Extrême droite

Européennes, FN, syndicalisme : alerte !

Le résultat des élections européennes et le score du FN provoque une série de réactions syndicales, notamment chez les organisations qui s’étaient rassemblées en janvier 2014 pour lutter contre l’extrême-droite (CGT, FSU, Solidaires). Nous les publions ci-dessous : CE confédérale CGT, un tract de Solidaires et une « alerte » du syndicat CGT du bassin minier du Pas-de-Calais.

La CGT, qui se prononce « pour un changement radical de politique« ,  appelle à une journée nationale de mobilisation avec grève et manifestation le 26 juin. Mais rien n’indique à cette heure qu’elle propose de co-organiser cette journée avec d’autres organisations.

  • La Cgt appelle à un changement radical de politiquesiteon0-dc90f

Déclaration de la Commission exécutive confédérale (mardi 27 mai 2014)

Les résultats des élections européennes en France font apparaitre plusieurs éléments extrêmement inquiétants pour la démocratie et le vivre ensemble au niveau national et européen.

Tout d’abord, il convient de noter, à nouveau, une forte abstention puisque 6 électeurs sur 10 ne se sont pas déplacés. Cela confirme, s’il le fallait, le rejet grandissant de la population pour cette Europe des marchés financiers qui conduit à toujours plus d’austérité pour les salariés, les retraités et les privés d’emploi.

Pour la première fois depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, un parti d’extrême droite, le front national, arrive en tête d’une élection. Pour la CGT, ce vote est une impasse. Ce parti utilise la misère sociale, la montée des inégalités et la hausse du chômage pour diffuser, par ses idéaux, le racisme, la discrimination et ne propose que le repli sur soi.

Ce vote de l’extrême, dans de nombreux pays européens, caractérise pourtant la défiance envers les politiques européennes d’austérité qui ne répondent en rien aux aspirations des populations pour un véritable projet européen.

Enfin, par son faible résultat, le parti au pouvoir en place est, une nouvelle fois, désavoué dans ses choix gouvernementaux. Au lendemain des élections municipales, d’un remaniement ministériel, celui-ci a décidé de poursuivre, d’accélérer ses réformes, menaçant l’avenir des jeunes, des retraités, des plus pauvres et octroyant toujours plus de cadeaux au patronat.

Nous sommes devant une crise démocratique grave et profonde qui nécessite de changer totalement les orientations actuelles en matière économique, industrielle et sociale. La CGT, avec la Confédération Européenne des Syndicats, porte un projet européen qui constitue une véritable alternative de sortie de crise et de progrès social.

Ce projet permettrait la création de 11 millions d’emplois en relançant l’économie par un effort important d’investissement de l’ordre de 260 milliards d’euros par an pendant dix ans. Cette somme équivaut à 2 % du PIB européen soit deux fois le budget annuel de l’Union européenne.

Pour la CGT, une autre Europe est possible. La solution pour l’Europe ne réside pas dans les replis nationaux, mais passe par un socle social commun avec un haut niveau de protection sociale, un égal accès à des services publics de qualité, une politique industrielle ambitieuse au service de la croissance, de l’emploi et des salaires.

La CGT oppose à la logique de dumping social faisant du travail un coût, une juste répartition des richesses et pose clairement le problème du coût du capital.

La CGT, avec les salariés, les retraités et les privés d’emploi, s’emploiera à créer les conditions du rapport de force et développera les luttes sociales pour les salaires, l’emploi, les conditions de travail, le service public, la politique industrielle et la protection sociale, car elles sont autant de motifs d’espoir et porteuses d’une transformation sociale.

Les luttes sont nombreuses, c’est quand les salariés s’y engagent, avec la CGT, qu’ils se donnent les meilleurs moyens de les gagner, comme les salariés de SAM technologie en Aveyron ou ceux des Fralib.

La semaine d’action et de mobilisation du 23 au 27 juin sera l’occasion de se déployer sur les lieux de travail, d’aller à la rencontre des salariés sur leurs préoccupations et de mettre en débat nos propositions, avec une journée forte de manifestation et de grève le 26 juin.

Montreuil, le 27 mai 2014

  • Union syndicale Solidaires

La démocratie, c’est prendre nos affaires en mains !
Ainsi, nous ferons reculer efficacement les idées d’extrême-droite
Le récent scrutin pour l’élection au Parlement européen donne lieu à nombre de déclarations, dont beaucoup tiennent plus du commentaire sportif que de l’analyse politique. Le taux de non-participation aux élections politiques est un élément dont il faut tirer des enseignements. Plutôt que de fustiger celles et ceux qui « votent mal » ou qui ne votent pas mieux vaut comprendre pourquoi la dérive vers l’extrême-droite se renforce depuis des années. Le Front National est un parti dirigé par des riches et pour les riches et en défense d’un système capitaliste fût-il national ; il ne fera pas le bonheur des salarié-es, des chômeurs-ses, des retraité-es, des jeunes en formation ; mais de cela, nous devons convaincre nos collègues, nos voisin-es, nos proches…
Des élections, mais combien d’électeurs et d’électrices ?
Une majorité de la population française (57,57% des personnes inscrites sur les listes électorales) n’a pas pris part à l’élection des député-es au Parlement européen1.
En réalité, les pourcentages sont encore plus bas car il faut ajouter celles et ceux qui ne se sont pas inscrit-es sur les listes électorales et les personnes qui résident en France mais ne sont pas d’une nationalité européenne et n’ont pas le droit de vote.
Le mode d’élection aux institutions n’est pas un exemple de démocratie

  •   Les élu-es sont choisi-es par une minorité de la population.
  •   Il n’existe aucun contrôle de leur mandat.
  •   Ils et elles n’ont de compte à rendre que tous les 5 ou 6 ans.
  •   Les institutions en place ne sont pas neutres et servent les intérêts de ceux et celles qui exploitent la majorité de la population.

