CGT

Les 120 ans de la CGT : un dialogue entre Maryse Dumas et Sophie Béroud

A l’occasion des 120 ans de la CGT (1895-2015), l’Humanité publie un numéro hors-série, disponible dans les kiosques (7 euros). Y figure entre autre une interview croisée de Maryse Dumas, responsable du programme des manifestations que la CGT organisera tout au long de cette année, et de Sophie Béroud, maitre de conférence en sciences politiques à Lyon 2, spécialiste du syndicalisme.  Au cours de cet échange, Maryse Dumas revient sur quelques questions-clefs actuelles : l’émancipation du salariat (« qui sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes« ), utopie fondatrice de la CGT,  les grands mouvements sociaux producteurs de droits, les problèmes contradictoires de l’institutionnalisation,  la portée transformatrice du travail, le rapport du syndicalisme à la politique (« …ce sont toujours les syndicats que l’on interroge sur leur rapport au politique... »). Nous remercions Maryse Dumas de nous avoir transmis cet échange très intéressant.

 

Nouveau hors-série de l’Humanité sur les 120 ans de la CGT

 

 

 

Entretien croisé Maryse Dumas et Sophie Béroud

En quoi les ambitions portées par la CGT dès sa création sont-elles encore d’actualité ?
Maryse Dumas : Les questions que la CGT se pose aujourd’hui ne sont pas très différentes de celles qu’elle se posait aux origines. Le contexte a changé, le salariat,  le droit syndical, les moyens de l’action syndicale ont changé, mais l’idée que le syndicat sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes, reste toujours actuelle. Tout comme me paraît d’une criante actualité l’idée de la « double besogne » assignée au syndicalisme par la charte d’Amiens de 1906 : à la fois répondre aux préoccupations quotidiennes et construire un projet d’émancipation du salariat, Aujourd’hui, un actif sur cinq est dans une situation de chômage ou de sous-emploi, d’autres sont contraints de travailler dans une situation illégale, et sont totalement invisibles. Les salariés sont considérés comme des variables d’ajustements, ravalés au rang de chiffres. Cette mission sous-jacente qu’a eue le syndicalisme des origines, de permettre à des catégories, mises au banc de la société, de se connaître, de se reconnaître et de se faire reconnaître, reste plus que jamais à l’ordre du jour.
Sophie Beroud. Il est fort intéressant de se replonger dans les débats de l’époque, afin de voir comment est construit un outil qui permette de rassembler tout le monde. Le salariat a changé mais les enjeux restent les mêmes : comment on retrouve un groupe, un collectif, des revendications qui vont permettre de mobiliser les salariés. Dans l’histoire de la CGT, il y a plein de discontinuités mais il y a aussi une certaine continuité sur cette mission de rechercher un projet d’émancipation collective pour faire changer la vie des travailleuses et des travailleurs, un projet plus global, un projet d’ensemble qui ne se cantonne pas simplement à la défense des intérêts immédiats des salariés. Il y a à la CGT, une envie de conquête, une recherche de dignité, d’affirmation d’une place dans la société.

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Le mouvement syndical apparait aujourd’hui affaibli. Pour certains, il se serait trop institutionnalisé. L’implication dans les multiples lieux de négociation aurait pris le pas sur la lutte, la construction du rapport de forces …
Maryse Dumas : Obtenir des droits est dans la logique de l’action syndicale. C’est dans les grands mouvements sociaux qu’on gagne aussi des droits pour les syndicats, rarement en dehors. Une fois ces droits obtenus, faut-il les utiliser ? Évidemment, oui. A la CGT, nous sommes conscients de deux risques permanents : le risque d’institutionnalisation, le risque de marginalisation. Si, au prétexte du risque de s’institutionnaliser, nous refusons d’utiliser les droits de représentation acquis par les luttes, alors nous serons marginalisés. Ce n’est pas une trop grande présence de la CGT dans les instances de représentation qui nourrit le risque d’institutionnalisation, c’est surtout le fait qu’elle n’est pas assise sur une syndicalisation et une vie syndicale suffisamment importantes. Historiquement, le mouvement progressiste a été porté par les acquis obtenus dans les grandes entreprises et les services publics où les syndicats étaient forts, en nombre de syndiqués et en vie syndicale démocratique. La désindustrialisation et les privatisations ont considérablement affaibli cette force de frappe et la CGT elle-même car elle y avait ses bases syndicales les plus importantes. Aujourd’hui, le rapport de forces est inversé, c’est le moins-disant social qui l’emporte en s’alignant à la baisse sur les petites boîtes où le syndicat est très peu présent, mais où travaillent une majorité de salariés.
Sophie Béroud. Il ne faut pas opposer institutionnalisation et contre-pouvoir. C’est une vision schématique. Il n’y a pas de mauvaise institution, ce sont les usages que l’on en fait. Il y a même un défaut aujourd’hui d’institution, de droit syndical. Il n’existe pas de droit syndical interprofessionnel, pour organiser entre eux des salariés isolés, de droits syndicaux dans les petites entreprises, de protections pour les militants et les syndiqués, vis-à-vis de toutes les formes de discrimination et de pression pour ceux qui acceptent de prendre des responsabilités. Tout comme il n’y a pas en France de reconnaissance du syndicalisme, de l’activité syndicale comme faisant partie de la citoyenneté. C’est important aussi parce que c’est souvent, dans le discours dominant, un procès que l’on fait aux syndicats d’être trop institutionnalisés et du coup d’avoir perdu le contact avec les salariés.
Parmi les points de faiblesse, on constate un décalage, grandissant semble-t-il, entre l’implantation de la CGT et le salariat d’aujourd’hui. Bien que le diagnostic soit fait dans les congrès, les choses ne semblent guère bouger sur ce plan. Pourquoi ?
Sophie Béroud. C’est très compliqué de représenter les classes populaires, mais la CGT a joué ce rôle et continue de le jouer, même avec difficulté. Il y a toujours eu des enjeux sur les catégories que le syndicalisme atteint le moins. La CGT a toujours eu ce souci d’être en prise avec l’appareil productif. Mais bouger les structures, c’est aussi repenser les champs interprofessionnels, le niveau du pouvoir politique. Là encore, la mise en mouvement de l’organisation existe même si cela ne va pas assez vite. Lorsqu’il y a un syndicalisme catégoriel, il est difficile de passer à une base plus large. Car cela nécessite de faire des actions communes, de poser les enjeux, d’élaborer des revendications qui permettent de construire un outil, une fédération plus large. C’est compliqué aussi parce que les pratiques militantes sont différentes, mais aussi parce qu’il y a des enjeux financiers. Dans des secteurs avec un très faible taux de syndicalisation, où se trouvent beaucoup de syndiqués isolés, le rôle des unions locales et départementales, la dimension interprofessionnelle, sont décisifs. C’est le lieu où peut se créer un cadre collectif, un lieu pour se réunir, mais il y a là aussi des difficultés. En raison de la faiblesse du nombre de militants, déjà très accaparés. Des choix doivent être faits pour enclencher cette dynamique.
Maryse Dumas : L’idée que la structuration doit bouger est largement partagée dans l’organisation. Le problème est surtout sur : vers où aller et comment ? La structuration actuelle écarte celles et ceux qu’il faudrait prioriser : parmi les syndiqués dits « isolés », c’est à dire sans lien avec un syndicat de base, on voit une surreprésentation des jeunes, des femmes, des salariés en précarité. Or, elles et ils sont la figure montante du salariat, celle qui est la plus exploitée et a le plus besoin de s’organiser. Notre fonctionnement actuel ne le permet pas. Même dans les entreprises où la CGT est présente, cela se résume trop souvent à un fonctionnement autour des seuls élus. Il y a aussi des mandats (de délégués, de responsables syndicaux) qui durent trop longtemps, ne permettant pas de renouveler les pratiques, de féminiser et rajeunir les collectifs. Cela tient pour une part à des insuffisances du droit syndical sur les parcours militants. Lorsqu’un militant a un trou de 10 ans dans son CV du fait d’une activité permanente à la CGT, comment retrouver du travail ? De même, il n’y a pas de reconnaissance du syndicalisme interprofessionnel notamment au plan local. De ce fait, les présences militantes au service de l’ensemble des salariés sont pompées sur les heures de délégations obtenues dans telle ou telle entreprises. Cela  complique aussi l’évolution de la structuration. Ne nous cachons pas non plus que des visions différentes des missions de l’organisation conduisent à des visions différentes de la structuration : si elle n’a pour seule fonction que l’application du droit, alors des permanences juridiques suffisent au niveau local. Si elle a un rôle d’émancipation et d’éducation populaire, il faut des syndiqués actifs et une vie syndicale au plus près des gens. Si elle vise l’action, la négociation, et la conquête, alors il faut constituer des forces face aux employeurs. De même si on pense le changement de société à partir de la transformation du travail, plutôt que par le seul changement de gouvernement.
N’y a-t-il pas également des raisons d’efficacité ?
Maryse Dumas : La CGT s’est construite autour du syndicat d’entreprise. Mais quel est aujourd’hui le périmètre de l’entreprise : la maison mère ? Les filiales, les sous- traitants ? Comment prendre en compte les mobilités des salariés, les alternances entre plusieurs employeurs ?… Nous avons essayé d’élargir les périmètres, par exemple dans les centres commerciaux, en créant des syndicats de site. Sauf que nous n’arrivons pas à avoir un interlocuteur patronal interprofessionnel du centre commercial avec lequel on puisse discuter des horaires d’ouvertures, de la sécurité, des toilettes… Et c’est objectivement un obstacle à un syndicalisme efficace.
La question du rapport à la politique revient également très fortement dans les débats de la CGT…
Maryse Dumas. La CGT ambitionne de transformer la société par la transformation du travail. Parmi nos propositions, un statut des salariés qui permette à chacun, de l’entrée dans la vie active jusqu’à la retraite, de disposer de droits que les employeurs devraient respecter. Nous pensons qu’en transformant le travail, en permettant aux salariés d’être maîtres d’œuvre de son contenu, sa finalité, son utilité sociale, de l’organisation de leur travail, on fait reculer la notion même de marché, et on avance sur les préoccupations humaines et environnementales. Sur la base de ce projet, la CGT est prête à débattre avec tous ceux qui le souhaitent, autres syndicats, partis politiques, associations. Je remarque que ce sont toujours les syndicats que l’on interroge sur leur rapport au politique, qu’on réduit souvent aux rapports aux partis politiques, voire même à tels ou tels partis politiques. C’est la vieille maladie de la gauche en France que de considérer l’action syndicale comme seconde, voire subalterne de l’action politique. Les partis politiques de gauche, singulièrement le parti majoritaire, continuent de croire qu’ils parlent au nom de tout le monde, y compris au nom des travailleurs, au nom des syndicats, alors qu’ils n’acceptent pas ou peu de se confronter à eux. Or c’est de confrontations et d’échanges, mais véritablement réciproques, qu’il y a besoin. Depuis les années 70, les partis politiques de gauche ont délaissé les questions du travail et les ont déléguées aux syndicats, alors même que le travail est identitaire de la construction de la gauche en France. Beaucoup de questions se posent aujourd’hui sur l’équilibre véritable de cette démocratie qui se vit avec un suffrage redevenu quasiment censitaire plutôt qu’universel, dans la mesure où ce sont systématiquement les catégories populaires, les ouvriers et employés qui font le gros des abstentionnistes. Lorsqu’ on veut le changement de société, on doit veiller à l’indépendance des syndicats, parce que travailler à l’indépendance, c’est se dire qu’une fois arrivés au pouvoir, les luttes syndicales nous aideront à pousser les feux vers les revendications du travail au détriment du capital. L’indépendance des syndicats détermine la sincérité d’un projet qui vise à faire reculer le capitalisme et à faire émerger les revendications du travail.
Sophie béroud. Sur les rapports au politique, la CGT a eu des phases très intéressantes dans les années 1990/2000. Il y a eu une séquence de distanciation avec le Parti communiste, et même presque la crainte de parler politique. Avec la volonté de marquer les frontières. Puis, il y a eu une évolution. Une fois la distanciation acquise, la CGT a pu recommencer à dialoguer avec différents types d’organisations, en estimant être porteuse d’un certain nombre d’éléments et d’idées sur ce qui se joue dans le travail. Même si toutes les organisations de la CGT ne vont pas à la même vitesse. Il y a par moment, en fonction du contexte et de la situation, des tentations de revenir à des liens plus étroits avec des organisations politiques, de revenir vers les schémas historiques.
Maryse Dumas. La période de distanciation a aussi permis de réfléchir non seulement à l’indépendance, mais surtout à la spécificité de la démarche syndicale. Un parti politique vise le pouvoir, le gouvernement ; l’objectif du syndicat est de gagner sur les revendications quel que soit le pouvoir en place et la couleur politique du gouvernement, en usant de tous les moyens possibles pour créer les rapports de forces.
Dans ce rapport de forces, l’unité syndicale reste-t-elle une des clés ?
Maryse Dumas. La division syndicale offre au patronat une possibilité d’avancer dans ses objectifs antisociaux. L’unité d’action des syndicats crée une dynamique favorable à l’entrée en action de nombre de salariés qui ne le feraient pas autrement. C’est donc une question clé. Dans le paysage actuel, dès qu’il y a négociation, on pense institutionnalisation, on dit signature et on dit CFDT. Pour nous, il existe une autre façon de négocier, une façon CGT qui prend en compte les revendications des salariés, qui veut définir avec eux l’enjeu de la négociation, trouver les moyens de créer un environnement favorable à la satisfaction des revendications, par l’action, l’unité d’action et la consultation des salariés à toutes les étapes.
Que révèle la crise de direction qui vient de frapper la CGT ?
Maryse Dumas : Le principe à la CGT c’est que la base décide et fait remonter ses attentes. Le niveau national confédéral n’a de pertinence qu’en réponse à ces attentes-là. S’il n’y répond pas, c’est l’idée même de confédération qui est fragilisée. Au tout début, avant la guerre de 1914, le rôle assigné à la confédération par ses fondateurs était de parvenir à la grève générale. Devant les échecs répétés, un certain partage des tâches entre les différents niveaux, fédérations professionnelles, organisations interprofessionnelles territoriales et confédération, s’est structuré. Il reposait, surtout après la Libération, sur des syndicats nombreux et forts dans des grandes entreprises et services publics qui donnaient le « la ». Or, dans une société où le particularisme l’emporte sur les solidarités, où la force de frappe syndicale dans les entreprises s’affaiblit, où le syndicat de base voit le nombre de ses syndiqués réduit à la portion congrue, nous arrivons au bout de cette vision. On demande à la direction confédérale nationale de suppléer les défaillances sans pour autant lui donner les moyens de véritablement impulser une stratégie de développement. C’est donc le rôle d’une confédération dans le salariat et l’état des forces syndicales actuels qui est aujourd’hui posé.
Sophie Béroud. Il est un peu tôt pour analyser cette crise. Les difficultés semblent être liées à un apprentissage de la démocratie interne. Aujourd’hui, la CGT trouve en elle-même ses propres référents démocratiques. Depuis les années 1990, la CGT se construit en cherchant sa propre démarche pour renouveler sa démocratie. Il n’y a pas eu assez de discussions, il n’y a pas eu le temps de la discussion. Les militants d’aujourd’hui sont pris dans une exigence démocratique très forte, mais s’il n’y a pas le temps pour cela, alors il peut y avoir des hiatus. C’est ce que perçoivent les militants à la base.
Maryse Dumas : Nous avons trop peu débattu en particulier du rôle de la confédération. Or celui du bureau confédéral et du secrétaire général en découlent. Si on ne discute du secrétaire général qu’en terme nominatif, il n’y a pas de solution. Quelle que soit la personne, même très performante, elle ne peut incarner toute la diversité de la CGT. Il y a aussi à innover en matière de démocratie interne. Les syndiqués actuels n’ont, souvent, pas d’autres expériences démocratiques que la CGT. Or la démocratie syndicale est une forme tout à fait particulière de démocratie qui reste méconnue. Mais la cause principale se trouve dans la non-clarification, voire la mise en cause des évolutions de la CGT de ces dernières années. Reste la question fondamentale : comment construire l’émancipation du salariat, le changement de société sans une confédération faisant converger toutes les professions sur ces objectifs ? La crise confédérale peut être une chance si elle conduit à de nouvelles innovations démocratiques.
Sophie Béroud. La crise peut s’expliquer aussi parce qu’il y a des choses qui ont bougé dans la CGT et qu’il n’y a plus adéquation entre le haut et le bas. Il n’y a pas que du négatif, les réponses se trouvent aussi dans ce qui a bougé. Et ce n’est pas, comme certains voudraient le laisser penser, un effondrement de l’organisation.
Entretien réalisé par Clotilde Mathieu

