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Situation post 7, 9, 11 janvier et travail syndical : un exemple à la ville de Paris

Les journées de janvier 2015 ont bousculé les réflexions sur le lien entre droits sociaux et droits démocratiques, discriminations et vivre ensemble, ville et quartiers populaires, citoyenneté et signification concrète de la République.  Le syndicalisme est un des acteurs qui doit réfléchir à la nouvelle situation.  Ci-dessous un tract-document de réflexion et d’interpellation du syndicat CGT des cadres et techniciens qui travaillent dans ce qui est nommé « service politique de la ville », c’est-à-dire le ou les services en liens directs avec les populations.

Cliquez : tractpovilleparis ou : http://www.us-cgt.spp.org

 

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Suite aux attentats,
Premiers échos de la CGT
« Service Politique de la ville »
Pour plus de services publics et plus de droits
dans les quartiers populaires parisiens !

Après les attentats, les premières mesures :

Suite aux terribles attentats des 7, 8 et 9 janvier à Paris, la CGT a participé à l’ensemble des manifestations spontanées qui ont eu lieu en l’hommage des victimes. Malheureusement, on constate dans la foulée de cet élan de solidarité, que se développe ici ou là des regards souvent suspicieux envers les « quartiers populaires », « les jeunes »..
Travaillant en tant qu’agents de la ville dans les quartiers populaires, la CGT service politique de la ville souhaite alerter sur les risques d’amalgame et d’une stigmatisation déjà à l’oeuvre. La CGT se bat avant tout contre tous les racismes et pour la lutte contre toutes les discriminations.
Les premières mesures gouvernementales sont majoritairement axées sur la «sécurité et la réduction des libertés », ou sur des actions dites de «prévention précoce de la radicalisation» et de défense de la laïcité sans définir les termes.
Dans un flash interne à la Ville, la Mairie de Paris, annonce qu’elle va développer des actions de citoyenneté, de « vivre ensemble » … Pourquoi pas, mais malheureusement jamais la ville de Paris ne
l’acte par des budgets supplémentaires. Ce sera donc des budgets en substitution à d’autres par ailleurs nécessaires. Idem pour le nouveau volet du contrat de ville intitulé : « Valeurs de la république et citoyenneté » qui vient tout juste d’être décidé par la Ministre !

Actions citoyennes oui, mais couplées à une citoyenneté économique et sociale !

Dans le contexte actuel, en tant que professionnels, nous nous posont de nombreuses questions :
Comment clamer des valeurs de citoyenneté alors que de nombreux habitants sont régulièrement discriminés et n’ont pas accès aux droits élémentaires à l’emploi, à la santé, à un parcours éducatif égalitaire, au vote ? Comment ne pas devenir schizophrène quand d’un côté les travailleurs sociaux et associations ont de moins en moins de solutions à proposer dans l’accès aux droits aux habitant-es et notamment aux jeunes filles et garçons des quartiers populaires, et de l’autre on leur demande « d’exiger des publics » avec lesquels ils travaillent de respecter les « valeurs de la France » ? La réalité vécue est tout autre que la citoyenneté clamée tout à coup et à grands fracas !
La meilleure façon de faire vivre le «vivre ensemble», ne serait-ce pas comme le propose la CGT, une meilleure répartition des richesses, des droits effectifs, l’égalité et la solidarité, la lutte contre tous les racismes ?
Pour nous, les actions de citoyenneté réussiront d’autant mieux que des évolutions concrètes dans l’accès à la citoyenneté économique et sociale se réaliseront sans attendre.