Quelques explications du désintérêt grandissant pour ces élections :

 

  •   L’affligeant spectacle offert par les multiples scandales financiers qui touchent des responsables politiques.
  •   Les illusions et déceptions renouvelées face à ceux qui se présentent comme candidat-es de gauche et font la même politique que la droite quand ils sont élu-es.

Le Front National recueille les voix de 10,12% des inscrit-es, l’UMP 8,47%, le PS 5,69%, MODEM-UDI 4,04%,EELV 3,64%, Front de gauche 2,58%

  • Le sentiment, porté par les élu-es politiques eux-mêmes, que « ça se décide ailleurs » (selon les moments et les forces politiques : l’Europe, les banques, des « élites » non identifiées, etc.)
  • Le constat qu’élections après élections « rien ne change » si ce n’est en pire dans la vie quotidienne, en matière de chômage, de précarité, de pauvreté, d’inégalités sociales, …

Les politiques gouvernementales successives ont généré une aggravation du chômage, un développement des inégalités sociales, de la précarité, de la pauvreté et de l’exclusion qui n’a fait qu’accroître la désespérance sociale sur laquelle l’extrême droite2 et notamment le FN prospère en surfant sur les peurs et l’anxiété face à l’avenir.
Changeons le système, au lieu de s’en prendre aux électeurs-trices !
Les commentateurs professionnels qui squattent les plateaux de télévision mais aussi la plupart des responsables politiques ont une fâcheuse tendance à limiter leurs analyses électorales à la stigmatisation des électeurs-trices : contre les abstentionnistes, contre celles et ceux qui ont « mal voté »,…
Les résultats électoraux montrent une importante crise du système de représentation. Parce que nous voulons une transformation sociale, une rupture avec le système économique et politique actuel, nous devons inventer la démocratie que nous voulons pour demain.
L’autogestion que nous voulons mettre en oeuvre dans les entreprises et les services ne peut se concevoir sans lien avec la vie de la commune. C’est à partir de celle-ci que doit s’articuler la démocratie, à l’inverse de ce qui se fait aujourd’hui où sont privilégiés les centres de décision éloignés de la population : Commission européenne, état centralisé, métropoles, mégapoles, …
Ne nous enfermons pas dans la défense d’un système qui n’est pas le nôtre mais celui mis en place par la bourgeoisie pour assoir son pouvoir économique et politique ; aujourd’hui, combattre pour la démocratie et donc contre l’extrême-droite qui en est l’antithèse, c’est agir pour un changement profond, y compris du mode de représentation, de la répartition des pouvoirs ou encore de la redistribution des richesses que nous produisons et du choix de celles-ci.
Cela ne doit pas se limiter à des incantations ; il nous faut construire les rapports de force permettant ces ruptures. Ceci passe, à la fois par la prise en compte des questions auxquelles la majorité de la population est quotidiennement confrontée (ce que nous appelons le « syndicalisme de terrain ») et par une présence dès aujourd’hui du syndicalisme sur l’ensemble du champ politique, ce qui est la meilleure garantie d’une véritable autonomie vis-à-vis des partis.
Avec 10,12% des voix des inscrit-es, le Front National arrive en tête

  •   Le Front National progresse par rapport aux élections européennes de 2009.
  • Il n’y a pas de « coup de tonnerre « , mais un résultat prévisible compte tenu :
  • de l’appui aux idées d’extrême-droite apporté depuis des années par une partie importante des représentant-es de la Droite dite « classique »,
  • de l’acharnement du Parti Socialiste à reprendre des thèmes imposés par l’extrême-droite (l’immigration, la sécurité…), à appliquer les politiques d’austérité et de cadeaux au patronat,
  •   du choix de la plupart des forces de Gauche de se positionner en référence au FN au lieu de construire de véritables alternatives.
  • du désarroi des populations laissées dans la misère et l’abandon,
  • de notre incapacité à proposer des alternatives sociales, anticapitalistes, autogestionnaires, écologiques, … crédibles.
  •   Même s’il a plus mobilisé ses électeurs-trices que les autres partis, le Front National recueille un tiers de voix de moins lors de ces élections que pour les Présidentielles de 2012. 2 L’extrême-droite représente un spectre large allant des groupuscules fasciste aux réseaux antisémites Dieudonné et Soral, en passant par le Front National.