 

  • Vu sur le site de la CGT  : 12 mois pour 120 ans

1895 : Limoges : La Confédération générale du travail se constitue et le mouvement syndical s’unifie. 2015 : La CGT veut marquer ses 120 ans par des initiatives au plus près du terrain, avec celles et ceux qui ont fait, font et feront la CGT d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Chaque mois de l’année sera l’occasion de réfléchir, agir et construire ensemble, sur différentes dimensions de l’activité syndicale, à travers une multitude d’initiatives aux formats divers : expositions, colloques, conférences, initiatives revendicatives, sportives, culturelles… partout en France. Les rendez-vous seront tournés vers la jeunesse et l’avenir, en s’appuyant sur l’histoire.

Trois temps forts jalonneront l’année : l’ouverture des initiatives « 120 ans » et l’inauguration de l’exposition « La CGT a 120 ans » le 4 mars à Montreuil, un colloque à Limoges à l’occasion de la date anniversaire du congrès fondateur et une soirée festive, en décembre, qui clôturera les célébrations.


FÉVRIER

La CGT et les droits d’intervention des salariés

Quel rôle a tenu la CGT pour que les comités d’entreprise soient mis au service des droits d’intervention des salariés sur les stratégies de gestion des entreprises ? Au service aussi de l’accès du plus grand nombre à des activités culturelles, de loisirs, de sports, de vacances de grande qualité, à des tarifs accessibles ? À l’occasion des différents salons des CE, retour sera fait sur le 70e anniversaire de la création des comités d’entreprise, sur le rôle majeur de la CGT pour développer et accroître ces droits.


MARS

La CGT et la féminisation du salariat

Le 8 mars est depuis 1910 la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. La CGT interrogera son rapport à l’engagement syndical des femmes, à leur prise de responsabilité et traitera plus généralement des questions féministes et d’égalité, avec notamment une rencontre nationale à Montreuil le 5 mars.

La CGT et le développement économique

La semaine de l’industrie sera l’occasion de faire connaître les ambitions de la CGT pour faire de la France une nation industrielle, respectueuse des préoccupations de développement durable.

La région Aquitaine viendra construire un chalet, du 30 mars au 3 avril, pour démontrer tout l’intérêt du développement d’une filière nationale du bois. Cette initiative articulera luttes, revendications et créations artistiques avec la compagnie de B. Lubat, R. Bohringer, C. Gibault, le Paris Mozart Orchestra, etc. D’autres filières, comme la métallurgie ou les cheminots, profiteront de cette semaine pour organiser des initiatives. Un forum régional sur la mer devrait se tenir en Bretagne.

L’union départementale du Vaucluse avec l’IHS et les cheminots inaugureront le 14 mars la gare SNCF de Carpentras pour la réouverture de la ligne après une bataille revendicative de la CGT de quarante ans.

La fédération des Cheminots et son collectif Dom Tom organiseront le 19 mars une journée consacrée à la départementalisation des DOM, qui aura bientôt 70 ans, avec exposition et animation musicale.


AVRIL

La CGT et les évolutions du travail

Le travail sera au cœur des initiatives du mois d’avril 2015 : ses évolutions multiples et les exigences de réponses syndicales nouvelles qu’elles appellent.

Un colloque de l’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens mettra l’accent sur le travail qualifié tandis que d’autres initiatives porteront l’attention sur le travail ouvrier ; l’occasion de faire le point sur les apports de la CGT pour transformer le travail et l’émanciper.


MAI

La CGT et la solidarité internationale

Les manifestations du 1er mai 2015 donneront une résonance particulière au combat historique de la CGT pour la paix, la solidarité entre tous les travailleurs du monde et pour l’unité. Une initiative au Creusot en présence de Bernard Thibault, membre du conseil d’administration du Bureau international du travail devrait en donner une illustration particulière.

Diverses initiatives illustreront les combats de la Résistance pour parvenir le 8 mai 1945 à la capitulation des armées nazies. Elles seront l’occasion de mettre en évidence les valeurs d’égalité, de solidarité et de respect des libertés fondamentales de tout être humain dont notre époque a cruellement besoin.

L’union départementale de l’Hérault organise le 23 mai un forum international des syndicats de la Méditerranée sur la transition énergétique et les politiques d’austérité avec film, débat, repas, concert, etc.

Du 13 au 14 mai, le Festival de Cannes, dont la CGT est cofondatrice, sera l’occasion de mettre en exergue la part d’histoire commune du cinéma et de la CGT et l’actualité des enjeux qui les traversent. Une exposition et une soirée spéciale sera organisée au Festival international du Film à Cannes par l’union départementale des Alpes maritimes, l’union locale de Cannes, la FNSAC et l’ANCAV-TT.

L’Avenir social organise deux initiatives dédiées à la solidarité. L’une sera de faire participer aux manifestations du 1er mai, deux femmes ayant collaboré à la création de la première classe d’alphabétisation au Sénégal. L’autre de permettre à des personnes précaires, sans emploi ou sans papiers, d’aller et de participer au Festival de Cannes, voire de fouler le tapis rouge.


JUIN

La CGT en territoires

Le 5 juin, l’union départementale de Loire-Atlantique engagera un débat sur les interactions entre l’art et le monde du travail. Comment une pièce de théâtre peut permettre à des syndicalistes de prendre de la hauteur sur leur activité, de mieux cerner les préoccupations des salariés, de faire émerger des perspectives nouvelles…

La Bourse du travail de Saint-Denis propose, le 11 juin, une projection-débat « Plaine de Vies » sur les enjeux syndicaux liés aux mutations sociales et économiques et industrielles notamment celles de l’industrie audiovisuelle et cinématographique.

Le 13 juin, la question des Services publics sera sur le devant de la scène à partir d’initiatives unitaires dans la Creuse. L’accent sera mis sur le syndicalisme en milieu rural à partir notamment, d’une initiative organisée les 20 et 21 juin dans le Gers.

En juin, le centre Benoît Frachon propose une journée d’étude sur l’action de la CGT en matière de formation syndicale, de culture et d’éducation populaire. Une salle « Marius Bertou » sera inaugurée et suivie d’un spectacle vivant autour du théâtre et de la poésie.


JUILLET/AOUT

La CGT et la vie hors travail

À l’occasion du Tour de France et des festivals de l’été, la CGT interrogera son rapport au sport, à la culture, aux loisirs. Elle reviendra sur ses batailles pour la RTT et pour obtenir « le temps de vivre ». La question des différentes formes d’emplois saisonniers, précaires, intermittents, ne sera pas oubliée, pas plus que les luttes de la CGT pour les droits collectifs et individuels des salariés.

Au Festival d’Avignon exposition et spectacles seront proposés par l’union locale CGT d’Avignon, l’union départementale du Vaucluse et la fédération du Spectacle, de l’Audiovisuel, du Cinéma et de l’Action culturelle.

Au Festival également, la région Rhône Alpes amarre une péniche comme lieu de rencontres et propose un débat le 11 juillet sur les 70 ans des CE et notamment les activités culturelles, les liens entre les CE et le monde de la culture.


SEPTEMBRE

La CGT et l’unité des syndicats

Comme tous les ans, le Forum social de la fête de l’Humanité proposera des débats. Ceux-ci porteront la dimension des 120 ans.

Le festival de la marionnette du 18 au 27 septembre à Charleville Mézières pourrait être l’occasion d’une présence syndicale originale, dans une forme d’art et de spectacle très populaire.

Un ouvrage collectif sera réalisé par des camarades de l’union départementale de l’Ain avec une lecture scénarisée lors d’une initiative organisée le 25 septembre avec expositions et spectacles vivants.

Le 26 septembre, l’union départementale du Gard clôturera sa série d’initiatives par des conférences avec le grand public sur leurs attentes vis-à-vis du syndicalisme en général et de la CGT en particulier. Des concerts alterneront ces débats.

Le congrès de la Confédération européenne des syndicats à Paris, du 28 septembre au 2 octobre, sera l’occasion de présenter les spécificités et l’histoire du syndicalisme français aux délégués des syndicats européens.


OCTOBRE

La CGT, le choix d’être une confédération pour les solidarités entre salariés

La commémoration de l’acte fondateur de la CGT en 1895 sera l’occasion d’organiser le 15 octobre à Limoges une initiative culturelle populaire et grand public avec l’organisation d’une journée de réflexion militante sur la portée actuelle du choix d’un syndicalisme confédéré, de ses principes de fonctionnement et de structuration et des réponses nouvelles à imaginer au service d’un salariat en pleine évolution. La mémoire ouvrière de la ville sera saluée au travers l’inauguration d’une rue à la mémoire de Marguerite Saderne. Et enfin, le Club omnisports de la CGT organisera une randonnée cyclotouriste de 120 kms à Limoges.

C’est en octobre aussi que seront célébrés les 70 ans de la création de la Sécurité sociale. Composante essentielle de notre modèle social, elle est au coeur d’enjeux de société fondamentaux, qui appellent à la plus extrême vigilance et à la mobilisation.

C’est sur ce thème en lien avec notre démarche revendicative d’une Sécurité sociale professionnelle que l’union départementale d’Indre-et-Loire propose un débat public avec animations culturelles le 5 novembre.

L’union départementale de Saône-et-Loire organise trois jours de festivité avec des interventions, des expositions, animations culturelles, musicales et théâtrales, etc., sur la spécificité du régime minier en tant que modèle pour la Sécurité sociale du futur.


NOVEMBRE

La CGT et les moyens d’être efficace au service des salariés

L’union départementale de Gironde construit une initiative sur sa bourse du travail à Bordeaux, lieu chargé d’histoire, de culture, de trésors d’art mais aussi de luttes et de résistance.
D’autres comme celles de Rochefort, de Rennes, l’union locale de Cholet ou encore l’union locale de Corbeil qui fête ses 110 ans, seront à l’honneur, leur histoire, mais aussi leur utilité actuelle au service des salariés et de l’éducation populaire. Certaines viennent d’être rénovées, d’autres seront inaugurées comme celle de Roissy Charles de Gaulle, d’autres ont besoin de l’élan collectif pour être sauvées.

Partout l’activité CGT en territoires sera mise en exergue avec l’exigence de locaux syndicaux dignes de notre temps et des besoins des salariés.

Le 5 novembre, la bataille des idées et la presse syndicale feront l’objet d’une rencontre sous l’égide de Vie Nouvelle et de l’Union confédérale des retraités, en collaboration avec les autres publications de la CGT.

La conférence Paris Climat 2015, à partir du 30 novembre, donnera lieu à de multiples initiatives et débats lancés par la CGT pour créer les conditions d’un développement humain durable, démocratique et porteur de progrès.


DÉCEMBRE

La CGT et les privés d’emplois

Comment la CGT combat-elle toutes les formes d’exclusion de l’emploi ? Comment s’est-elle organisée pour permettre aux salariés privés d’emplois de lutter pour leurs droits et leur proposer des formes de syndicalisation qui correspondent à leurs attentes et possibilités ? Les manifestations du 5 décembre seront l’occasion de mettre en lumière l’activité des comités CGT des privés d’emplois

La CGT et les jeunes

Un événement festif clôturera l’année. Il donnera une grande place à la jeunesse et permettra à la CGT de se tourner avec confiance vers les échéances futures.