Décryptage des propositions d’HIDALGO sur les quartiers populaires :

Dans ses voeux du 21 Janvier, Madame Anne Hidalgo a notamment exprimé :
1. Un appel au «volontariat des adultes». Elle entend ouvrir le samedi matin «les écoles, les collèges et les centres d’animation, notamment dans les quartiers populaires» pour que des bénévoles puissent offrir du soutien scolaire à des enfants ou pour que se tiennent des «forums citoyens » organisés par des associations.
Mais comment compte-elle faire alors que les associations sont au bord du gouffre ? Pour rappel, les pouvoirs publics imposent un plan d’austérité aux associations : selon le collectif des associations citoyennes, c’est 1,5 MDS de restrictions budgétaires en 2015 jusqu’à 13,5 en 2017 soit des disparitions d’associations et un vaste plan social (264 900 emplois menacés en 4 ans) !

2. Elle a également décrété une « mobilisation sans précédent » pour que les « entreprises, les artisans, les associations » aident les jeunes des familles les «plus précaires » à trouver un stage ou un emploi.
Mais comment compte-t-elle faire alors que les budgets de l’Etat vers l’action sociale se réduisent – application de la loi Maptam et du pacte de responsabilité ( soit 11 milliards d’économies dans les collectivités territoriales)- et que la ville de Paris mutualise des services en réduisant ainsi l’accès à un service public de proximité ? Dans son budget 2015, Madame la Maire propose un plan de refonte des dispositifs (Maison Des entreprises et de l’emploi, le PLIE, la Maison de l’Emploi de Paris, Mission Locale, Ecole de la 2ème chance..) intégrant des mesures innovantes (guichet unique de l’emploi)… !

3. Enfin, Madame la Maire souligne qu’elle investit dans les quartiers de manière prioritaire :
Mais comment compte-t-elle faire alors que la délégation chargée d’animer une politique locale sur les quartiers populaires (DPVI) a disparu ? Elle est devenue un simple bureau « mission politique de la ville » dans la direction de la démocratie des citoyens et des territoires. Elle est en souseffectif chronique, sans compter des postes vacants sur des durées allant jusqu’à 15 mois !
« Cerise sur le gâteau », depuis 3 mois, les Non titulaires en CDD de 3 ans, se voient raccourcir à 2n ans le renouvellement de leur CDD ! Les collègues en contrats aidés – sans lesquels le service ne pourrait pas fonctionner – ne sont pas remplacés dans les services administratifs et accueil ! Surcharge de travail, développement des risques psychosociaux, empechement du travail bien fait, sont autant de signes de souffrance au travail qui restent toujours sans réponse. Le service Politique de la ville est en train d’être démantelé silencieusement ! Quant aux rumeurs concernant une « mutualisation de locaux » engendrant notamment l’abandon du site 6, rue du département, elles se développent sans démenti.
Sans compter que les budgets sont les mêmes alors que les territoires s’agrandissent ! Il y aura donc davantage d’habitants concernés par la Politique de la ville en 2015 et des associations fragilisées ! Car quoi qu’en dise la ville qui est fière d’avoir « sanctuarisée» les financements sur les quartiers à Paris, il n’y aura pas d’effort supplémentaire pour les habitants des anciens et des nouveaux quartiers
populaires.
Alors que la crise s’aggrave, le contrat de ville présenté au conseil de Paris de Mars ne sera pas, une nouvelle fois à la hauteur des besoins. Quant à nous dire qu’il y aura un effort sans précédent du droit
commun de la ville de Paris ou de l‘Etat, comment le croire étant donné que le droit commun a toujours été une « illusion d’optique » de la Politique de la Ville et qu’aujourd’hui le droit commun est rabougri ? Comment par exemple, demander plus à la DASES alors que ses services réduisent leurs moyens ?

Est-ce avec ces injonctions paradoxales dans le travail quotidien que l’on arrivera à porter des services publics de qualité dans les quartiers populaires ?