Le Front National se fout du Parlement européen !
Le bilan des précédents député-es européen-nes du Front National est lamentable. Mais les dirigeant-es du FN se moquent éperdument du Parlement européen ; la progression du nombre de leurs élu-es (qui serait moindre avec une représentation proportionnelle) leur servira avant tout à toucher plus d’argent et à s’incruster dans les différentes strates du pouvoir à commencer par les « grands médias » où il distillera encore plus ses idées.
Quand l’extrême-droite se lâche…
Le 5 juin 2013, Clément Méric, militant syndicaliste et antifasciste, était assassiné par des militants néonazis à Paris. Odieux et inacceptable en lui-même, ce meurtre, a dépassé le drame individuel. Agressions contre les lesbiennes, bi-es, gays et les personnes trans, contre les immigré-es et les personnes issu-es de l’immigration, les musulman-es, actes antisémites, violences envers des militant-es antifascistes et des organisations progressistes, se sont multipliées ces dernières années et ces derniers mois, dans toute la France comme à travers toute l’Europe, alors que l’extrême droite était banalisée.
Les mobilisations massives contre le droit au mariage pour tous, commencées en 2012, ont été l’occasion de voir se mêler droite et extrême droite dans les cortèges, où les slogans haineux et homophobes contredisaient l’image joyeuse que voulaient donner les organisateurs. Dans le prolongement de ce combat, divers groupes ou mouvements ont vu le jour ou ont pris de l’ampleur (réseaux catholiques traditionnalistes, groupes de jeunes radicaux d’extrême droite, mouvance antisémite et complotiste Dieudonné-Soral…), fers de lance de l’offensive réactionnaire se caractérisant par une occupation de la rue et un activisme idéologique offensif. Un sommet a sans doute été atteint le 26 janvier dernier avec Jour de colère, où on a pu entendre dans les rues de Paris des cortèges qui ne regroupaient pas que des groupuscules néo-nazis crier « juifs hors de France ».
Les responsabilités du syndicalisme dans ce contexte
Il y a un véritable enjeu de formation et d’information pour les organisations syndicales. C’est le sens des débats que nous organisons sur ce thème lors des réunions du Bureau national de Solidaires, qui réunit les représentant-es des syndicats et fédérations de notre Union syndicale. Une formation nationale spécifiquement consacrée à la « galaxie Dieudonné » a aussi été organisée en début d’année. Des initiatives communes CGT/Solidaires/FSU sont organisées (formations, débats, tracts, livres). Mieux armer nos militant-es pour répondre au discours de l’extrême droite qui se répand et se banalise autour de nous, dans les entreprises et les bureaux, lors des tournées syndicales, est une nécessité.
Auprès de salarié-es, nous devons affirmer, sans concession, notre antifascisme, parce qu’il est partie intégrante de notre identité et de notre projet syndical. Sur bien d’autres sujets, nous savons bien que nous devons aussi lutter contre le discours dominant, faire preuve de pédagogie, expliquer sans cesse, et nous le faisons. Alors, il est normal de le faire aussi sur la question de la lutte contre l’extrême-droite.
Notre activité internationaliste est essentielle. Les rencontres européennes des divers réseaux antifascistes sont un cadre de la mise en oeuvre de la solidarité internationale et d’une riposte antifasciste contre la montée des extrêmes droites en Europe. C’est aussi un des axes de travail du réseau syndical international de solidarité et de luttes3. Au plan international aussi, l’antifascisme est partie intégrante de notre syndicalisme !
Il nous faut, aussi et surtout, démontrer aussi que le syndicalisme peut être porteur d’un projet de transformation sociale à la fois utopiste et crédible, que l’unité et la maîtrise des luttes par les salarié-e
sont une force. Le Front National, l’extrême-droite, ne sont jamais à l’aise en période de fort mouvement social et leurs prises de position peuvent alors varier d’un jour à l’autre … Par contre, ils savent que chaque défaite du mouvement social, comme chaque lutte non menée, leur ramèneront de nouveaux électeurs-trices.
Leurs avancées sont faites de nos reculs !

La lutte contre le fascisme ne se limite pas aux enjeux électoraux. Nous avons plus lutté contre la progression de l’extrême-droite et du fascisme en agissant depuis des années au quotidien pour l’égalité des droits, contre l’injustice, pour la sécurité au travail, etc., que ne l’ont fait ceux qui par leurs pratiques décrédibilisent toute action politique au sens large du terme. Et c’est cela que nous devons continuer. C’est là que se mène l’essentiel de la lutte contre l’extrême droite. Au quotidien ; dans la fraternité des luttes où se retrouvent côte à côte français-es et immigré-es, dans le respect du débat démocratique qui s’oppose aux « coups de gueule » et à « la loi du plus fort », dans la prise en charge des problèmes (y compris d’insécurité) pour éviter que leur non-résolution ne tourne au fantasme, etc.
Combattons le sectarisme ! Le syndicat est l’organisation spécifique des travailleurs et des travailleuses. Pour qu’ils et elles reprennent confiance en cet outil, organisons des permanences intersyndicales dans les quartiers, mettons en commun nos moyens pour avoir une présence syndicale forte dans les zones que nous avons abandonné, organisons des réquisitions d’emplois pour montrer qu’il y a des emplois vacants, du travail pour tous et toutes, répondons aux besoins de sécurité, de protection sociale, d’échanges, d’entre-aide, de solidarité… Unifions les collectifs syndicaux de lutte pour être plus fort. Travaillons aux convergences avec les différents mouvements sociaux pour construire des rapports de forces, en France comme en Europe, permettant de gagner contre ces politiques d’austérité au service du patronat et des multinationales. Le combat contre le Grand marché transatlantique (TAFTA, inventé pour les seuls intérêts des multinationales américaines et européennes), peut être gagné sur la base de la défense des droits sociaux et environnementaux, et de solidarité entre les peuples, et contre la concurrence généralisée !
La présence et l’activité syndicales au plus près des travailleurs et des travailleuses (quotidiennement sur les lieux de travail), la reconstruction d’un tissu syndical interprofessionnel de proximité sont des actes antifascistes concrets. Mais pour cela, il faut réellement adapter nos pratiques syndicales à nos ambitions : refuser la multiplication des réunions que les directions inventent pour nous empêcher de faire du syndicalisme, donner plus de temps pour les activités interprofessionnelles, prendre en charge les problèmes de chaque salarié-e, etc.
C’est parce que nous mènerons des luttes victorieuses sur le terrain des droits sociaux et économiques que nous pourrons faire reculer durablement le FN. Partisan d’un syndicalisme de transformation sociale, nous pensons que ce système doit être combattu et radicalement modifié, qu’un autre partage des richesses est une nécessité absolue ! C’est, pour nous, une des façons les plus sûres pour faire redescendre le poids de l’extrême droite au niveau groupusculaire.