Des organisations comme l’union départementale de l’Ariège proposent tout au long de l’année des initiatives (forums, débats, expositions, animations culturelles, etc.) en y associant des syndicats, des unions locales, des fédérations.

Plusieurs fédérations et unions départementale, qui tiendront leur congrès en 2015, en profiteront pour mettre les 120 ans de syndicalisme CGT à l’honneur au travers d’initiatives multiples à l’égard de leurs délégués.

Un remerciement tout particulier à la FNSAC (fédération du Spectacle, de l’Audiovisuel, du Cinéma et de l’Action culturelle) qui participe et apporte sa connaissance dans le domaine artistique à une multitude d’initiatives.

Bilan élections fonction publique : tentative de synthèse CGT

Concernant les résultats des élections dans la fonction publique de décembre 2014, nous avions déjà publié une analyse détaillée faite par Baptiste Talbot, sur la fonction publique territoriale. L’article ci-dessous est paru dans Fonction publique, publication de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) CGT (les articles ne sont pas signés dans cette publication). Il tente une synthèse plus générale, et sans faux fuyant sur les résultats (« un signal adressé par les électeurs« ),  sur les trois versants de la fonction publique : Etat, territoires, hôpitaux.

 

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Les résultats nationaux des élections générales dans la Fonction publique sont maintenant connus et le temps est venu des premiers bilans.
En se penchant sur les résultats globaux, outre les évolutions de l’abstention et des bulletins nuls déjà notées dans le dernier numéro de FP, quelques grandes tendances peuvent d’ores et déjà être relevées. Faute de place, nous n’aborderons ici que deux questions qui sont d’évidence posées par ces résultats : la représentativité syndicale et le score de la CGT.

  •  REPRÉSENTATIVITÉ SYNDICALE, DES CRITÈRES A REVOIR

Pour l’ensemble de la Fonction publique, les 3 confédérations CGT, CFDT et FO totalisent 61 % des voix (62% en 2011, 57,7% en 2008) soit 7,5 point de moins que dans le secteur privé. Si on ajoute les scores de l’UNSA (10,4%), de la FSU (7,9%) et de SOLIDAIRE (6,8%), 6 organisations syndicales cumulent plus de 86% des suffrages. Cependant, du fait du mode de composition du Conseil Commun, 3 organisations syndicales (CFTC, CGC, FAFP) dont le score avoisine les 3%, conservent leur représentativité. Seul le syndicat autonome des directeurs d’hôpitaux (moins de 0,3% en 2011) perd son siège au Conseil Commun. Dans le secteur privé, où le seuil de représentativité est fixé à 8%, il n’y a que 5 organisations (CGT, CFDT, FO, CFTC et CGC) qui peuvent participer à des négociations au niveau national. Par ailleurs, le paysage syndical est nettement contrasté suivant les versants de la Fonction publique. A l’Hospitalière, les 3 grandes confédérations totalisent 80% et il ne reste que 5 organisations représentatives (CGT, CFDT, FO, SOLIDAIRE et l’UNSA). Dans la Territoriale, la situation est très comparable puisque ces 3 Confédérations totalisent 70% et qu’il y a également 5 organisations représentatives (CGT, CFDT, FO, UNSA et FAFP).
Dans la Fonction publique de l’Etat, les confédérations CGT, CFDT et FO cumulent moins de 45% de voix et 5 organisations (FO, FSU, UNSA, CFDT et CGT) se situent entre 13 et 17%. Avec SOLIDAIRE (9%) et la CGC (5,5%) il y a aujourd’hui 7 organisations syndicales représentatives dans la FPE puisque la CFTC perd son siège au CSFPE. Cependant, si on examine la situation dans le détail, on relève que seules la CFDT, la CGT et l’UNSA sont effectivement représentées dans la quasi-totalité des ministères. De plus, certaines organisations, dont le score est inférieur à 5%, ne doivent leur présence dans un CTM que par le truchement de listes communes à 2 ou 3 syndicats.
Si l’on constate ainsi que la loi de juillet 2010 n’a eu que des conséquences marginales sur la représentativité dans la Fonction publique, il n’y a pas lieu de s’en réjouir. L’émiettement syndical ne profite en rien aux agents et, dans le passé y compris récent, les autorités gouvernementales ont su habilement jouer des dissensions syndicales pour faire passer leurs projets. Ainsi, dans la dernière mandature, il n’a jamais été possible de réunir un vote « unanimement contre » des représentants du personnel au Conseil Commun alors même que les accords de Bercy obligent, dans ce cas de figure, le Gouvernement à organiser une nouvelle délibération.
D’évidence, il faut revoir les textes d’application des accords de Bercy pour réviser les critères permettant à une organisation syndicale d’être représentative dans la Fonction publique.

  • LE SCORE DE LA CGT : UN SIGNAL ADRESSE PAR LES ELECTEURS
  • Comme les observateurs l’ont souligné le fait marquant du scrutin du 4 décembre c’est le recul enregistré par la CGT dans pratiquement tous les secteurs.
    Si nous devons regarder lucidement ces résultats, il ne s’agit pas non plus de tomber dans le catastrophisme.
    Au niveau du Conseil commun, la CGT, avec 23,08% des voix et 8 sièges sur 30, demeure la première force syndicale dans la Fonction publique devant la CFDT (19,27% ; 6 sièges) et Force Ouvrière (18,59%, 6 sièges). Si la CGT recule de 2,36 points et perd un siège par rapport à 2011, elle obtient un score légèrement amélioré (+0,4) par rapport aux élections de 2008.
    Dans la FPT et la FPH, la CGT demeure première organisation syndicale largement devant ses suivantes. Dans la Fonction publique de l’Etat, la situation semble plus problématique puisqu’à 13,43%, la CGT rétrograde en 5ème position, notre recul étant de -2,4 point par rapport à 2011 et de -1,8 point par rapport à 2008.
    Toutefois, ces données brutes ne reflètent pas parfaitement l’évolution de notre audience. Sur les 6 dernières années le corps électoral de la FPE a été profondément modifié avec des suppressions massives d’emploi notamment à la Poste et France Télécom (-85000), la prise en compte nouvelle des agents de l’Enseignement privé sous contrat (141 000 électeurs) et une nouvelle vague de transferts (50 000) des agents d’exploitation du ministère de l’équipement vers les collectivités territoriales. Si on exclut ces trois secteurs des comparaisons, le score de la CGT est en baisse de 2,2 point par rapport à 2011 mais en progression de 1,4 point par rapport à 2008.
    Si recul il y a, ce n’est donc pas un effondrement de l’audience de la CGT parmi les agents de la Fonction publique.
    Ce revers constitue néanmoins un sévère avertissement qui nous est adressé par les électeurs et il conviendra de prendre le temps, dans toutes nos organisations, pour en analyser les causes qui sont sans doute plurielles.
    Si on écarte l’effet des « affaires Lepaon », en voie de règlement, il nous faut d’abord nous interroger sur notre capacité à être à l’écoute des salariés et sur les moyens que nous mettons en œuvre pour répondre à leurs revendications. Sur la dernière période la CGT, dans la Fonction publique, comme dans le reste du monde du travail, n’a pas su susciter des mobilisations d’un niveau suffisant pour faire barrage aux politiques d’austérité et pour imposer d’autre choix. Courant 2013 et 2014, les appels réitérés à des journées de grèves, dans des périmètres unitaires variables, n’ont pas été suivis massivement par les personnels ce qui nous questionne sur la lisibilité de notre stratégie et de nos modalités d’action.
    Ce constat, qui traduit notre difficulté à emporter la conviction des agents, nous force à réfléchir sur nos modes d’expression et de communication. Il nous interroge sur nos modes d’organisation et de fonctionnement ; à titre d’exemple, le score de la CGT dans les Directions Départementales Interministérielles (-0,4%, -7,3 point par rapport à 2011) montre que dans ce secteur notre outil syndical, éclaté entre 12 syndicats nationaux, n’est plus adapté aux réalités d’aujourd’hui. Plus profondément, se pose à nous la question des rapports entre syndicalisme et politique, singulièrement lorsque ce ne sont pas des partis de droite qui sont au pouvoir.
    Ce travail d’analyse, que nous devons mener dans les prochaines semaines et les prochains mois, doit nous permettre de redresser la barre pour, d’ici 4 ans, retrouver la confiance d’un maximum de nos collègues de travail.

Un bulletin syndical interprofessionnel vivant : l’UD CGT Haute Loire

Le bulletin de l’Union départementale CGT de Haute Loire (Solidaires) est chaque mois un modèle de vie syndicale concrète, avec des exemples d’actions, des arguments, des résultats, et de la fête aussi. Pas étonnant qu’elle soit une de celles qui (relativement à la taille du département) recrute le plus à la CGT! Ci-dessous le lien vers le numéro de février, et le lien vers un argumentaire sur la loi Macron. Ainsi qu’un article montrant une lutte gagnante contre le travail du dimanche.

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lien vers le bulletin : Février 2015

Argumentaire loi Macron 4-pages-loi-macron

E C H O  D E S  S Y N D I C A T S
Travail du dimanche, la lutte paye !
Suite à une réunion publique et répondant à l’appel de l’Union Départementale et du syndicat Commerce CGT 43, de nombreux salariés s’étaient donné rendez-vous sur la zone commerciale, devant le parking d’Intermarché Langeac, le dimanche 15 février, exprimant ainsi leur refus de se voir imposer le travail du dimanche. En effet, les directions de plusieurs grandes surfaces ont décidé de mettre en place le travail dominical, contre l’avis largement majoritaire des employés.
Le syndicat rappelle que cette mesure est économiquement absurde et socialement injuste. Le pouvoir d’achat des ménages n’étant pas extensible au nombre de jours d’ouvertures, le chiffre d’affaires ne ferait que se répartir autrement sur la semaine, sans pour autant augmenter.
Les conséquences sur la vie privée des salariés seraient graves. Le dimanche est bien souvent le seul jour de la semaine où ceux-ci peuvent se reposer, profiter pleinement de leurs proches ou se
consacrer à des activités culturelles, sportives, associatives.
Ce secteur d’activité connaît déjà une précarité et des conditions de travail difficiles, aussi nous ne saurions accepter aucun recul social.
Tolérer le travail du dimanche, c’est préparer une société où celui-ci serait généralisé à tous et toutes, encore au détriment des travailleurs.
La forte mobilisation des salariés a payé. En effet, les supermarchés Langeadois resteront fermés les dimanches. Une négociation s’engage concernant la période estivale et les jours fériés.
Jean-Yves DERIGON – Alain TALON

 

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8 mars : un travail historique du syndicat CGT AXA et les journées intersyndicales femmes

Nous reproduisons un court extrait (en commençant par le sommaire)  de la volumineuse brochure que vient d’éditer le syndicat CGT d’AXA à l’occasion du 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes. En dessous, nous mettons le lien et le programme des Journées intersyndicales femmes qui ont lieu chaque année à l’initiative de CGT, FSU, Union syndicale Solidaires.

 

Lien pour accéder à la brochure complète : livret_cgt_axa_8_mars

LE 8 MARS
JOURNEE INTERNATIONALE POUR LES DROITS DES FEMMES
En cette journée du 8 mars 2015, la CGT AXA célèbre à sa manière la journée internationale pour les droits des femmes en retraçant le chemin parcouru et celui qu’il reste encore à parcourir, en rappelant pour mémoire les femmes qui ont oeuvré pour que dans leur quotidien, dans leur vie de femme, dans l’entreprise, en politique, elles soient reconnues à l’égal de l’homme. Le combat sera terminé lorsqu’il n’y aura plus besoin de loi ou d’accord d’entreprise pour appliquer la parité.
p2 : C’est quoi le 8 mars ?
p4 : Après la révolution Française : avancées et déceptions.
P6 : Les femmes et le droit politique.
P8 : Les femmes et la Commune de Paris.
P10 : Marie Guillot. De l’émancipation des femmes à celle du syndicalisme.
P12 : 1924, une lutte exemplaire.
P14 : Les femmes dans la résistance.
P18 : Il y a 40 ans, la dépénalisation du droit à l’avortement.
P22 : La cause des femmes dans le monde.
P24 : L’égalité professionnelle.
P28 : L’égalité professionnelle à AXA France.
Cela ressemble au Comité Exécutif d’AXA : 18 hommes…. 1 femme !!!!

 

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Le 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes.
L’origine de cette journée s’ancre dans les luttes ouvrières et les nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l’égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent l’Europe, au début du XXe siècle.
Le 17 août 1907 se tient la première conférence de l’Internationale socialiste des femmes à Stuttgart. Elle établit un secrétariat international sous la direction de Clara Zetkin. Cette conférence adopte une résolution sur le vote des femmes.
En 1908 les femmes socialistes américaines, regroupées au sein du Social Labour Party, mènent une campagne d’actions dans quatre Etats américains.
1909 : Conformément à une déclaration du Parti Socialiste américain, la première Journée nationale de la femme a été célébrée sur l’ensemble du territoire des États-Unis, le 28 février. Les femmes ont continué à célébrer cette journée le dernier dimanche de février jusqu’en 1913.
Réunie en 1910 à Copenhague, la Conférence Internationale des femmes socialistes décide d’instituer une journée des femmes afin de servir, notamment « à la propagande en faveur du vote des femmes », est alors adoptée une résolution proposant que « les femmes socialistes de tous les pays organisent une journée des femmes ».
Le 8 MARS… Quelques repères…
La propagande des femmes doit traiter de toutes ces questions qui sont d’une grande importance dans le mouvement prolétarien général. La tâche principale est vraiment de réveiller la conscience de classe des femmes et les inclure dans la lutte des classes.

