble
Martin Elisa, membre du BN du Parti de Gauche
Mélenchon Jean- Luc, depute européen, coprésident du PG
Pelissier Jean-François, Ensemble
Picquet Christian, GU
Pierrel Christian, porte-parole national du PCOF
Poupin Christine, NPA
Poutou Philippe, NPA
Simonnet Danielle, SN du PG, conseillère de Paris
Soboul Edith, Alternative Libertaire
Toubhans Marie-Pierre, Ensemble
Touly Jean-Luc, conseiller régional apparenté EELV
Vergiat Marie Christine, députée européenne

 

 

Marseille : interview d’une responsable CGT

Nous l’avons déjà noté : un débat émerge dans le syndicalisme, et notamment dans la CGT, pour construire de nouvelles formes d’unité des luttes, associant intersyndicale, associations, forces politiques. Nous reproduisons ici (après parution sur le site : ensemble.fdg.fr) une interview de Hélène Honde, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches du Rhône, sur les initiatives de Marseille, qui ont déjà donné lieu à manifestation (Marseille 18 janvier, 6 février), meeting public (Gardanne le 18 février), et qui se pérennisent.

Interview Héléne Honde (UD CGT Marseille)

 

Pourquoi cette initiative ?
C’est la situation plus que préoccupante et notamment celle de notre département qui l’explique ; tous les habitants des Bouches-du-Rhône, qu’ils soient salariés du public ou du privé, privés d’emploi, jeunes ou retraités y sont confrontés.
En effet, l’ensemble du tissu industriel, comme la qualité et/ou le devenir de nos services publics sont menacés par le grand patronat et le gouvernement et ceci afin de répondre au coût du capital.
Oui, car ce qui est en jeu, c’est bien le cout du capital. Je m’explique : le MEDEF, pour satisfaire encore et toujours les actionnaires, qui soit dit en passant, voient tous les ans leurs dividendes augmenter -contrairement aux salaires – externalisent leurs activités au détriment des conditions et du droit de travail, délocalisent et ferment des entreprises aux dépens de l’emploi. Dans notre département, nous notons une volonté affichée de démantèlement de toutes nos industries (portuaires, maritimes, navales, agroalimentaires, pétrochimiques….) qui en constituent le poumon économique. Ce phénomène s’accompagne d’une démolition de nos services publics.
Nous avons coutume de dire « pas d’industrie sans service public » mais l’inverse est vrai aussi, pas de services publics sans industrie.
Le gouvernement par ses politiques d’austérité, répond favorablement au monde de la finance : Il est donc complice du remodelage en profondeur de notre pays, de notre département, au détriment du monde du travail, des réponses aux besoins des populations : nous en avons pour preuve la casse de la protection sociale (loi sur les retraites, les négociations sur l’assurance chômage, le transfert des cotisations patronales, de la branche famille), le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), l’ANI loi dite de « sécurisation de l’emploi », le projet gouvernemental de métropole , le « pacte de responsabilité » qui sont autant d’outils pour mettre en œuvre ce remodelage.
Quel bilan des journées de mobilisation?
Il montre une volonté manifeste de s’organiser et de renforcer le mouvement de luttes anti-austéritaires. Réunir plus de 14 organisations (syndicales, politiques et associatives) nous semblait important pour élever le rapport de force nécessaire afin d’inverser ces choix politiques, pour obtenir une autre répartition des richesses répondant aux besoins de tous. Comme la CGT, d’autres composantes du mouvement social partagent l’opinion que les choses doivent changer (c’est d’ailleurs ce que nous avions écrit dans l’invitation à la première rencontre). C’est exactement cela que chacune des organisations a porté lors de la manifestation du 18 janvier derrière la banderole « licenciement, bas salaires, précarité, austérité, les Bouches-du-Rhône en ont assez. » 7000 manifestants, sous une pluie battante, pour une première mobilisation dans ces formes, c’était une initiative réussie car au-delà de nos différences c’est bien le rassemblement qui a émergé et qui doit s’amplifier.
Ce processus s’est d’ailleurs déjà élargi notamment lors de la manifestation du 6 février ainsi que lors du meeting du 18 février à Gardanne où 3 nouvelles organisations nous ont rejoints.
Quels sont les objectifs pour le futur ?
L’ensemble des organisations ont appelé, par une motion votée au meeting, à manifester le 18 mars. Sa construction vise le même objectif: tous ensembles déterminés et unis pour l’emploi, le maintien et le développement de nos activités, de nos industries et du service public, pour la relance par les salaires, pour une protection sociale de haut niveau !
Il s’agit donc de mettre en exergue les convergences du monde de travail, certes, mais au-delà, celles de toutes les populations; c’est une des responsabilités de chacune des organisations afin de créer les conditions de l’élargissement de la mobilisation et de l’amplification du rapport de force
Propos recueillis par Nathalie Bianchi.