 

 

 

  • Déclaration de l’union de luttes des syndicats CGT du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais
  • Le résultat des élections européennes dans le Bassin Minier Ouest, dans le Pas-de-Calais, dans la Région et en France, est extrêmement inquiétant pour la démocratie et la vie sociale, c’est une alerte.Nous ne pouvons ignorer la forte abstention de ce 25 mai, mais les chiffres comparatifs entre 2009 et 2014 nous montrent que dans la région, le FN a progressé en triplant son nombre de voix. Du rouge, le Bassin Minier, terre historique des luttes de la classe ouvrière, est passé au bleu marine.Bien sûr il y a les bouc-émissaires les plus fragiles, les immigrés et les bénéficiaires des minima sociaux, mais le chômage, la baisse du pouvoir d’achat et l’inquiétude quant aux lendemains difficiles… font le terreau de cette montée inquiétante du FN qui a fait du Pas-de-Calais son laboratoire national.En 2011, notre union de luttes des syndicats CGT du Bassin Minier Ouest avait pourtant sonné l’alerte, c’était à Auchel où l’extrême-droite radicale s’était implantée sous le couvert d’une association. Même si cette alerte antifasciste de 2011 n’a pas eu l’écho nécessaire auprès des élus et partis politiques, enfermés dans un carcan électoraliste, nous avons milité contre les idées nationales-chauvines, xénophobes et racistes de ce parti qui n’est ni démocratique ni républicain ni ordinaire.Le chômage est un fléau et les politiques gouvernementales ne font rien pour le combattre à la racine, refusant catégoriquement des prendre des mesures contraignantes pour le patronat, bien au contraire puisqu’ils font allégeance aux exigences de Bruxelles et au dogme capitaliste européen.Il y a 60 ans, Monnet le banquier et Schumann le réactionnaire, nous promettaient une Europe de la Paix et de la Prospérité, mais avec technocrate Barroso et bientôt avec son successeur Juncker, nous avons hérité d’une Europe de la guerre sociale, du chômage et de l’ultralibéralisme, qui est rejetée par 70% du peuple de France.Le résultat des élections européennes démontre ce rejet massif de l’Europe créée par le grand capital et qui donc ne sera jamais sociale… mentir au Peuple ne sert à rien car il vit la réalité de cette Europe antisociale.Le Bassin Minier Ouest est fortement impacté par le chômage et la misère qui atteint des seuils jusqu’à 60% dans certains quartiers populaires de nos villes. Dans le Nord-Pas-de-Calais, d’où est partie la révolution industrielle qui allait faire de la France la 5ème puissance économique mondiale, 1 million de pauvres, 25% de la population, 370 000 chômeurs soit près de 20% de la population active, et ces chiffres grimpent encore.

    Si ces chiffres étaient étendus au niveau du territoire national, il y a aurait 8.5 millions de chômeurs inscrits à pôle-emploi et 17 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire 40% de précaires… terrible dans la 5ème puissance économique du monde avec un CAC 40 qui grimpe chaque jour !

    Mais la région compte aussi le plus grand nombre de grandes fortunes, et c’est un paradoxe car nous vivons la même situation de la Ruhr en Allemagne au début des années 1930 qui fût la terre fertile de la montée du nazisme sur fond de corruption, de malversations et de chômage de masse, mais aussi la terre de la résistance organisée contre le nazisme.

    Aujourd’hui, des pans entiers de l’industrie sont menacés dans le Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais, des dizaines de milliers d’emplois sont menacés à très court terme. Cela induit, que nous devons imposer une autre politique et contraindre le patronat, que nous devons par nos luttes et l’unité la plus large, réussir à inverser la courbe du chômage et de la misère, puisque cette alerte du 25 mai est une grave menace sur les prochaines échéances électorales, au niveau du département et de la région, mais aussi pour la présidentielle de 2017.

    Pour la première fois depuis la défaite des pétainistes en 1944 et des nazis en 1945 un parti d’extrême droite arrive en tête d’une élection. Il ne suffit pas de dénoncer, de s’émouvoir ou d’être indignés, il faut résister et faire reculer ce parti qui utilise la misère sociale, les inégalités, le chômage, pour diffuser ses idéaux que sont le racisme, la discrimination, la xénophobie, le nationalisme chauvin qui amènent de fait à l’individualisme et au repli sur soi.

    Pourtant, le président, le 1er ministre, les chefs des partis qui se succèdent au pouvoir depuis trop d’années, bien que désavoués par cette élection, n’entendent pas modifier cette politique d’austérité imposée par l’Europe, ni imposer des lois contraignantes pour empêcher les licenciements.

    Cela veut dire qu’ils acceptent, au nom de la concurrence libre et non faussée et de la réduction d’une dette créée par les cadeaux en centaines de milliards accordés aux capitalistes, la dégradation des conditions sociales et démocratiques, et la montée de la misère et du chômage qui sont le terreau fertile du FN et de l’extrême-droite radicale.

    Nous vivons donc une grave crise démocratique et sociale qui se transforme en une crise de civilisation, ceci impose un changement radical en termes économique, industriel et social… la situation ne peut plus durer ainsi, l’alerte a retenti.