Le 19 mars 1911, la première Journée internationale des femmes est célébrée pour revendiquer le droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations au travail. Plus d’un million de personnes manifeste en Europe.

 

 

Journées Intersyndicales Femmes

Lien pour le programme des journées : Pre_-ProgIntersFem2015

Lundi 25 et mardi 26 mars 2013
Publié le mardi  22 janvier 2013

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L’Intersyndicale femmes regroupe des militant-es de la CGT, de la FSU, et de l’Union syndicale Solidaires qui travaillent ensemble depuis 1998.
Leur but est d’organiser chaque année des journées intersyndicales de formation “femmes” sur deux jours qui rassemblent entre 300 et 400 participant-es venu-es de toute la France, et de secteurs divers.

 Pour pouvoir participer à ces journées vous pouvez demander un congé pour formation économique sociale et syndicale ; consultez l’article sur le congé de formation économique sociale et syndicale

Au programme :

  • Femmes et austérité en Europe
    avec Esther JEFFERS (économiste – ATTAC France), Magda ALVES (Marche mondiale des femmes – Portugal), Sia ANAGNOSTOPOULOU (professeure Université Panthéon Athènes)
  • Corps, images de soi, publicités sexistes
    avec Christine BARD (auteure, notamment, de « Ce que soulève la jupe : identités, transgressions, résistances » et « Une histoire politique du pantalon » ; professeure d’histoire contemporaine Université d’Angers), Chris VIENTIANE (auteure, avec Sophie Pietrucci et Aude Vincent, de « Contre les publicités sexistes »)
  • Stéréotypes et égalité professionnelle
    avec Caroline de HAAS (fondatrice de Osez le féminisme, conseillère de Najat Vallaud-Belkacem), Interventions de la CGT, FSU, Union syndicale Solidaires
  • Femmes face à l’extrême droite
    Documentaire : « Populisme au féminin » de Marco La Via, Hanna Ladoul, Matthieu Cabanes (réalisateurs de ce documentaire), Sylvain CREPON (sociologue, Université Paris-Ouest-Nanterre, auteur du livre « Enquêtes au cœur du nouveau Front national »)

Lundi 25 et mardi 26 mars 2013

À la Bourse du Travail de Paris – 85, rue Charlot – 75003 Paris
Mo République ou Filles du calvaire

 

 

Représentativité syndicale et loi de 2008 : on n’a pas fini d’en parler !

L’Institut de recherches économiques et sociales (IRES), dont il est assez souvent question sur ce blog,  est un organisme « au service des organisations syndicales représentatives des travailleurs » et « il a pour fonction de répondre aux besoins exprimés par les organisations syndicales représentatives dans le domaine de la recherche économique et sociale ».

Nous publions ci-dessous l’introduction, le sommaire et le lien d’accès d’un rapport de recherche menée sur l’influence de la loi du 20 août 2008 sur les relations professionnelles dans les entreprises et commandée par la CGT.

Il faut rappeler aussi, sur ce même thème, le travail coordonné par Sophie Béroud (maître de conférences de science politique à l’université Lumière Lyon-2)  et Karel Yon (CNRS-CERAPS, Université de Lille) pour la DARES, avec Marnix Dressen, Cécile Guillaume, Maïlys, Gantois, Donna Kesselman et Jean-Michel Denis, qui n’est étonnamment pas cité dans ce rapport de l’IRES. Deux rapports ont été publiés en 2011 et 2013 et sont librement téléchargeables ici et ici

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Cliquez pour avoir la totalité du texte : loi_2008_rapport-2

L’influence de la loi du 20 août 2008 sur les relations collectives de travail dans les entreprises- Enquête sociologique et analyse juridique

par Adelheid Hege (responsable scientifique), Aurianne Cothenet, Josépha Dirringer, Christian Dufour, Marcus Kahmann
septembre 2014

INTRODUCTION

La loi du 20 août 2008 « portant rénovation de la démocratie sociale » modifie en profondeur les règles d’accès à la représentativité syndicale. Son objectif est de consolider la légitimité du pouvoir de représentation exercé par les syndicats de salariés, tout particulièrement dans le cadre de la négociation collective. Dans les entreprises, la mobilisation électorale des salariés décide, pour chacune des organisations en lice, de la possibilité d’accéder, ou non, au statut d’acteur de la négociation collective comme à la qualité de syndicat autorisé à signer (ou à contester) des accords collectifs. De mauvaises performances électorales risquent d’écarter du jeu de la représentation collective qui cesse de garantir la pérennité institutionnelle antérieure. La « clarification » qu’apportent les nouvelles techniques de détermination de la voix légitime à exprimer les intérêts des salariés est mise en avant par les services du ministère du Travail : « La loi du 20 août 2008 a transformé en profondeur la représentativité syndicale en la fondant sur des critères rénovés, objectifs et appréciés périodiquement » (ministère du Travail, 2013 :194). Du côté des partisans comme des opposants de la réforme de la représentativité syndicale issue de la position commune Medef – CGPME – CFDT- CGT, des changements significatifs ont été anticipés en ce qui concerne la présence syndicale dans les entreprises, la conduite des négociations collectives, les modes d’organisation des échanges entre les acteurs.

Quels changements imputables à la loi de 2008 peut-on observer dans l’exercice de la représentation collective et dans les rapports collectifs du travail dans les entreprises ? La consécration électorale vient-elle conforter la légitimité représentative et négociatrice des équipes syndicales ? L’élimination des voix très minoritaires rend-elle plus fluide et plus percutant le dialogue social local ? Des mécanismes de validation plus transparents des acteurs syndicaux sont-ils en mesure de donner un nouveau souffle à la négociation collective ? Un double travail d’investigation mené dans le cadre de l’IRES pour l’Agence d’objectifs de la CGT devait fournir des éléments de réponse à ces questions.

Une enquête sociologique et une étude juridique ont été menées en parallèle entre 2012 et 2014 par deux équipes de chercheur(e)s. Il s’agissait de mieux comprendre les stratégies des acteurs dans les entreprises à un moment où la loi avait déjà produit des résultats : des premiers cycles électoraux avaient eu lieu sur les sites de travail et leur agrégation devait fonder, au cours de la recherche, la détermination de la représentativité des organisations sommitales.

Les deux études réunies dans ce rapport ont des objets différents ; elles se distinguent par le champ étudié comme par les exigences méthodologiques propres à chacune des deux disciplines. L’étude sociologique repose sur des enquêtes empiriques menées auprès d’acteurs syndicaux et d’employeurs dans des établissements de grande et de petite taille. L’étude juridique consiste dans l’analyse d’accords collectifs de droit syndical. Les panels étudiés, construits indépendamment et sans prétention de représentativité dans l’un et l’autre cas, sont d’ampleurs inégales : centré sur un petit nombre de groupes français ou internationaux dans le cas de l’étude juridique, plus étendu et construit pour approcher la diversité des configurations syndicales et des modes de gestion des relations sociales dans le travail sociologique. Le groupe est le niveau d’exploration dans la recherche juridique, l’établissement sert de porte d’entrée à l’analyse sociologique. Pour cette dernière, il s’est agi d’appréhender le jeu des acteurs dans un contexte de transformations multiples : quelle est l’empreinte de la loi de 2008 sur les relations entre représentants et salariés, et entre représentants et employeurs ? L’étude juridique s’est intéressée à la façon dont l’injonction législative oriente (ou non) la production normative dans les entreprises : comment les acteurs s’emparent-ils des dispositions de la loi ? Les deux rapports offrent ainsi deux éclairages distincts sur des problématiques spécifiques liées à la capacité transformatrice, potentielle ou réelle, de la loi.

Les deux études toutefois entrent aussi en résonance de sorte que, au-delà de la différence des objets, elles livrent un regard croisé sur les modes d’appropriation de la loi de 2008 par les acteurs dans les entreprises.

Par précaution méthodologique, les deux études cherchent à situer la période qui s’ouvre avec l’entrée en vigueur de la loi dans une perspective temporelle plus longue. L’étude juridique procède à la comparaison d’accords de droit syndical conclus, dans les mêmes entreprises, avant et après l’entrée en vigueur de la réforme. L’approche sociologique consiste à entendre syndicalistes et dirigeants d’entreprise dans l’objectif de recueillir les appréciations qu’ils font plus généralement des évolutions observées dans leur environnement, économique, social, institutionnel, syndical. Les chercheurs retournent dans des entreprises déjà visitées dans le cadre d’études dédiées à des champs connexes dans les années 1990 et/ou 2000 (un tiers du panel sociologique).

Les articulations à l’intérieur des systèmes de représentation dans les entreprises retiennent également l’attention des deux équipes. Elles sont susceptibles d’être affectées, au-delà de l’action de la loi, par la densification des agendas de négociation collective d’entreprise sous impulsion étatique. Comment se comparent les statuts et moyens dédiés aux représentants syndicaux centraux chargés des responsabilités de négociation, et le rôle dévolu, dans les accords de droit syndicaux, aux représentants « de base », dont l’élection sur les sites du travail décide de la représentativité syndicale ? Quel intérêt y est porté aux « autres » tâches représentatives incombant aux équipes syndicales (DP par exemple) qui échappent au champ de la négociation collective, pierre angulaire de la réforme de la représentativité syndicale ? D’un point de vue sociologique, il est crucial de comprendre où prend naissance le pouvoir représentatif. La contribution des salariés à la légitimation de leurs représentants s’épuise-t-elle dans l’acte du vote, souvent quadriennal ? La participation à la négociation (obligatoire) peut-elle être considérée comme l’élément organisateur du rôle représentatif qu’exercent les délégués à l’encontre de leurs mandants, et comme l’épicentre de leur pourvoir représentatif ?

Les deux études dessinent ainsi un champ de tensions, dans lequel se confrontent, d’une part, les légitimités locales et centrales de la représentation collective, les unes construites dans l’établissement, les autres instaurées au sommet de l’entreprise, et, d’autre part, les légitimités dérivant de tâches spécialisées (négociation collective) et celles produites dans l’exercice des rôles généralistes de la représentation syndicale (la « représentation au quotidien » ; Dufour, Hege, 2002). Cela soulève la question de l’autonomie que sont en mesure de faire valoir les collectifs syndicaux qui cherchent à déterminer eux-mêmes le centre de gravité de leur action, dans un contexte ou pouvoirs étatiques et patronaux se montrent activement investis dans l’écriture des agendas représentatifs. L’un des paradoxes de la réforme de la représentativité syndicale, et non le moindre, pourrait être que la légitimité représentative se décide dorénavant dans un espace (le site du travail) que la loi désigne (entre les lignes) comme étant le moins stratégique dans l’édifice de la représentation. Quelle sera dès lors la motivation des équipes syndicales locales à persévérer dans l’exercice et celle de leurs mandants à participer à la construction de la représentativité de leurs mandataires ?

Dans ce rapport, les deux études sont présentées successivement. Elles peuvent se lire indépendamment l’une de l’autre. Mais chacune contient des éléments de cadrage susceptibles d’éclairer l’approche opposée. Ensemble elles livrent une compréhension plus globale des évolutions du système de représentation collective des salariés. Dans sa première partie, l’étude sociologique met en perspective historique les mécanismes de reconnaissance de la représentativité dans un système dual français marqué par un interventionnisme étatique appuyé, et la transformation du statut qui y est reconnu au principe électif. L’étude juridique précise, en première partie, les transformations opérées avec le passage de la représentativité présumée à la représentativité prouvée et l’étendue des compétences reconnues aux acteurs d’entreprise pour négocier en matière de représentation des salariés et de droit syndical.

Les auteur(e)s de ce rapport tiennent à remercier les interlocuteurs qui leur ont ouvert l’accès aux sources conventionnelles et ceux/celles qui ont été prêt(e)s à leur consacrer du temps lors des visites d’entreprises. Ils remercient également les membres du comité de pilotage qui a accompagné la recherche et a permis, en cours de recherche, l’échange entre les deux équipes.