On pourrait continuer à lister les incohérences actuelles comme :
Alors que les inégalités scolaires ne cessent de progresser, la géographie prioritaire est loin de prendre en compte tous les besoins des enfants des écoles ! …
Alors que l’on parle de l’accès au droit égalitaire, de sérieuses inquiétudes pèsent sur l’arrêt du subventionnement par l’Etat d’ici 1 an de l’apprentissage du français pour les immigrés de plus de 5 ans, y compris dans les ateliers socio linguistiques !
Alors qu’on déclare sans cesse la jeunesse comme une priorité, le CIDJ de Paris vit un plan social. La CGT a pourtant porté des propositions pour un meilleur service d’information auprès du ministère de la Ville, de la ville de Paris et de la région Île-de-France ! Aucune réponse positive à ce jour (signez la pétition en ligne : http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/liste_sign.php?id=901) !

Est-ce avec ce double langage que l’on pourra reconstruire de l’espoir ?

Une mobilisation sans précédent dans les quartiers populaires ?Chiche !

Le milieu associatif/les travailleurs sociaux/les agents de la ville alertent depuis longtemps sur le manque de moyens pour réellement combattre les inégalités. Ils ne sont pas entendus et subissent des coupes budgétaires, des réductions de subventions. N’est-ce pas le moment pour réinvestir dans le social ?

Le gouvernement compte-t-il alors stopper son pacte de responsabilité et ses baisses rapides des dépenses publiques programmées ? Et la Ville de Paris, compte-t-elle geler son plan d’austérité qui impactera nécessairement les services public de proximité notamment ?
Pour la CGT, la première réponse serait de stopper ces politiques d’austérité.

NOS PREMIERES PROPOSITIONS

Tout en veillant à ne pas alimenter la stigmatisation des quartiers et de la politique de la ville alors que les problèmes sont les résultats de politiques globales et d’une absence de perspective en matière d’emploi, de logement, d’égalité, la CGT demande des moyens à la hauteur des besoins, dans les quartiers populaires pour :
-­‐ Les jeunesses, l’éducation populaire,
-­‐ D’autres emplois utiles socialement et stables pour lutter contre le chômage et la précarité
-­‐ Une lutte exemplaire contre les discriminations, une égalité de traitement contre tous les racismes et la prise en compte des réalités multiples de toutes les religions ou de l’athéisme de manière égalitaire
-­‐ Un accès efficient aux droits, avec un service public renforcé et de proximité, des services forts et réellement ambitieux, en commençant par des perspectives et de l’emploi dans les services Politique de la ville, Sociaux et Jeunesse …de la ville de Paris !
-­‐ Des conditions de travail sécurisantes et de qualité, la reconnaissance du travail des agents au contact d’une population en difficulté, notamment pour les services qui ont en charge des quartiers « politique de la ville » sur leur périmètre d’intervention.
-­‐ Une participation des habitant-es effective.

Et maintenant ?

Madame Colombe Brossel, élue en charge de la Politique de la ville a reçu de nombreuses associations suite aux événements tragiques de ce début d’année.
La CGT est disponible pour la rencontrer ou Madame Hidalgo afin de lui faire part de ses analyses et de ses propositions concrètes.
La CGT vous informera des suites et vous invite à la rejoindre pour porter d’autres services publics et des emplois, maintenant !
Pour nous contacter: SYNDICAT-­‐CGT-­‐Cadres@paris.fr