    L’union de luttes des syndicats CGT du Bassin Minier ouest du Pas-de-Calais, appelle les syndicats, les partis progressistes, les associations antiracistes et sociales, les citoyens à s’organiser partout, sans sectarisme ni dogmatisme, contre cette inquiétante montée du F-haine.

    Dans les prochaines semaines, nous convoquerons les syndicats, les partis progressistes, les associations antiracistes et sociales de notre territoire du Bassin Minier ouest du Pas-de-Calais, a une réunion pour organiser collectivement cette résistance au fascisme déguisé, qui est le bras armé du capitalisme… le fascisme ne passera pas ni ici ni ailleurs.

    Réunis à Béthune le 27 mai 2014

    Union de luttes des syndicats CGT du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais (Auchel-Bruay-Béthune-Lillers-Isbergues)
    _______________________________

     

Syndicalisme et FN : deux études

Voici deux études sur le syndicalisme et le Front national :

  • une contribution au dernier congrès de l’Association Française de Science Politique. Un des deux auteurs, Dominique Andolfatto, chercheur en sciences politiques, a beaucoup écrit sur le syndicalisme : La CGT.Organisation et audience depuis 1945 (avec Dominique Labbé), La Découverte; ainsi que Les syndicats en France, Documentation française, réédité 2012, dans lequel on trouve un chapitre écrit par le deuxième auteur, Thierry Choffat, sur les syndicats autonomes, ici baptisés de « catégoriels » : CGC, Solidaires, FSU, UNSA.

    http://www.congres-afsp.fr/st/st27/st27choffatandolfatto.pdf

Syndicalisme et projet pour le pouvoir

La tribune ci-dessous est parue dans l’Humanité du 14 février 2014. En ces temps où le recul réactionnaire semble dominer sans réaction, elle lance un appel à un sursaut à gauche. En même temps, elle expose la réflexion d’un syndicaliste à propos de la démocratie en perdition, et propose l’articulation nécessaire entre citoyenneté et chambre sociale. Patrick Brody est en charge de la syndicalisation à la CGT.

Va-t-on laisser la rue et les débats d’idées à la droite radicalisée ?

Nous, les invisibles, devons reprendre la parole et le pouvoir

Par Patrick Brody, syndicaliste.

Au milieu des années trente, Victor Serge nous avertissait : « Il est bientôt minuit dans le siècle. » Dans les rues de Paris, le 23 janvier, des dizaines de milliers de personnes ont défilé en hurlant leur haine de l’autre : « Immigrés, juifs hors de France » ; « Faurisson a raison, les chambres à gaz c’est du bidon ». Le lendemain, il s’est trouvé un bon nombre de députés de l’UMP, ceux-là mêmes qui sont toujours prompts à dénoncer les grévistes luttant contre des licenciements, pour comprendre la colère de cette manifestation de la honte. Dans le même temps, très peu de réactions à gauche, des intellectuels. Paralysés ? !

Pourtant, prenons garde, c’est « dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal » (Hannah Arendt). La droite se radicalise, la gauche se droitise, faisant ainsi mois après mois le lit de l’extrême droite. Dans une telle situation, le peuple deux fois trahi pourrait se laisser tenter par la déraison. Il est plus que temps à gauche de tirer la sonnette d’alarme, de ne pas laisser la rue, les débats d’idées, à la droite radicalisée et à l’extrême droite. Devant la gravité du moment, la gauche doit se ressaisir, cesser immédiatement les petits calculs boutiquiers et autres jeux d’appareils minables, les combats de petits chefs pour revenir à l’essentiel.

Ne soyons pas naïfs, il est probable que ce message ne sera pas entendu, malheureusement. C’est donc d’en bas que peut venir le réveil salutaire. Disons ensemble, syndicalistes, associatifs, citoyens, électeurs de gauche de toutes tendances que nous voulons que celle-ci soit de gauche quand elle est au pouvoir. Comme le dit si bien Paul Krugman au New York Times, « ce qui est choquant chez Hollande, c’est sa façon d’accueillir favorablement les doctrines de droite qui ont été discréditées ». Non, François Hollande n’est pas social-démocrate mais libéral, comme Blair, Schröder ou Hartz. Le problème de la société française n’est pas le coût du travail, mais le coût du capital. Lorsqu’on est de gauche, on commence par là si on veut s’attaquer aux causes des inégalités sociales, des injustices.

Si le peuple, nous les « coûts », nous les « charges », nous les invisibles à qui on ne demande jamais rien, nous ne nous mêlons pas de ce qui nous regarde, ils nous feront boire le calice jusqu’à la lie. Car pour le Medef et la droite radicalisée, après avoir noté de concert que le président allait dans le bon sens, ce n’est évidemment pas assez, Pierre Gattaz, oubliant aussitôt son million d’emplois auquel bien sûr il ne croyait pas, et l’UMP d’embrayer lors de sa convention comme programme « social » en devenir : fin du Smic, 39 heures payées 35, remise en cause de la Sécurité sociale.

Il faut arrêter ces folles politiques austéritaires. Les invisibles que nous sommes devons reprendre la parole et le pouvoir par la démocratie. La grave crise économique et sociale que nous traversons et qui s’amplifie est aussi une crise de la démocratie. L’enquête annuelle du Cevipof, les différents sondages le montrent, les citoyennes et les citoyens n’ont plus le sentiment d’être représentés. Un Parlement aux ordres, et ce n’est pas nouveau ; une monarchie républicaine, bel oxymore, où on passe son temps à commenter la vie privée du roi du moment montre que la Ve République est à bout de souffle et qu’il faut en changer. La démocratie, c’est la souveraineté du peuple, cette idée sous les coups de boutoir de la mondialisation capitaliste éclate au profit d’institutions, de mécanismes qui décident à la place des peuples. Les États n’ayant au final que peu de marges de manœuvre.