Toulouse : nouvelle pratique unitaire (suite)

Nous avions évoqué une nouvelle pratique d’unité à Toulouse, impliquant syndicats, associations, forces politiques de gauche. Avec actions de rue et débats publics (un meeting a déjà eu lieu). 

Une manifestation a donc eu lieu samedi 1er mars et nous reproduisons l’article de La Dépêche, transmis par un correspondant.

Quelques miliiers de personnes ont défilé hier en ville à l’appel de trois syndicats (CGT, Solidaires, FSU) rejoints par certains partis de gauche pour «un autre partage des richesses». Prochain rendez-vous le 18 mars pour la défense de la protection sociale.

Les syndicats et la gauche sont de retour… dans la rue à Toulouse. 5 000 personnes selon les organisateurs, 1 200 selon la police, ont défilé hier matin de la place Arnaud-Bernard à la place Esquirol au centre-ville à l’appel de trois syndicats la CGT, Solidaires et la FSU, rejoints par les partis «à gauche de la gauche» rassemblés autour d’un thème d’actualité : «Ensemble, imposons un autre partage des richesses pour gagner le progrès social».Jean-Luc Mélenchon, comme annoncé hier, est venu apporter son soutienà la manifestation avant de la quitter en cours de route pour rejoindre Auch, nouvelle étape de son tour de France. Sur le trajet du cortège déterminé mais tranquille, animé en musique et danses par les jeunes d’Agitprop du Front de gauche, certains observateurs, fort marris de voir la rue occupée récemment par la droite ou l’extrême droite politique ou sociétale, ne cachent pas leur satisfaction : «Mais le terrain, on ne l’a jamais quitté», répond un militant du Front de gauche.

«Etat providence pour le patronat»

Gisèle Vidallet, secrétaire départementale de la CGT, en tête du cortège syndical, confirme néanmoins : «Nous montrons qu’il n’y a pas que les forces réactionnaires qui occupent la rue. Et nos manifs sont responsables contrairement à celles des fachos. La violence, elle est du côté des réacs et du patronat, pas des salariés qui défendent leur travail». De travail, justement, il en était question tout au long du cortège, avec les représentants syndicaux et ceux des salariés en première ligne sur le front social haut-garonnais, Mory Ducros, La Poste, EADS, Sanofi, Thalès, Logista… Une liste malheureusement non exhaustive, symbolisée par la banderole très stylisée des intermittents du spectacle. «Le Medef nous veut la peau» tranchait Lalou, comédien, et porte-parole. Gisèle Vidallet, quant à elle, seule oratrice de la manif, s’est fait le porte-voix de tous ceux «à qui on impose des salaires et des pensions de misère, une précarité sans précédent alors que les dividendes des grandes entreprises flambent. 1 000 milliards d’euros de dividendes versés dans le monde, 50 milliards en France !»

Pour la secrétaire départementale de la CGT, le Pacte de responsabilité entre l’Etat et les entreprises est une provocation : «L’Etat redistributeur et social s’est transformé en Etat providence pour le patronat. Aux salariés de relever la tête pour s’opposer à la feuille de route du Medef». Sur ce point, Annick Coupet, responsable nationale de Solidaires, a souligné l’importance des plateformes communes : «On y travaille» relève Gisèle Vidallet : «Le 18 mars, FO rejoindra notre mouvement contre la remise en cause de la protection sociale».

Daniel Hourquebie

PHOTO : Lod’c Graule