SOMMAIRE

Première partie Les pratiques des acteurs après la loi de2008 : résultats d’une enquête sociologique

Adelheid Hege (IRES), Christian Dufour (CRIMT), Marcus Kahmann (IRES)

I. Représentativité syndicale, quelle problématique ?
I.1. La loi de 2008, une balise dans un processus de transformation de long terme ?
I.1.1. La comparaison internationale et la représentativité syndicale en France
I.1.2. Un dualisme français mal reconnu, la permanence polymorphe de la voie électorale
I.1.3. De l’addition de voix locales à une représentativité nationale et de ses risques
I.1.4. Un système au caractère étatique renforcé, pour la promotion de la légitimité syndicale ?
I.2. Approche méthodologique de l’enquête de terrain
I.2.1. Les questions posées
I.2.2. Méthodologie
I.2.3. Le panel et ses caractéristiques

II. Quelles légitimités représentatives? Résultats de l’enquête empirique
II.1. Une loi qui produit des effets visibles
II.1.1. Les éliminations de syndicats
II.1.2. Des éliminations difficiles à accepter, même pour les délégués restants
II.1.3. La représentativité, avec ou sans quorum
II.1.4. Les moyens syndicaux revisités
II.2. Une loi peu visible dans les priorités des équipes
II.2.1. Une loi faite pour ailleurs et qui borne des pratiques anciennes
II.2.2. La négociation, objet contraint, objet dépassable (ou non)
II.2.3. Des pratiques évaluées plus globalement
II.3. La loi de 2008 et l’agenda des acteurs externes
II.3.1. Les syndicats territoriaux : soutien aux équipes et intermédiation institutionnelle
II.3.2. Les Direccte, promotion de la négociation obligatoire et du dialogue social
II.4. De l’autre côté de la loi, des interrogations sur la représentativité « réelle »
II.4.1. La reproduction incertaine des représentants
II.4.2. Les relations avec les syndicats sous le signe de l’autonomie et de l’incertitude
II.4.3. Les directions juges de la représentativité de terrain des équipes syndicales

III. Conclusion : des acteurs et des mandants
III.1. Les services décentralisés de l’Etat
III.1.1. Les sections : contrôle et promotion
III.1.2.Les niveaux régionaux plus centralisés : le dialogue social comme service d’Etat
III.2. Les employeurs et la loi : pour avis conforme
III.3. Les organisations syndicales
III.3.1. Les unions syndicales périphériques : le coeur de l’enjeu ?
III.3.2. Les délégués : leur reproduction – déjà menacée – n’est pas confortée par la loi
III.4. La construction de la relation syndicale et sa base

Deuxième partie L’influence de la loi du 20 août 2008 sur l’exercice du droit syndical d’entreprise : étude juridique empirique de quelques accords de droit syndical

Aurianne Cothenet, Josépha Dirringer, juristes en droit du travail

I. Introduction
I.1. Environnement juridique de l’étude
1.1.1. Principes du droit de la représentativité issus de la loi du 20 août 2008
I.1.2. La négociation collective en matière de droit syndical
I.2. Méthodologie : une étude juridique empirique

II. Modes d’influence de la loi de 2008 sur les pratiques conventionnelles en matière de droit syndical
II.1. Indifférence
II.2 Références
A. Evocations
B. Applications
1. Les conditions d’accès à la qualité de syndicats représentatifs
2. Les prérogatives reconnues aux organisations syndicales
3. Nouvelles conditions de validité des accords
II.3. Incidences
A. La sélection des organisations syndicales dans l’espace et dans le temps
1. La sélection des organisations sociales dans l’espace
2. La sélection des syndicats dans le temps
B. Vers une atténuation de la distinction entre syndicat représentatif/ non représentatif
II.4. Concomitances
A. Légitimation
1. La répartition égale par organisation syndicale représentative
2. La répartition en fonction du nombre d’élus
3. La répartition au prorata de l’audience
4. La répartition au regard de l’effectif et de la règle de concordance
B. Institutionnalisation
1. Le discours de promotion du dialogue social
2. La réalisation du dialogue social : les moyens mis à disposition du dialogue social
3. Du dialogue social à la contamination hiérarchique
C. Autoréglementation ?
1. Dialogue social et démocratie sociale au service de l’autoréglementation
2. La recherche d’articulations idoines

III. Conclusion
Annexe : Les accords étudiés

Cette recherche a été réalisée dans le cadre de la convention d’étude conclue pour l’année 2012 (projet nº2) entre l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES) « au service des organisations représentatives des travailleurs » et la Confédération générale du travail (CGT).

Situation post 7, 9, 11 janvier et travail syndical : un exemple à la ville de Paris

Les journées de janvier 2015 ont bousculé les réflexions sur le lien entre droits sociaux et droits démocratiques, discriminations et vivre ensemble, ville et quartiers populaires, citoyenneté et signification concrète de la République.  Le syndicalisme est un des acteurs qui doit réfléchir à la nouvelle situation.  Ci-dessous un tract-document de réflexion et d’interpellation du syndicat CGT des cadres et techniciens qui travaillent dans ce qui est nommé « service politique de la ville », c’est-à-dire le ou les services en liens directs avec les populations.

Cliquez : tractpovilleparis ou : http://www.us-cgt.spp.org

 

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Suite aux attentats,
Premiers échos de la CGT
« Service Politique de la ville »
Pour plus de services publics et plus de droits
dans les quartiers populaires parisiens !

Après les attentats, les premières mesures :

Suite aux terribles attentats des 7, 8 et 9 janvier à Paris, la CGT a participé à l’ensemble des manifestations spontanées qui ont eu lieu en l’hommage des victimes. Malheureusement, on constate dans la foulée de cet élan de solidarité, que se développe ici ou là des regards souvent suspicieux envers les « quartiers populaires », « les jeunes »..
Travaillant en tant qu’agents de la ville dans les quartiers populaires, la CGT service politique de la ville souhaite alerter sur les risques d’amalgame et d’une stigmatisation déjà à l’oeuvre. La CGT se bat avant tout contre tous les racismes et pour la lutte contre toutes les discriminations.
Les premières mesures gouvernementales sont majoritairement axées sur la «sécurité et la réduction des libertés », ou sur des actions dites de «prévention précoce de la radicalisation» et de défense de la laïcité sans définir les termes.
Dans un flash interne à la Ville, la Mairie de Paris, annonce qu’elle va développer des actions de citoyenneté, de « vivre ensemble » … Pourquoi pas, mais malheureusement jamais la ville de Paris ne
l’acte par des budgets supplémentaires. Ce sera donc des budgets en substitution à d’autres par ailleurs nécessaires. Idem pour le nouveau volet du contrat de ville intitulé : « Valeurs de la république et citoyenneté » qui vient tout juste d’être décidé par la Ministre !

Actions citoyennes oui, mais couplées à une citoyenneté économique et sociale !

Dans le contexte actuel, en tant que professionnels, nous nous posont de nombreuses questions :
Comment clamer des valeurs de citoyenneté alors que de nombreux habitants sont régulièrement discriminés et n’ont pas accès aux droits élémentaires à l’emploi, à la santé, à un parcours éducatif égalitaire, au vote ? Comment ne pas devenir schizophrène quand d’un côté les travailleurs sociaux et associations ont de moins en moins de solutions à proposer dans l’accès aux droits aux habitant-es et notamment aux jeunes filles et garçons des quartiers populaires, et de l’autre on leur demande « d’exiger des publics » avec lesquels ils travaillent de respecter les « valeurs de la France » ? La réalité vécue est tout autre que la citoyenneté clamée tout à coup et à grands fracas !
La meilleure façon de faire vivre le «vivre ensemble», ne serait-ce pas comme le propose la CGT, une meilleure répartition des richesses, des droits effectifs, l’égalité et la solidarité, la lutte contre tous les racismes ?
Pour nous, les actions de citoyenneté réussiront d’autant mieux que des évolutions concrètes dans l’accès à la citoyenneté économique et sociale se réaliseront sans attendre.

Décryptage des propositions d’HIDALGO sur les quartiers populaires :

Dans ses voeux du 21 Janvier, Madame Anne Hidalgo a notamment exprimé :
1. Un appel au «volontariat des adultes». Elle entend ouvrir le samedi matin «les écoles, les collèges et les centres d’animation, notamment dans les quartiers populaires» pour que des bénévoles puissent offrir du soutien scolaire à des enfants ou pour que se tiennent des «forums citoyens » organisés par des associations.
Mais comment compte-elle faire alors que les associations sont au bord du gouffre ? Pour rappel, les pouvoirs publics imposent un plan d’austérité aux associations : selon le collectif des associations citoyennes, c’est 1,5 MDS de restrictions budgétaires en 2015 jusqu’à 13,5 en 2017 soit des disparitions d’associations et un vaste plan social (264 900 emplois menacés en 4 ans) !

2. Elle a également décrété une « mobilisation sans précédent » pour que les « entreprises, les artisans, les associations » aident les jeunes des familles les «plus précaires » à trouver un stage ou un emploi.
Mais comment compte-t-elle faire alors que les budgets de l’Etat vers l’action sociale se réduisent – application de la loi Maptam et du pacte de responsabilité ( soit 11 milliards d’économies dans les collectivités territoriales)- et que la ville de Paris mutualise des services en réduisant ainsi l’accès à un service public de proximité ? Dans son budget 2015, Madame la Maire propose un plan de refonte des dispositifs (Maison Des entreprises et de l’emploi, le PLIE, la Maison de l’Emploi de Paris, Mission Locale, Ecole de la 2ème chance..) intégrant des mesures innovantes (guichet unique de l’emploi)… !

3. Enfin, Madame la Maire souligne qu’elle investit dans les quartiers de manière prioritaire :
Mais comment compte-t-elle faire alors que la délégation chargée d’animer une politique locale sur les quartiers populaires (DPVI) a disparu ? Elle est devenue un simple bureau « mission politique de la ville » dans la direction de la démocratie des citoyens et des territoires. Elle est en souseffectif chronique, sans compter des postes vacants sur des durées allant jusqu’à 15 mois !
« Cerise sur le gâteau », depuis 3 mois, les Non titulaires en CDD de 3 ans, se voient raccourcir à 2n ans le renouvellement de leur CDD ! Les collègues en contrats aidés – sans lesquels le service ne pourrait pas fonctionner – ne sont pas remplacés dans les services administratifs et accueil ! Surcharge de travail, développement des risques psychosociaux, empechement du travail bien fait, sont autant de signes de souffrance au travail qui restent toujours sans réponse. Le service Politique de la ville est en train d’être démantelé silencieusement ! Quant aux rumeurs concernant une « mutualisation de locaux » engendrant notamment l’abandon du site 6, rue du département, elles se développent sans démenti.
Sans compter que les budgets sont les mêmes alors que les territoires s’agrandissent ! Il y aura donc davantage d’habitants concernés par la Politique de la ville en 2015 et des associations fragilisées ! Car quoi qu’en dise la ville qui est fière d’avoir « sanctuarisée» les financements sur les quartiers à Paris, il n’y aura pas d’effort supplémentaire pour les habitants des anciens et des nouveaux quartiers
populaires.
Alors que la crise s’aggrave, le contrat de ville présenté au conseil de Paris de Mars ne sera pas, une nouvelle fois à la hauteur des besoins. Quant à nous dire qu’il y aura un effort sans précédent du droit
commun de la ville de Paris ou de l‘Etat, comment le croire étant donné que le droit commun a toujours été une « illusion d’optique » de la Politique de la Ville et qu’aujourd’hui le droit commun est rabougri ? Comment par exemple, demander plus à la DASES alors que ses services réduisent leurs moyens ?

Est-ce avec ces injonctions paradoxales dans le travail quotidien que l’on arrivera à porter des services publics de qualité dans les quartiers populaires ?

On pourrait continuer à lister les incohérences actuelles comme :
Alors que les inégalités scolaires ne cessent de progresser, la géographie prioritaire est loin de prendre en compte tous les besoins des enfants des écoles ! …
Alors que l’on parle de l’accès au droit égalitaire, de sérieuses inquiétudes pèsent sur l’arrêt du subventionnement par l’Etat d’ici 1 an de l’apprentissage du français pour les immigrés de plus de 5 ans, y compris dans les ateliers socio linguistiques !
Alors qu’on déclare sans cesse la jeunesse comme une priorité, le CIDJ de Paris vit un plan social. La CGT a pourtant porté des propositions pour un meilleur service d’information auprès du ministère de la Ville, de la ville de Paris et de la région Île-de-France ! Aucune réponse positive à ce jour (signez la pétition en ligne : http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/liste_sign.php?id=901) !

Est-ce avec ce double langage que l’on pourra reconstruire de l’espoir ?

Une mobilisation sans précédent dans les quartiers populaires ?Chiche !

Le milieu associatif/les travailleurs sociaux/les agents de la ville alertent depuis longtemps sur le manque de moyens pour réellement combattre les inégalités. Ils ne sont pas entendus et subissent des coupes budgétaires, des réductions de subventions. N’est-ce pas le moment pour réinvestir dans le social ?

Le gouvernement compte-t-il alors stopper son pacte de responsabilité et ses baisses rapides des dépenses publiques programmées ? Et la Ville de Paris, compte-t-elle geler son plan d’austérité qui impactera nécessairement les services public de proximité notamment ?
Pour la CGT, la première réponse serait de stopper ces politiques d’austérité.

NOS PREMIERES PROPOSITIONS

Tout en veillant à ne pas alimenter la stigmatisation des quartiers et de la politique de la ville alors que les problèmes sont les résultats de politiques globales et d’une absence de perspective en matière d’emploi, de logement, d’égalité, la CGT demande des moyens à la hauteur des besoins, dans les quartiers populaires pour :
-­‐ Les jeunesses, l’éducation populaire,
-­‐ D’autres emplois utiles socialement et stables pour lutter contre le chômage et la précarité
-­‐ Une lutte exemplaire contre les discriminations, une égalité de traitement contre tous les racismes et la prise en compte des réalités multiples de toutes les religions ou de l’athéisme de manière égalitaire
-­‐ Un accès efficient aux droits, avec un service public renforcé et de proximité, des services forts et réellement ambitieux, en commençant par des perspectives et de l’emploi dans les services Politique de la ville, Sociaux et Jeunesse …de la ville de Paris !
-­‐ Des conditions de travail sécurisantes et de qualité, la reconnaissance du travail des agents au contact d’une population en difficulté, notamment pour les services qui ont en charge des quartiers « politique de la ville » sur leur périmètre d’intervention.
-­‐ Une participation des habitant-es effective.

Et maintenant ?

Madame Colombe Brossel, élue en charge de la Politique de la ville a reçu de nombreuses associations suite aux événements tragiques de ce début d’année.
La CGT est disponible pour la rencontrer ou Madame Hidalgo afin de lui faire part de ses analyses et de ses propositions concrètes.
La CGT vous informera des suites et vous invite à la rejoindre pour porter d’autres services publics et des emplois, maintenant !
Pour nous contacter: SYNDICAT-­‐CGT-­‐Cadres@paris.fr

Première interview de Philippe Martinez : idées nouvelles, nouvelle CGT ?

Dans l’interview qu’il donne à l’Humanité le 6 février 2015, le nouveau secrétaire général de la CGT revient bien sûr sur la crise récente de la direction CGT. Mais il veut surtout montrer que l’heure est à l’action et il propose deux idées qui peuvent trancher, si elles sont suivies d’effet, avec la routine : le retour de la réduction du temps de travail comme moyen de lutte contre le chômage, et une ouverture unitaire pour une action interprofessionnelle prochaine.

Philippe Martinez : « La priorité est d’aller voir les salariés, les syndiqués »

Entretien réalisé par Sébastien Crépel, Kareen Janselme et Clotilde Mathieu
Vendredi, 6 Février, 2015
L’Humanité
Élu mardi secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez explique, dans son premier entretien à la presse écrite, 
comment il entend permettre au syndicat de dépasser la crise qu’il a traversée en donnant la priorité à l’action sur le terrain.