Le mariage forcé, grâce à la volonté des peuples, entre le capitalisme et la démocratie se délite. Il nous faut reprendre la main, à la fois pour être réellement représentés et contrôler la représentation, y compris le pouvoir économique. En effet, pour quelles raisons laisserions-nous nous dicter des lois qui seraient indépassables, gravées dans le marbre à jamais. Nous avons l’intelligence collective, comme l’ont fait nos aînés, de reprendre le contrôle de la société, de son fonctionnement, n’en déplaise à tous les colloques de Davos de la terre. Face à la dé-démocratisation de la société à laquelle nous assistons, notre objectif doit être la démocratisation totale. Aux sceptiques, aux cyniques, à ceux qui pensent que jamais rien ne changera, aux forces économiques, nous affirmons avec Aristote que « chaque fois que les hommes détiennent le pouvoir en raison de leur fortune, c’est une oligarchie, et quand le peuple fait la loi, il y a démocratie » !

Il nous faut donc, et vite, changer de République, supprimer le Sénat, chambre peu représentative et pas élue au suffrage universel direct, le remplacer par une chambre sociale qui elle, élirait des représentants au suffrage universel et deviendrait la deuxième chambre du pays. Pour aller vers ce premier objectif, il sera nécessaire d’élire une Assemblée constituante et le peuple, n’en doutons pas, y verra le signal de prendre en main ses affaires et le pouvoir. Nous pouvons remporter cette lutte pour la démocratie parce que nous en avons la force nécessaire. Même si aujourd’hui les perspectives ne nous apparaissent pas optimistes, c’est le chemin que nous devons prendre et combiner luttes sociales et issues démocratiques. Plutôt que d’envisager un sauveur, ou nous laisser tenter par le repli sur soi ou la haine de l’autre, refaisons société, rebâtissons du commun ou le je sera pris en compte, réaffirmons haut et fort et concrètement tous les jours, dans nos lieux de travail, nos quartiers, les valeurs de solidarité, d’égalité, de fraternité. Après tout, ce sont les mouvements sociaux qui ont fait naître la démocratie moderne, ici, en France en 1789, en passant par 1848 mais aussi partout dans le monde. Au fondement de la République était la question sociale. En cette année anniversaire de la mort de Jean Jaurès, certains semblent l’avoir oublié. Il est de notre devoir de nous en souvenir.

 

Des documents pour agir

Nous avions publié, avant la journée CGT du 6 février,  des extraits de l’appel de Force ouvrière à manifester le 18 mars prochain contre le Pacte de « responsabilité » initié par le gouvernement Hollande.  Depuis, les choses bougent, même si l’absence de vraie démarche unitaire de FO soulève aussi des interrogations et des critiques. La Comité confédéral CGT du 11 et 12 février a décidé le principe d’un appel au 18 mars.  Non sans débats, mais dans un souci de rassembler. Cela devrait ouvrir la voie à d’autres appels. L’utilisation par FO de la date du 18 mars, à l’origine une journée de lutte déjà lancée depuis janvier par toutes (donc aussi la CFDT) les fédérations des organismes sociaux (les personnels de sécurité sociale) suscite également des remous côté CFDT. Car la portée du 18 mars changerait évidemment de dimension, pour devenir un « moment interprofessionnel » face au Pacte de responsabilité du gouvernement.

Nous publions ci-dessous divers documents qui indiquent une recherche d’action, tout autant que de mise en débat de réflexions sur le fond, comme par exemple les questions posées par la place historique des cotisations d’allocations familiales (voir les documents de l’UD CGT des Hauts de Seine), les préoccupations qui continuent à parcourir le syndicalisme sur l’offensive des extrêmes-droites dans la rue  (voir le document « 7 jours » de la FILPAC CGT), et la manière dont l’Union syndicale Solidaires se positionne dans ce contexte. Nus ajoutons aussi un document du Comité national CGT des privés d’emploi, qui indique comment il se positionne sur le fond, pour l’indemnisation des chômeurs et pour une 5ème branche de la Sécurité sociale.

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face aux démolisseurs du MEDEF et du gouvernement,

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Ne laissons pas amputer la Sécu de sa branche famille !

 

Les fossoyeurs du progrès social sont à pied d’œuvre.

 

Le MEDEF et le Président de la République, avec son gouvernement PS, sont en effet main dans la main, décidés à frapper très fort, à franchir un cap dans le démantèlement de la Sécurité Sociale.  

 

L’attaque est d’une envergure inédite : bien que puisant dans les reculs sociaux successifs infligés depuis vingt-cinq ans environ à notre Sécurité Sociale, de plan Seguin en plan Rocard, de lois Balladur en loi Ayrault, d’exonérations de cotisations sociales en rabougrissements des remboursements et prestations, de recul de l’âge de la retraite en casse de l’hôpital public, le projet de suppression des cotisations sociales famille répond totalement au cahier revendicatif du MEDEF et franchirait un saut « qualitatif » (si l’on peut dire !) dans l’œuvre de démantèlement de cette formidable conquête sociale qu’est la Sécu.