Solidaires propose une réunion intersyndicale

 Après la grande marche populaire du 11 janvier,   face au très grande nombre de questions  posées, une des réponses est de poursuivre la lutte contre la dégradation sociale. Et notamment la loi Macron.  L’Union syndicale Solidaires écrit à toutes organisations, le jour où la CGT tente de résoudre sa crise de direction par la réunion de son Comité confédéral national, réunissant les unions départementales et les fédérations professionnelles.
Une réunion intersyndicale est proposée le vendredi 16 janvier à 10h.
Le fichier PDF : LettreOs_12_01_2015
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Le 12 janvier 2015
Lettre de l’Union syndicale Solidaires à CFE-CGC, CFDT, CFTC, CGT, FSU, FO, UNSA
Cher-es camarades,
Des événements dramatiques ont secoué et mobilisé les salarié-es et rassemblé nos organisations syndicales dans des préoccupations communes. Aujourd’hui, la situation du monde du travail, le maintien d’une situation économique dépressive, rendent nécessaire la discussion de toutes les organisations pour échanger sur l’état des lieux et agir ensemble.
Des mobilisations existent dans le privé comme dans le public, des intersyndicales locales et sectorielles se mobilisent, contre la politique d’austérité.
La loi dite Macron, comme la plupart des mesures précédentes, ne fera qu’aggraver la situation sociale de la grande majorité des salarié-es. Les menaces pèsent sur les retraites complémentaires,
sur les droits des salarié-es dans les entreprises, sur les 35 heures. Les coupes budgétaires se poursuivent alors que la lutte contre les 60 milliards que coûte la fraude fiscale n’est pas menée sérieusement. La politique de compétitivité profite principalement au patronat et alimente la récession économique, comme dans nombre de pays européens.
– La contestation et les résistances s’organisent, en Belgique, Espagne, Grèce… qu’attendons-nous pour faire de même ?
– Combien de temps encore allons-nous tolérer que nos droits fondamentaux : emploi, salaire, protection sociale, santé, éducation, logement, soient détruits d’année en année, de loi en loi ?!
– Combien de temps allons-nous accepter que les dividendes explosent, plus 30 % en 2014, pendant que les salaires stagnent ?
– Combien de temps allons-nous laisser dilapider l’argent public au profit des banques, des entreprises, sans aucun effet sur l’emploi ?
– Combien de temps allons-nous laisser détruire nos biens communs que sont les services publics pour toujours plus de privatisation ?
Les raisons d’agir toutes et tous ensemble ne manquent pas. L’urgence est à l’action collective pour imposer la satisfaction des besoins sociaux du plus grand nombre.
L’union syndicale Solidaires vous invite à une intersyndicale nationale dans nos locaux le vendredi 16 janvier à 10 h 00 afin de construire une riposte à la hauteur des enjeux.
Solidairement, le secrétariat national de Solidaires.
Union syndicale Solidaires – 144 bd de la Villette – 75 019 Paris
tél : 01 58 39 30 20 – Fax : 01 43 67 62 14
contact@solidaires.orghttp://www.solidaires.org

 

 

Nous sommes charlie

Les historiens diront ce que nous vivons. Le syndicalisme (CGT, CFDT, CFTC, CGC, UNSA, FSU, UNSA, Solidaires), et les  associations antiracistes (LDH, MRAP, LICRA, SOS Racisme) ont appelé bien sûr à la gigantesque manifestation populaire du 11 janvier 2015, la plus vaste depuis 1945 semble-t-il. Tout le monde a appelé mais parmi les présents, personne ne s’est senti « appelé ». Le peuple s’est mobilisé lui-même.

Ci-dessous les textes d’appel syndicaux (manque quand même FO) et associatifs.

 

  • communiqué intersyndical

 

Le monde du travail, ensemble, pour les libertés et la démocratie.

Les organisations syndicales françaises s’unissent et se joignent au mouvement citoyen et républicain pour exprimer leur émotion et leur indignation après l’attentat terroriste perpétré contre le journal Charlie Hebdo et face à  tous les actes de violences et d’intolérance.

La Démocratie, la République, la Paix, les Libertés de pensée et d’expression sont des biens communs que nous sommes décidés à défendre face à tous les totalitarismes, aux discours haineux et aux tentatives de division et de stigmatisation.

Dans cet esprit et dans l’unité, les organisations syndicales CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, FSU, UNSA et Solidaires appellent le monde du travail ainsi que tous les citoyennes et citoyens à se joindre à toutes les initiatives et manifestations organisées ce weekend partout en France dont la marche silencieuse à Paris ce dimanche 11 janvier à 15H00, Place de la République.