François Hollande a annoncé jeudi qu’il entend « aller plus loin encore » dans la même politique après le pacte de responsabilité et la loi Macron, deux réformes que vous combattez. Pourtant, les mobilisations peinent à s’imposer. Le moment est-il propice pour réussir la journée d’action interprofessionnelle que vous souhaitez organiser ?

Philippe Martinez Manuel Valls avait donné le ton des intentions du gouvernement lors de son voyage en Chine, où il a vanté les mérites de la France tels qu’il les voit : affaiblissement du Code du travail, facilité de licenciement, etc. Il n’est donc pas surprenant que Hollande ait confirmé que son cap ne changerait pas. Mais peut-être est-il mal informé ou pas assez à l’écoute, car le climat social a évolué ces derniers mois, et notre proposition d’une journée de mobilisation tient compte de ce fait. De nombreuses luttes se développent sur les salaires, comme chez Thales, où toutes les organisations syndicales seront mobilisées, mardi prochain, ou encore chez les routiers. Les manifestations des cheminots et dans l’énergie témoignent aussi de ce frémissement. À partir de ce constat, nous estimons qu’il y a besoin de convergences public-privé, mais aussi entre organisations syndicales contre les politiques d’austérité du gouvernement. Notre campagne sur le coût du capital a aussi contribué à lever le doute dans l’esprit des salariés sur le fait que l’argent existe pour augmenter les salaires. Au niveau national, la confédération propose des initiatives qui permettent à tous ceux qui se battent dans leur entreprise de se retrouver.

Le gouvernement a aussi annoncé sa volonté de légiférer après l’échec de la négociation sur le dialogue social…

Philippe Martinez C’est la première fois depuis que François Hollande est président qu’aucun syndicat ne signe d’accord au bout d’une négociation. À cette occasion, deux problèmes ont été soulevés dans toutes les organisations syndicales : le premier concerne la forme des négociations. Aujourd’hui, c’est le patronat qui impose son timing et dirige de A à Z le rythme des négociations qui ont même lieu dans leurs locaux. Et c’est toujours le patronat qui propose un texte. Si l’on faisait l’inverse, peut-être que ce serait le Medef, et non les syndicats que l’on classerait dans le camp des contestataires ! Le second problème portait sur le fond des propositions : la création de conseils d’entreprises acterait la réduction du nombre d’élus du personnel, mais aussi des moyens des salariés de se défendre et de proposer des alternatives face aux restructurations. En France comme dans de nombreux pays d’Europe, la représentation syndicale assume le pouvoir de négociation. Le gouvernement a dit qu’il voulait légiférer, mais nous pensons qu’il ne peut pas faire une loi sur la base d’une négociation qui a échoué. Il faut qu’il entende nos propositions.

Vous avez évoqué la revendication de la CGT d’une nouvelle réduction du temps de travail. Ne craignez-vous pas d’apparaître à contre-courant du discours dominant ?

Philippe Martinez Si c’est le cas, nous en sommes fiers ! Partout en Europe, les syndicats posent la question d’une réduction massive du temps de travail. C’est un passage obligé pour que ceux qui ont un travail aient plus de temps pour vivre et pour que ceux qui n’en ont pas puissent trouver un emploi.

Vous insistez beaucoup sur l’importance de l’unité syndicale pour faire face au patronat et inverser le rapport de forces. Est-elle possible ?

Philippe Martinez On peut choisir de mettre en avant tout ce qui nous oppose : on est alors sûr de ne pas parvenir à des actions communes. Mais on peut aussi s’inspirer de ce qui se fait dans les entreprises où, malgré les désaccords et les tensions, des actions communes se mènent. Chez les routiers par exemple, ils ne sont pas entrés dans l’action tous ensemble, mais aujourd’hui tous les syndicats s’y retrouvent pour faire avancer dans le bon sens les négociations. Rien n’est impossible si on écoute les salariés. Ils connaissent nos désaccords, on met plus souvent ce qui nous oppose en avant que ce qui pourrait nous rassembler. Nous voulons œuvrer à des convergences. Le congrès de FO propose une journée d’action, nous aussi, nous allons leur proposer d’en discuter, tout comme nous allons faire la même démarche auprès de la CFDT.

N’avez-vous pas peur de ne pas être compris de vos syndiqués, au vu de la nature des accords signés avec le patronat par la CFDT ?

Philippe Martinez Cette question fait débat dans la CGT, je ne le nie pas. Quand un accord est signé par un syndicat parfois contre l’avis même des salariés, forcément cela pose problème. Je comprends ce mécontentement, je l’ai moi-même partagé à l’occasion d’accords chez Renault. Cela doit-il empêcher toute convergence à l’avenir, quand les salariés hésitent à se mobiliser, et nous demandent de nous mettre d’accord ? Choisir de ne pas discuter par principe ou par posture est à mon avis une erreur.

La crise qui a explosé il y a trois mois au sein de la CGT a soulevé de nombreux débats chez les syndiqués : démocratie interne, redéfinition du rôle des instances de la CGT, création de règles de vie transparentes et homogénéisées, perte d’efficacité syndicale, rapport au politique… Comment ces questions ont-elles été abordées lors du comité confédéral national (CCN) de mercredi ?

Philippe Martinez À partir de faits réels, la presse a parfois amplifié l’ampleur des dysfonctionnements constatés. Mais en effet, des choses anormales ont été faites, comme les factures des travaux dans un appartement qui ne nous appartient pas. Cela remet en cause des valeurs essentielles de la CGT, celles de milliers de militants qui, tous les jours, mouillent la chemise, sont discriminés, sont réprimés, sont bénévoles parce que les heures de mandats syndicaux ne sont pas élastiques. Cet engagement militant a été percuté par ces révélations. Nous avons besoin de faire la clarté, en essayant malgré l’impatience, de trouver la vérité. Même si, lorsqu’on a comparé ce qui s’est passé à la CGT avec certains salaires de patrons ou avec les parachutes dorés, c’est plus qu’excessif, c’est même à la limite de la déontologie pour les journalistes. Le lendemain des révélations dans le Canard enchaîné, j’ai passé sept heures chez Airbus à Toulouse. Les camarades étaient contents de me voir. Cela s’est bien passé. Nous avons pris des mesures pour obtenir de la transparence, des règles de vie, pour créer des processus de décision plus élargis. Le boulot est en cours, il est difficile. Car il n’y a pas que la confédération qui doit changer ses pratiques, il y a aussi les fédérations, sans toutefois tout uniformiser.

Qu’en est-il sur les autres points ?

Philippe Martinez Un premier bilan sur la mise en œuvre des résolutions de congrès a été dressé. Sur notre conception du syndicalisme, sur la conception des luttes, sur le syndicalisme rassemblé, nous sommes allés loin dans la discussion, plus loin que sur l’indépendance vis-à-vis du politique. Je vais prendre l’exemple de la Grèce. Pour la première fois depuis de nombreuses années, il y a un parti qui arrive au pouvoir pour rompre avec l’austérité et conduire une tout autre politique. Évidemment, nous regardons cela avec attention, mais il ne faut pas faire des raccourcis entre les situations politiques de la Grèce, de l’Espagne et de la France. Syriza, Podemos et le Front de gauche, ce n’est pas la même chose. Et ce qui marque le syndicalisme européen, c’est son manque d’indépendance vis-à-vis du politique. En Grèce, un syndicat a failli s’écrouler avec le Pasok. Tandis que l’autre organisation syndicale est très liée au Parti communiste grec (KKE). C’est donc plus compliqué qu’il n’y paraît. La CGT doit échanger avec les partis politiques, sauf un (le Front national – NDLR). Des partis avec lesquels nous pouvons nous retrouver, mais il ne faut pas que ce soit l’œuvre de quelques-uns ou de petits groupes. Au sein de la CGT, il y a des syndicalistes engagés politiquement – d’ailleurs de moins en moins, comme dans la société – et d’autres qui sont engagés dans les mouvements citoyens et associatifs, mais la majorité n’est engagée nulle part ailleurs. Personne ne doit décider à leur place. Ce n’est donc pas un sujet tabou, mais il faut en discuter et se mettre d’accord au sein de la CGT.

Comment comptez-vous associer les syndiqués à la préparation du prochain congrès de 2016 ?

Philippe Martinez Nous avons choisi une préparation extraordinaire du congrès, plutôt qu’un congrès extraordinaire. La première chose est d’aller voir les salariés, les syndiqués, pour savoir ce qui marche et ne marche pas dans le syndicat. Nous avons proposé qu’il y ait au moins 2 000 rencontres avec des syndicats qui correspondent à leur diversité dans la CGT. On veut rééquilibrer le temps passé avec les patrons ou les ministres avec celui passé auprès des syndiqués. Chaque fois qu’on va dans un syndicat, on se fait engueuler les cinq premières minutes et ensuite, on reste trois heures. Et les copains nous demandent de revenir ! Puis, ils veulent que nous visitions leur boîte : nous avons besoin de dirigeants qui aillent vérifier dans les boîtes comment se passe le travail. Je me battrai pour le faire. Certains disent que 2 000 visites, ce n’est pas assez. Mais ça changera déjà nos habitudes ! Et si on peut en faire 5 000, on en fera 5 000. J’ai déjà pris des rendez-vous. J’ai une petite expérience et en plus, j’aime ça !

Chaque nouveau secrétaire général parle de lancer une campagne de syndicalisation. Comment rendre la vôtre fructueuse et faire en sorte que la CGT soit à l’image du salariat d’aujourd’hui ?

Philippe Martinez Il faut faire un état des lieux très précis de l’implantation de la CGT, et de là où sont les salariés. Si on veut être efficace, il faut savoir où aller et à qui s’adresser. Après, il faut être partout. Il y a des déserts syndicaux connus : les privés d’emploi, les précaires et par principe toutes les nouvelles formes de salariat. Les boîtes d’intérim sont présentes dans les entreprises. Même si elles sont situées dans l’atelier ou dans les services, on passe devant et on ne s’y arrête pas. Il faut se déplacer dans les déserts syndicaux et dans les « petites oasis », ces entreprises où il n’y a que 100 syndiqués pour 15 000 salariés… Ça demande du volontarisme. On veut organiser une grande campagne de syndicalisation pour que tout le monde travaille en même temps et pour dire aux salariés qu’on a besoin de syndiqués. C’est vital. Ce n’est peut-être pas la première préoccupation pour d’autres. Ça dépend du type de syndicalisme que l’on porte. On peut avoir des syndicats sans adhérent. Ce n’est pas notre conception. Pour nous, le nombre de syndiqués est le garant de la démocratie interne et de notre représentativité.

Avec une composition du bureau confédéral comportant une surreprésentation du secteur public (8 membres sur 10), ne vous exposez-vous pas aux critiques ?

Philippe Martinez Ça ne me dérange pas de m’exposer ! Mais on prend la question sous le mauvais angle. Si on fait un état des lieux du salariat, ne trouve-t-on pas des milliers de salariés du privé dans une entreprise publique comme la SNCF ? EDF, qui est une entreprise publique et nous espérons bien qu’elle va le rester, ne fait-elle pas travailler des milliers de salariés du privé ? Quel est le statut des salariés d’Orange ? Public, privé ? On ne peut plus raisonner comme cela. Au bureau confédéral, chacun n’est pas rangé dans une case. Le bureau doit s’occuper de la CGT et de ce qu’elle veut faire à partir des réalités de tous.

Vous avez déclaré que le bureau confédéral allait impulser et proposer, sans avoir des membres spécialisés sur des dossiers. Est-ce un signe que le rôle de la confédération va changer ?

Philippe Martinez Ça ne fait que deux ans que je suis membre de la Commission exécutive confédérale. Et depuis, j’entends parler de dysfonctionnements. Soit on refait la même chose, soit on réfléchit, on écoute, et on se demande pourquoi ça ne marche pas. Quand on est accaparé par les dossiers, la notion d’organisation est moins visible et la notion d’équipe ne l’est plus du tout. Il faut une notion d’équipe, c’est important. On a toujours beaucoup demandé à la confédération. Il le faut, non seulement pour organiser une journée interprofessionnelle, mais aussi sur tous les sujets. Et en même temps, il faut donner à la confédération les moyens de les traiter. Il faut aussi moins d’étanchéité entre les organisations. Et s’adapter aux réalités de terrain. Que la confédération propose sans imposer et mette tout cela en musique.

Marianne et les cinq défis du syndicalisme

Article paru dans Marianne. 

Réinventer le syndicalisme, et vite…: cinq défis à relever.
Ouvrage coordonné par Jean- Claude Branchereau et Patrick Brody, Syllepse, 140 p., 10 €.