 

Alors que notre Sécurité Sociale a pris son essor à la Libération et que nous allons commémorer le 70ème anniversaire de l’élaboration du programme du Conseil National de la Résistance (CNR) qui portait cette ambition de création de la Sécurité Sociale, toujours aussi moderne en notre 21ème siècle, il est indispensable de ne pas se laisser voler cet héritage de progrès social et donc de trouver les moyens de se rassembler pour stopper la régression annoncée.

 

La première urgence est d’alerter et de faire entendre une position claire de refus de la suppression de cotisations sociales famille !

 

Le tract de l’UD a été rédigé dans ce but et il est donc à utiliser partout pour cette première tâche. (Voir ci-joint)

 

Ce n’est pas parce qu’elles sont baptisées cotisations de « l’entreprise » que les cotisations sociales Famille sont la propriété de l’employeur, du patronat : rappelons haut et fort que ce sont les salariés, et eux seuls, par leur travail, qui créent les richesses dans l’entreprise.

 

Prendre la mesure exacte de l’ampleur de la régression sociale projetée, alerter et riposter doivent être à l’ordre du jour dans chaque syndicat, dans toutes nos réunions de syndiqués.

Prendre la mesure de l’ampleur de la réduction annoncée des dépenses publiques et de ravages sociaux que cela provoquerait

 

Le plan d’austérité présenté par le 1er Ministre, – un plan démentiel ! – a été détaillé de la façon suivante :

 

– 15 milliards de dépenses publiques en moins pour 2014 !

– 18 milliards en 2015 !

– 18 milliards en 2016 !

 

Ces réductions inacceptables, d’une ampleur considérable, si rien ne les remettait en cause sur le terrain, si aucune lutte ne les contestait frontalement, frapperaient alors les services publics dans leur capacité à répondre avec efficacité aux besoins des populations. Elles rétréciraient leurs capacités d’investissements (70% des investissements sont actuellement le fait des collectivités territoriales) et donc nuiraient en définitive à l’emploi.

 

On le voit, la politique d’austérité pour les travailleurs est terriblement contreproductive pour notre économie.

 

C’est aux actionnaires, à leurs privilèges, concrétisés par les dividendes qui leur sont versés qu’il faut appliquer l’austérité. C’est le coût du capital qu’il faut réduire.

 

A cela s’ajoute encore un cadeau extraordinaire pour le MEDEF, et le mot « cadeau » est faible tant le coup que le gouvernement veut porter aux salariés est sans précédent : c’est l’annonce de la suppression des cotisations sociales famille dont les 35 milliards aujourd’hui acquittés par les entreprises à partir des richesses créées par le travail salarié disparaitraient dans les poches des actionnaires pour grossir encore leur butin.

 

Voilà ce qui a été annoncé par le gouvernement en guise de vœux de bonne année.

 

Nul doute que le MEDEF se réjouit, car, tandis que les travailleuses et travailleurs salariés sont durement frappés par la violence patronale, les responsables de la crise, gros actionnaires et grands banquiers, eux, sont épargnés, choyés et encouragés à poursuivre dans la même voie de destruction des emplois durables et de rabaissement des droits sociaux afin qu’ils puissent ainsi se garantir une bonne rentabilité des capitaux investis. 

 

Un seul fil conducteur à cette politique, engagée par Hollande et son gouvernement dès l’acceptation du traité européen d’austérité (le TSCG), mais désormais assumée pleinement, en tant que politique commune au MEDEF et au gouvernement : baisser ce que le patronat appelle le « coût du travail ».

 

Comme si depuis 30 ans que cette politique a été initiée et développée, il n’y avait pas eu suffisamment d’expériences concrètes démontrant son injustice sociale flagrante et son inefficacité économique totale !

 

Analyser les enjeux et débattre des revendications à formuler pour construire la riposte et l’alternative

 

Des débats à pousser en interne dans la CGT à partir de problématiques à clarifier et sur des questions à trancher. 

 

Des aides conditionnées à des objectifs ?

 

A la CGT, nous avons chiffré à 200 milliards environ le total des aides fiscales accordées par l’Etat. Il est clair, de prime abord, que ce montant colossal doit être évalué et expertisé par les travailleurs salariés et leurs représentants syndicaux afin d’en mesurer l’utilité exacte pour l’emploi durable et le développement économique.

 

C’est pourquoi nous revendiquons la mise en place de droits de contrôle pour les organisations syndicales, les salariés et leurs Comités d’entreprise afin de pouvoir évaluer, supprimer et/ou de réorienter ces aides. Cela suppose d’intervenir auprès des pouvoirs publics, de façon centrale vers le gouvernement, et décentralisée en direction de chaque Préfecture afin que soient mis en place les moyens et les outils publics nécessaires à ce contrôle.  

 

N’entretenons pas la confusion entre impôts et cotisations sociales en confondant toutes les mesures fiscales, quelle que soit leur objet, sous le vocable « aides aux entreprises »

 

Il nous faut voir également que nous ne pouvons mettre dans le même sac de ce que l’on appelle « aides » aux entreprise, ce qui, d’un côté peut apporter des moyens financiers supplémentaires pour embaucher de façon durable, développer les formations et les qualifications des salariés, et pour cela, en aidant à réduire le coût des emprunts bancaires, et par une fiscalité qui pénaliserait les revenus du capital, avec ce qui, d’un autre côté, comme par exemple la compensation fiscale des exonérations de cotisations sociales, s’avère en fait un accompagnement public au désengagement du financement socialisé de notre Sécurité Sociale.