Fait à Paris, le 8 janvier 2015

 

Paris, le 9 janvier 2015
Pour une République effective
Aucun mot, aucune formule ne peuvent traduire notre peine : nous pleurons la mort de ceux et celles
qui n’avaient qu’un crayon pour toute arme, et de ceux qui les protégeaient contre ce que nous
pensions impossible. Les individus qui ont ainsi entonné un abominable hymne à la mort ont touché
juste car c’est tout ce que nous aimons qu’ils ont assassiné : l’impertinence, le rire, l’inventivité, la joie
de vivre, la liberté de penser, sans laquelle il n’est pas d’humanité. Et nous avons besoin que cette
peine soit partagée entre tous, ici en France comme partout dans le monde. Ce monde qui a ressenti
que cet événement n’était pas hexagonal mais notre histoire commune.
Bien sûr, il faudra enquêter, juger et sanctionner. Aucune démocratie ne peut accepter de plier face
au fanatisme, à la violence, encore moins quand elle est dirigée contre un de ses piliers, la liberté
d’expression. Bien sûr, c’est dans le cadre de l’Etat de droit que doivent agir les forces de l’ordre.
C’est aussi sans stigmatisation des personnes se réclamant de l’islam que nous devons exprimer
notre rejet de cette barbarie, si nous ne voulons pas entretenir des solidarités malsaines.
L’émotion ne suffit pas. Des voix s’élèvent pour appeler au rassemblement au nom des principes de la
République. Mais de quelle République s’agit-il ? Il n’est pas certain que le mot suffise, en effet, à
partager les mêmes principes ni les mêmes valeurs.
Le constat est terrible : sur fond de crise sociale permanente, la cohésion de notre pays a éclaté.
Racisme et antisémitisme, stigmatisation d’une partie de la population, retour de la vieille antienne du
bouc émissaire dont on ne retient que l’origine, relégation dans des ghettos territoriaux et scolaires,
replis identitaires, ignorance de notre histoire, qu’elle concerne l’esclavage, la collaboration ou le
colonialisme, et ces mots d’exclusion devenus si quotidiens au nom d’une conception dévoyée de la
liberté d’expression. Pire, certains détenteurs de la parole publique n’ont pas su, et parfois pas voulu,
respecter les symboles de l’égalité républicaine.
Ne le dissimulons pas, nous sommes tous responsables de cette situation. Cet échec nous est
commun et nous ne saurions nous dispenser d’un regard critique sur nos propres actions.
Lorsque les principes mêmes de la République sont contredits par la réalité, chacun interpelle celle-ci
dans une sorte de sauve-qui-peut généralisé en lui délivrant injonction d’agir pour son propre sort
sans référence à l’intérêt commun.
S’il est bien que les partis politiques, acteurs essentiels de la vie démocratique, s’emparent de ce
débat, c’est d’abord au citoyen de le mener. Avant même de rassembler les institutions et les
organisations, c’est d’abord les hommes et les femmes de ce pays qu’il faut rassembler autour non
d’une incantation, mais d’une République effective pour tous.
Parce que nous voulons vivre ensemble, sans racisme et sans discriminations, quelles que soient nos
origines, parce que la laïcité sans adjectif, celle qui accueille sans exclure, est la garantie de la paix
civile, parce que nous sommes attachés à chacun des termes fondateurs de la République – Liberté,
Egalité et Fraternité –, nous avons décidé de le dire dans la rue dimanche 11 janvier, sans slogans ni
bannières, simplement pour dire ensemble notre peine mais aussi notre adhésion à une République
dans laquelle chacun peut, sans distinctions, se retrouver. Tel est le sens de notre appel.
Alain Jakubowicz, président de la Licra, Pierre Mairat, co-président du Mrap, Dominique Sopo,
président de SOS Racisme, Pierre Tartakowsky, président de la LDH