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Comment relever le déf du syndicalisme au XXIe siècle ? L’affaiblissement et la crise de confiance que traversent les organisations syndicales donnent une idée de l’enjeu. Un vaste chantier auquel des militants de la CGT, de la FSU, de l’Unsa, de la CFDT et de la CFTC, qui se présentent comme « radicaux et réformistes », se sont attaqués dans un ouvrage collectif. En commençant par établir la liste des erreurs et des renoncements. En privilégiant aussi la proximité avec les institutions – patronat et pouvoirs politiques –, les centrales syndicales ont délibérément mis de la distance avec les salariés qu’elles prétendent défendre.
Elles ont produit « des militant(e) s indéboulonnables qui gardent le même mandat pendant des années sous prétexte qu’il n’y a personne pour les remplacer ». Et elles sont passées à côté des mutations du monde du travail en en désertant des pans entiers : ouvriers et employés des PME et des TPE, travailleurs précaires ou sans papiers. Sans oublier, les divisions, les dispersions : « Aujourd’hui, explique Gérard Aschieri, ex-secrétaire général de la FSU, le spectacle qu’offre le mouvement syndical est celui d’un éclatement illisible, qui donne le sentiment d’un spectaculaire retour en arrière. » A cela s’ajoute une perte de confiance généralisée dans l’efficacité collective. La confiance s’est délitée. Comment vaincre le sentiment d’impuissance qui s’est emparé de l’opinion, et renouer avec un syndicalisme de masse menacé d’assèchement ? Si les auteurs ne donnent pas de solutions clés en mains, ils ouvrent des pistes de réflexion : « démocratiser les pratiques » par la consultation permanente des salariés ; privilégier l’unité ; « ouvrir grand les portes et
les fenêtres aux jeunes » ; développer « un syndicalisme d’adhérents ».
Mais aussi « réinventer des liens entre syndicalisme et politique » ; lutter « syndicalement » contre une extrême droite qui progresse dans le monde salarial… Faute de quoi, mettent-ils en garde, le syndicalisme risque de devenir « au mieux un corps intermédiaire de médiation sociale qui accompagne les décisions prises “en haut”, au pis un conglomérat d’appareils ne touchant pas l’ensemble du salariat ». ■
par Perrine Cherchève

Fonction publique territoriale : l’analyse des élections vue par la CGT

Nous remercions Baptiste Talbot, secrétaire général de la Fédération CGT des services publics (collectivités territoriales), la plus grosse fédération de la CGT, de nous communiquer l’analyse très détaillée des résultats électoraux des élections de décembre 2014 sur le secteur.

Nous publions aussi, dans la suite, l’analyse faite par Solidaires Fonction publique, sur les résultats des « trois versants » de la Fonction publique : Etat, territoriales, santé, ainsi que le communiqué de la FSU.

 

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Comité national fédéral des 27 et 28 janvier 2015
Rapport introductif au débat sur les élections professionnelles 2014
Baptiste Talbot

Mes cher-e-s camarades,
Nous sortons d’une campagne électorale qui nous a fortement mobilisés ces derniers mois et nous connaissons donc maintenant les résultats définitifs.
En premier lieu, je tiens, au nom de la direction fédérale, à saluer une nouvelle fois le travail réalisé par nos camarades, à tous les niveaux, pour construire le vote CGT et permettre à notre organisation, dans un contexte difficile, de rester la première organisation syndicale dans la Fonction publique territoriale.
Deux réalités coexistent : d’une part, le caractère massif du vote CGT dans la Fonction publique et notamment dans son versant territorial ; d’autre part, le recul sensible de notre organisation, davantage marqué dans notre versant. C’est autour de ces deux réalités qu’il me semble nécessaire que nous réfléchissions ensemble.
Première réalité donc : la force du vote CGT, un vote de masse
Certes, notre organisation recule de manière sensible, mais elle reste de loin la première organisation syndicale de la Fonction publique avec 23% des voix et 604 624 suffrages, devant la CFDT (19% et 504 804 voix) et FO (18% et 486 857 voix), l’UNSA (10,4% ; +1,1 point), la FSU (7,9% ; -0,3 point) et Solidaires (6,8% ; +0,3 point). La CFTC et la CGC recueillent respectivement 3,3% et 2,9% des voix.
Dans la Fonction publique de l’État, FO totalise 17% (+0,4 point), la FSU 15,6% (-0,3 point), l’UNSA 14,8% (+0,8 point), la CFDT 14% (-0,6 point) et la CGT 13,4% (-2,4 point). Solidaires et la CGC obtiennent respectivement 9% et 5,5% des voix.
Dans la Fonction publique hospitalière, la CGT obtient 31,7% des voix (-1,9 point), la CFDT 25% (+0,6) et FO 23,8% (+1). Solidaires perd 0,4 point à 8,5% et l’UNSA gagne 0,7 point à 5,0%.
Cette réalité de la force du vote CGT est encore plus marquée dans notre versant : la CGT recueille 29,53% des voix, la CFDT 22,33%, FO 17,71%. Avec 291 624 voix, les voix CGT dans la FPT représentent 48% du total des voix CGT dans la Fonction publique. Ils représentent par ailleurs 11% du total des voix recueillies par les organisations syndicales de la Fonction publique : la CGT dans la FPT est l’organisation syndicale qui dans son versant recueille le plus de suffrages dans l’ensemble de la Fonction publique (devant la CFDT dans la FPT avec 220 777 voix et FO dans la FPE avec 189 883 voix).
Encore une fois, rappelons que ces résultats ne sont pas tombés du ciel : ils sont le fruit du travail de nos syndicats, de nos militants, de nos syndiqués. Ils concrétisent le fait que malgré notre recul, la CGT reste de loin l’organisation syndicale de référence dans la FPT.
J’en viens maintenant à un examen plus précis des résultats qui va nous amener à la question de l’évolution de notre score.

Quelques éléments en premier lieu sur la participation et l’évolution du nombre d’inscrits
Le nombre d’inscrits a augmenté de 251 633 (+ 15%) et le nombre de votants de 61 629 (+6%).
La participation a été de 54,9%, en recul de 4,7 points. C’est dans la FPT que la participation reste la plus forte mais c’est aussi dans la FPT qu’elle recule le plus, situation particulièrement préoccupante qui renvoie à d’importantes questions quant à la citoyenneté dans notre pays et à la démocratie sur les lieux de travail.
A noter que dans tous les départements d’Ile-de-France, la participation est inférieure à 50%.
Le développement du vote par correspondance a fortement contribué au recul de la participation. Un seul exemple, celui de la Petite Couronne, où l’on votait à l’urne en CAP en 2008 et où l’on est donc passé au vote par correspondance :
-en 2008, en catégorie B, la participation était de 48%. Elle passe à 35%. Le vote CGT passe lui de 41% à 34%.
-en catégorie C, la participation passe de 48 à 24% et le score CGT de 47 à 41%.
-alors que le nombre de votants recule de 18 446 voix dont 16 826 en catégorie C, la CGT recule de 10 006 voix dont 8 823 en catégorie C.
Ces exemples démontrent le lien très fort entre mode de scrutin et niveau de participation. Ils confirment la justesse de notre bataille pour le vote à l’urne qui demeure le meilleur mode de scrutin, singulièrement dans la FPT. Rappelons qu’en mars 2014, à propos du projet du centre de gestion de la Petite Couronne de passer au vote par correspondance au motif d’économies budgétaires, la Fédération avait écrit à la Fédération nationale des centres de gestion que « le recours au seul vote par correspondance entraînera mécaniquement une forte baisse de la participation ». Une fois encore, la CGT n’a pas été écoutée et l’on mesure les dégâts commis.
Ces chiffres disent aussi la forte corrélation entre le niveau du vote CGT et la participation. Lorsque celle-ci baisse, c’est bien d’abord la CGT qui en pâtit avant tout.
Le vote blanc (4,8%) doit quant à lui nous interpeller sur le degré de reconnaissance des syndicats parmi les agents : pour un certain nombre, ils continuent d’accorder de l’importance à la démocratie sur le lieu de travail mais ne se reconnaissent plus dans les organisations syndicales.

Sur le niveau du vote CGT dans la FPT pour les comités techniques, un rappel historique :
1989 : 33,1%
1995 : 31,7%
2001 : 31,23%
2008 : 32,8%
S’agissant de 2014, nous sommes à 29,5%, soit un recul de 3,4 points par rapport à 2008. Nous avons recueilli les voix de 291 964 de nos collègues, soit 12 750 de moins qu’en 2014 (-4%).
Nous sommes en progression dans 25 départements et donc en recul dans les 70 autres.
A noter, en Lorraine et en Midi-Pyrénées, la majorité des départements sont en progression.
Alors qu’elle dépassait les 50% en CTP dans quatre départements en 2001 et dans 8 en 2008, la CGT est désormais le syndicat majoritaire dans seulement 4 départements (Ariège, Gers, Lot-et-Garonne, Haute-Loire). L’Ariège conserve d’une courte tête la palme du meilleur score national avec 56,94%, juste devant la Haute-Loire (56,77%).
Nous reculons de plus de cinq points dans 27 départements, dont 4 où nous reculons de plus de 10 points.
Un regard est indispensable sur le lien entre syndicalisation et résultats électoraux.
Notre nombre de syndiqués a augmenté de 8% depuis 2008, soit un rythme sensiblement inférieur à celui de l’évolution du nombre d’inscrits (+15%) mais supérieur à celui du nombre de votants (+6%).
Cela dit, un fait doit être relevé : en 2008, notre nombre de syndiqués sous-estimait la réalité de l’implantation CGT dans la FPT puisque des milliers d’agents de la FPT étaient alors encore syndiqués à l’UNSGPEN et à la FD de l’Equipement. Certains comme vous le savez sont toujours organisés au sein du SNPTRI.
Tous les départements dans lesquels nous progressons depuis 2008 sont des départements où nous avons augmenté notre nombre de syndiqués.
A l’inverse, et cela est parfaitement logique, nous reculons en audience électorale dans les 14 départements où nous avons moins de syndiqués en 2014 que nous n’en avions en 2008. La bataille de la syndicalisation n’est pas la seule réponse mais elle est une des réponses clés puisqu’elle est une des conditions de l’extension de notre influence dans les collectivités.
La CGT était première organisation dans 38 départements en 2001. Elle arrivait en tête dans 58 en 2008. Nous sommes premiers dans 52 départements en 2014. Malgré notre recul sensible et un score inférieur à celui de 2001, nous sommes donc premiers dans un nombre de départements supérieurs à celui de 2001 : cela confirme l’impact des nouvelles règles quant aux conditions de dépôt des listes, règles conduisant à la dispersion accrue du syndicalisme dans la FPT.
Concernant les villes gérées par l’extrême droite, 13 ont leur propre comité technique. La CGT a présenté une liste dans 10 de ces villes et réalise des scores encourageants : 21% au Pontet, 23% au Luc et à Béziers, 27% à Hénin-Beaumont, 31% à Cogolin, 33% à Villers-Cotterêts, 44% à Orange, 50% à Hayange, 69% à Beaucaire, 100% à Mantes-la-Ville. La CGT progresse de 3 points à Hayange, 8 points à Béziers, 17 points à Hénin-Beaumont et 26 points à Mantes-la-Ville.
Sur la totalité des 13 villes, la moyenne du score CGT est de 28,5%, 1 point en-dessous donc de notre moyenne nationale. A noter dans ces villes, une présence FO beaucoup plus forte (29%) qu’au niveau national (17%) ainsi qu’une surreprésentation du SAFPT (11% contre 1% au niveau national).
Deux autres résultats doivent retenir notre attention. A Amnéville, où la CGT avait été empêchée de se présenter par le maire de l’époque Jean Kiffer, la liste CGT réalise un score de 63% et engrange ainsi les fruits de la lutte menée ces dernières années. A Nilvange, où le syndicat CGT a été désaffilié en 2011 suite à l’affaire Engelmann, la CGT a pu présenter une liste et recueille 100% des voix, comme en 2008.
Les résultats en CAP sont à examiner de près.
Notons d’abord que la participation, 53,9%, est inférieure d’un point à celle des comités techniques. En 2008, c’était l’exact inverse (60% en CAP et 59% en CTP). Déjà important en comité technique, le recul de la participation est donc supérieur en CAP. La participation est plus forte en A (60%) et en B (57%) qu’en C (52%). Alors que le nombre d’inscrits a augmenté de plus de 130 000, le nombre d’exprimés baisse de 15 000. Cette réalité très préoccupante traduit le malaise grandissant des fonctionnaires territoriaux et questionne fortement leur lien aux organismes paritaires et à la Fonction publique de carrière. Le développement du vote par correspondance a également lourdement pesé dans cette évolution.
La CGT est la première organisation en CAP (28,8%) suivie de la CFDT (20,8%) et de FO (18,5%). Nous reculons de 4 points par rapport à 2008 (32,8%). Nous régressons donc davantage en CAP qu’en CT. Cela se retrouve sur l’évolution du nombre de voix : nous perdons deux fois plus de voix en CAP qu’en CT (33 000 voix en moins, contre 12 000 en CT).
Nous arrivons à 31,8% en C, 23,4% en B et 14,8% en A. Nous sommes premiers en C et deuxième en A et B, derrière la CFDT.
Parce que nous ne disposons pas de résultats officiels par catégorie pour 2008, les comparaisons sont difficiles. A partir des données partielles collectées par la Fédération en 2008, nous pouvons néanmoins estimer le recul à environ 3 points en A et B et à 5 points en C. Là encore, puisque la baisse de la participation est plus marquée en C, le lien entre recul de la participation et recul du vote CGT apparaît clair.
Le décalage entre notre score parmi les fonctionnaires et celui que nous réalisons au niveau des comités techniques doit nous amener à mieux prendre en compte les inquiétudes de nos collègues titulaires et à mieux travailler les questions revendicatives propres aux fonctionnaires.

Concernant les autres organisations, la CFDT est à 22,3% (+0,4 point), FO 17,7% (+0,3 point), l’UNSA 8,2% (+1,9 point) et la FA FPT 7,47% (+0,47%). SUD, avec 3,6% (+0,7 point), dépasse légèrement la CFTC (3,5% ; -1,2 point) et la FSU (3,3% ; +0,2 point). La FGAF est à 1,11% (SAPFT à 0,8% en 2008).
Les différentes organisations autonomes progressent de 2,6 points et représentent désormais 16,7%. Ce syndicalisme qui se revendique apolitique, ce qui est toujours une manière de faire de la politique, continue de progresser dans le versant territorial. Rappelons que les organisations autonomes avaient déjà amélioré leur score global de 3 points en 2008.
Autre enseignement : alors qu’elle colle à la politique gouvernementale, la CFDT parvient à améliorer légèrement son score et à gagner 15 000 voix.
La CFTC est durablement affaiblie dans la FPT et perd son siège au CSFPT et au CNFPT. La CGC, alors qu’elle progresse dans de nombreux secteurs, stagne en nombre de voix et en pourcentage.
Les équilibres au CSFPT n’évoluent pas de manière majeure. Nous conservons nos 7 sièges, ce qui confirme que les règles antérieures conduisaient bien à minorer notre représentation dans les organismes paritaires. Ni SUD ni la FSU n’entrent au CSFPT. La CFTC en sort, comme indiqué précédemment.
Concernant le Conseil commun de la Fonction publique, la CGT perd un siège et en conserve 8. Les grands équilibres sont maintenus et l’on doit surtout retenir qu’avec 30 sièges à pourvoir, hormis les organisations groupusculaires, toutes les OS conservent au moins un siège et donc la qualité d’organisation représentative permettant de participer aux négociations inter-versants.

Quelques pistes maintenant pour l’analyse des résultats à partir des débats de la CEF :

Notre recul apparaît lié à plusieurs facteurs :
– la montée de l’abstention (+4,5 points) d’abord fortement liée au développement du vote par correspondance et qui pénalise en particulier la CGT, notamment pour les instances des centres de gestion.
– les nouvelles règles issues des accords de Bercy en second lieu, qui conduisent à la présence d’un plus grand nombre d’organisations et à une dispersion accrue des votes. En 2008, la CGT demeurait la seule organisation dans un nombre non-négligeable de collectivités. Ce cas de figure s’est fortement raréfié.
– l’état de la bataille idéologique, dans laquelle le discours CGT s’inscrit à contre-courant de la propagande dominante déployée par le pouvoir politique et économique et ses relais médiatiques et syndicaux (c’est dans ce cadre que s’inscrit le récent battage autour des affaires internes à la CGT, qui, sans être le facteur majeur de nos reculs, a de toute évidence eu un effet amplificateur).
– les conséquences des municipales et la poussée de la droite et de l’extrême droite, ainsi que l’hostilité assumée à notre égard de nombreux exécutifs socialistes, situation qui se traduit en particulier par des pratiques patronales favorisant ouvertement des organisations réformistes.
– nos difficultés en termes de vie syndicale avec de fortes carences de vie démocratique dans de trop nombreuses structures, se traduisant souvent par des conflits internes qui entraînent une déperdition d’énergie syndicale au détriment de notre activité. Dans le même ordre d’idée, nous devons être très vigilants sur nos difficultés à mener dans des délais efficaces les nécessaires transformations de nos outils syndicaux en fonction des évolutions des périmètres de collectivité. Dans la même veine, relevons des carences dans la circulation des informations (diffusion de la Lettre du jour aux syndicats, remontée des résultats, etc…), situation dont il nous faut tirer les leçons.
– la nécessité absolue de développer un outil syndical de proximité, notre recul étant d’autant plus important lorsque l’électeur ne dispose pas d’un outil CGT proche de lui. Notre recul sensible dans les instances des centres de gestion est à examiner sous cet angle. Sur un échantillon de 64 CDG, la CGT recule de 7 points entre 2008 et 2014, soit le double de ce que nous perdons nationalement. Cette tendance remet en lumière l’enjeu du nécessaire lien régulier entre l’agent et l’organisation syndicale CGT. Cela doit nous conduire à poursuivre la mise en œuvre de la décision 12 du 10ème congrès fédéral sur l’organisation des syndiqués individuel-le-s.
– un discours et un revendicatif CGT qui doivent mieux relier notre critique de la politique actuelle avec le vécu des agents de la FPT et leurs préoccupations quotidiennes. Ces dernières années, nous avons sans doute eu un discours perçu comme juste par beaucoup mais trop général, trop politique, pas assez connecté à la réalité immédiate de la vie au travail de nos collègues.
-enfin sont venues dans les débats des critiques portant sur des tendances trop répandues à une forme de professionnalisation, de fonctionnarisation, de bureaucratisation, de notre syndicalisme. De trop nombreux militants, bien souvent en responsabilité depuis de longues années mais pas forcément, perdent de vue ce qui constitue le cœur de notre conception du syndicalisme, à savoir l’organisation démocratique des travailleurs pour mener les luttes permettant de faire aboutir leurs revendications.

Des points positifs sont également à retenir :
-de belles progressions CGT au plan local, qui méritent d’être attentivement examinées car elles sont d’autant plus riches en enseignements dans un contexte global de repli. Je vous livre quelques exemples : la CGT devient première organisation à Toulouse, première historique dans ce qui a été longtemps un fief de FO ; la CGT réalisé un score de 75% à Longwy (54) où le syndicat a été créé en juin dernier ; la CGT progresse de plus de 3 points au CG 69, de 7 points au conseil régional de Haute-Normandie ; elle passe de 22 à 45% au conseil général des Yvelines…
-un matériel CGT a priori apprécié, mais nous avons besoin sur ce point d’avoir vos retours à partir du questionnaire fédéral
-un travail croisé avec l’interpro qui a porté ses fruits là où il a été mené
Ces premiers éléments devront être affinés à partir des bilans départementaux réalisés par chaque CSD et par les syndicats. Notre débat d’aujourd’hui va nous permettre de travailler en ce sens.
D’ores et déjà, la question de notre qualité de vie syndicale et, en lien, celle de la formation de nos militants et syndiqués ressortent comme des priorités fortes pour les années à venir. Elles devront être traitées avec ambition lors de notre 11ème congrès fédéral. De même, l’enjeu d’un travail syndical mené prioritairement au plus près des agents est identifié comme un axe déterminant. Il est devenu décisif de savoir cantonner à ce qu’il doit être le temps consacré à notre fonctionnement interne et aux discussions au sein des organismes divers et variés mis en place par nos employeurs.
Parce que nous restons largement première organisation et parce que nous connaissons un recul net, il est certain que nos résultats doivent à la fois nous conforter quant aux fondamentaux de notre démarche et nous amener à engager de nécessaires évolutions. Les prochaines élections se tiendront en 2018. Il est impératif qu’elles conduisent à une progression de la CGT. Cela passera par notre capacité à bousculer nos habitudes, à savoir nous remettre en cause à chaque niveau du local au national, pour être toujours plus à l’offensive sur le terrain de la syndicalisation et des luttes revendicatives.

 

 

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Avec 6,8% (6,6 en 2011) Solidaires Fonction Publique renforce sa présence dans les trois versants. Les chiffres annoncés sont soumis à évolution en raison des annonces non consolidées du versant de l’hospitalière.

Notre organisation se renforce à l’État et à la territoriale malgré une légère baisse à l’hospitalière.

Avec plus de 10 000 voix par rapport à 2011, nous obtenons trois sièges au conseil commun (2 en 2012) !

Une constatation tout d’abord : 52,8% des agents ont participé à ce scrutin historique dans la mesure ou les trois versants votaient le même jour. Ce chiffre de « trop peu » doit nous interroger.

Les difficultés et anomalies, liées aux votes électroniques dans quelques ministères, ne sauraient expliquer à elles seules, ce désintérêt d’une partie des personnels de la fonction publique.

Nos organisations directement concernées par ces dysfonctionnements, ont d’ores et déjà engagé des recours ! Solidaires FP se félicite de son maintien qui valide un syndicalisme de lutte et de proximité.

Nous avons fortement progressé dans nos bastions habituels. Nous apparaissons dans des secteurs où nous étions absents précédemment.

Nos marges de progression restent grandes, notre implantation doit se poursuivre y compris dans des secteurs où nous n’apparaissons pas encore (défense, affaires étrangères). Solidaires produira prochainement une analyse plus détaillée de ces élections après échanges avec l’ensemble nos syndicats qui ont participé, dans leur secteur, à ce scrutin. Pour l’heure, au moment où s’ouvre un nouveau mandat de 4 ans, Solidaires FP s’engage à porter les revendications des agents confrontés à une dégradation des conditions de travail, une baisse réelle du pouvoir d’achat et à la poursuite des suppressions d’emplois.

Les réformes de l’Etat, des territoires, la revue des missions et les négociations PPCR sont autant de thèmes qui méritent de notre part une vigilance de tous les instants.

Nul doute que nous devrons dans l’unité la plus large construire les conditions nécessaires de mobilisation pour contrer de tels projets qui ne vont pas dans l’intérêt des services publics, de la fonction publique et de ses agents.

La confirmation de notre représentativité nous confère la responsabilité de peser pour créer cette dynamique.

 

  • Elections Fonction publique : messages reçus ! Force incontournable, la FSU tirera avec les personnels les enseignements de ces élections (mardi 09 décembre 2014) siteon0
 

Pour la première fois, près de 5 millions de personnels des trois fonctions publiques étaient appelés, le 4 décembre dernier, à élire leurs représentants dans les instances locales et nationales.

La FSU reste la deuxième organisation syndicale de la Fonction publique de l’Etat.

Malgré une baisse du nombre de voix obtenues dans certains secteurs, la FSU confirme largement sa première place à l’Éducation nationale, tout en prenant acte de sa baisse de 5 points, et à l’Agriculture. Elle reste également bien implantée dans d’autres ministères comme à la justice et progresse même à la Culture, à la Caisse des dépôts et consignation ou encore à l’AEFE.

Le taux global de participation est en baisse par rapport à 2011. Ce taux est bien trop faible. Car au final c’est seulement un électeur sur 2 qui a voté !

La FSU remercie les dizaines de milliers d’électrices et électeurs qui lui ont accordé et renouvelé leur confiance à la Fonction publique de l’État comme à celle de la territoriale. Elle salue également toutes les équipes militantes qui se sont dépensées sans compter, notamment pour assurer, dans des conditions parfois difficiles, un taux de participation significatif pour ces scrutins.

A l’heure des bilans, des constats s’imposent. Le contexte économique et social n’invite pas à la confiance et l’espoir en l’avenir et donc n’incite pas les personnels à participer à des élections. Par ailleurs, les modalités de vote (qu’il soit « papier » ou électronique) restent à perfectionner comme la nécessité d’un engagement plus déterminé de l’administration à tous les niveaux.

La FSU engage dès à présent une réflexion sur les signaux qu’envoient les résultats de ces élections. Cela doit interroger le mouvement syndical, la manière dont il arrive ou non à faire partager ses orientations, et les pratiques syndicales qu’il met en œuvre.

Au-delà des seules organisations syndicales, ces résultats devraient aussi interroger le gouvernement. La FSU regrette qu’il n’ait pas suffisamment fait de ces élections professionnelles un grand rendez-vous social pour notre pays. Cela aurait certainement contribué à une plus forte participation. Par ailleurs, en ne répondant pas aux attentes des agents de la Fonction publique, notamment en ce qui concerne les salaires et l’emploi public, il ne les encourage pas à donner corps au dialogue social.

La FSU continuera avec force, avec tous les personnels, à porter la nécessité des évolutions urgentes à mettre en œuvre pour la Fonction publique et à construire les mobilisations indispensables afin d’obtenir des réponses favorables aux exigences et aux besoins de ses agents.

Après le CCN de février : une autre CGT ?

Voici la déclaration issue du Comité confédéral national des 2 et 3 février.

 

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Communiqué du Comité confédéral national

Mercredi 4 février 2015

Le Comité confédéral national de la CGT (CCN), réuni les 3 et 4 février 2015, a élu un nouveau Bureau confédéral, une Administratrice, Colette DUYNSLAEGER, et le Secrétaire général Philippe MARTINEZ, recueillant tous une très forte majorité.

Les dernières actions menées, telles que les manifestations contre le projet de loi Macron, la mobilisation des cheminots, des salariés de l’Energie, ainsi que le conflit des routiers, ont démontré la capacité des salariés à se mobiliser avec une CGT visible sur le terrain des revendications.

De même, les mobilisations syndicales en Espagne, en Belgique et en Italie, comme le résultat des élections en Grèce, sont porteurs d’espoir pour de nombreux citoyens, en créant une fissure dans le paysage européen monocorde, ultralibéral et austéritaire. La CGT souhaite que cette victoire électorale se traduise par des avancées et de nouveaux droits pour les salariés grecs. Le 18 février 2015 sera l’occasion pour la CGT de s’inscrire dans l’action de la Confédération syndicale internationale pour la préservation du droit de grève.

Le CCN a décidé d’une préparation exceptionnelle, au plus près des syndiqués, de son 51ème congrès qui se tiendra au printemps 2016. Ainsi, la CGT a décidé de partir des préoccupations et des aspirations des salariés et des propositions des syndicats sur le terrain, afin de construire un syndicalisme aux contours du salariat d’aujourd’hui, un syndicalisme qui articule démocratie syndicale et démocratie sociale, contestation et propositions.

Pour ce faire, le CCN décide d’aller à la rencontre de ses syndicats sur l’ensemble du territoire et l’ensemble des champs professionnels. La campagne « coût du capital » sera un point d’appui.

Il a aussi décidé d’amplifier sa campagne de syndicalisation en direction des salariés, là où la CGT existe, comme là où elle est absente ; une campagne qui s’adresse à tous, actifs comme retraités, privés d’emploi et précaires, travailleurs migrants, ingénieurs et cadres, jeunes et femmes. Le 8 mars sera l’occasion pour la CGT d’affirmer ses revendications en faveur de la reconnaissance de la place des femmes dans la société et pour l’égalité professionnelle et salariale. En effet ces dernières sont les premières impactées par les politiques d’austérité.

Dans le cadre du processus de lutte engagé confédéralement, la CGT porte toutes les initiatives en cours, et à venir, décidées par les organisations et décide d’une journée nationale interprofessionnelle et intergénérationnelle de mobilisation et d’arrêts de travail. Pour y parvenir, elle travaillera à créer les conditions de l’unité syndicale la plus large afin de redonner espoir aux salariés en proposant des alternatives aux politiques d’austérité en agissant pour une autre répartition des richesses créées par le travail.

La CGT réaffirme sa combativité et sa disponibilité pour agir avec les salariés contre la stratégie du patronat et la politique du gouvernement : pour l’augmentation des salaires et des pensions, pour l’emploi durable, pour l’amélioration des conditions de travail, pour des services publics de qualité et un haut niveau de protection sociale.

Montreuil, le 4 février 2015