 

Cette compensation publique au pillage et au vol des cotisations sociales par le patronat ne peut être comptabilisée comme une « aide » :

 

redisons-le, les exonérations de cotisations sociales accordées aux entreprises n’ont pas être conditionnées à un quelconque et illusoire résultat en termes d’emplois, mais elles doivent être supprimées, et ce sont bien les dividendes et les intérêts bancaires qui, étant les vraies charges pesant sur le dynamisme économique des entreprises, doivent être réduits le plus possible. 

 

Conditionner les exonérations de cotisations sociales à la perspective de créations d’emplois est profondément illusoire et revient à légitimer l’idée que c’est « le coût du travail », comme le prétendent les patrons qui serait à un obstacle à l’emploi. Cette légitimation par le syndicalisme serait une défaite idéologique majeure, ou, pour le dire autrement, nous marcherions complètement « à côté de nos pompes » car cela nous amènerait à renoncer à cette grande conquête sociale que représente la mise en place du salaire socialisé.

 

Il est urgent, comme nous le revendiquons au plan confédéral, de gagner l’ouverture d’un grand débat public et national sur le droit au travail et la création d’emplois, sur ce qui encourage et favorise le développement de l’emploi, ou, au contraire, le freine et l’étouffe : c’est tout le sens de notre campagne CGT sur le coût du capital, afin de mettre en lumière et en accusation les multiples façons que possède ce coût pour parasiter l’activité économique réelle, pousser aux suppressions massives d’emplois, au chantage sur le niveau des salaires, au déclin de notre industrie et de notre recherche publique, à la privatisation des services publics. 

 

Contreparties : impossible de se situer sur ce terrain piégé !

 

Il est possible de combattre le projet de régression sociale que constitue la volonté gouvernementale de supprimer les cotisations sociales famille.

 

A condition de ne pas se fourvoyer, plus ou moins ouvertement ou consciemment, dans une stratégie d’accompagnement de la politique du gouvernement, et donc de ne pas entretenir une confusion entre impôts et cotisations sociales.

 

Ainsi, disons-le haut et fort : il ne peut y avoir de contreparties à toutes les mesures d’exonérations de cotisations sociales et à l’annonce de la suppression des cotisations sociales famille. Tout simplement parce qu’elles représentent la partie socialisée du salaire, qu’elles sont la propriété des salariés, le patrimoine des travailleuses et travailleurs et que le recul social ne se négocie pas, il se combat !

 

Il est totalement illusoire de penser qu’il puisse y avoir des contreparties bénéfiques en termes d’emplois à partir d’une réduction de ce salaire socialisé, – du « coût du travail » comme disent nos adversaires capitalistes – alors que nous savons pertinemment qu’il faut augmenter les salaires pour sortir de la crise. Par contre, il peut et il doit y avoir exigences de contreparties aux aides fiscales accordées par l’Etat aux entreprises, après avoir établi clairement la définition de ce qu’est « une aide » aux entreprises : une « aide » devrait logiquement se comprendre comme diminuant le coût du capital.  

 

Pour les jours et semaines à venir …

 

1.       Reprenons le flambeau de nos revendications sur le financement de la Sécu à partir de notre triptyque salaire – emploi – cotisation sociale qui reste le seul cohérent pour un financement dynamique de la Sécu reliant droits collectifs et individuels (chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins), intérêts professionnels et interprofessionnels.

 

2.      Préparons la prochaine étape de lutte interprofessionnelle en refusant de négocier dans le cadre du « pacte de responsabilité » (« l’Union sacrée » autour de l’austérité) que le gouvernement veut imposer et en exigeant un autre cadre de négociations par la mobilisation dans l’action interprofessionnelle sur des revendications claires et précises.

 

8 Février 2014

Intersyndicale contre l’extrême-droite: c’est parti !

Plus de 600 personnes se sont réunies une journée entière à la Bourse du travail de Paris, le jeudi 29 janvier, répondant à un appel unitaire CGT, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL. La journée s’est organisée en commissions : bilan des communes administrées par le FN, droits des femmes et extrême-droite, sans-papiers, droits sociaux, etc. Un petit film historique sur les agissements de l’extrême-droite dans le mouvement ouvrier a été confectionné par l’Institut d’histoire sociale CGT. Il y avait une grande détermination à agir et aussi un plaisir d’être ensemble, de retrouver le chemin de l’unité, de vouloir construire dans la durée. La journée s’est terminée par un meeting dans le patio de la CGT à Montreuil, où ont pris la parole William  Martinet, Annick Coupé, Bernadette Groison, Thierry Lepaon. 

La déclaration officielle : 2014-01-30de_cla_29_commune

CGT FSU SOLIDAIRES UNEF UNL FIDL

Uni-e-s contre l’extrême droite
Appel national pour faire face à l’extrême droite
La journée de travail du 29 janvier, sous forme de huit ateliers autour de thématiques diverses,  a réuni plus de 600 syndicalistes. Cette initiative nationale inédite s’est conclue par un meeting avec l’expression des premiers responsables.
Les organisations syndicales CGT, FSU, Solidaires, UNEF, UNL et Fidl lancent un appel national pour faire face à l’extrême-droite.
Dans un contexte européen marqué par la remontée de courants d’extrême droite, où la France n’est pas épargnée comme en témoignent les mobilisations réactionnaires qui se développent, nos organisations restent déterminées
à combattre les idées, les propos et les pratiques xénophobes, homophobes, sexistes, racistes et antirépublicaines.
C’est notamment parce que la montée des idées et de l’influence de l’extrême droite, et particulièrement du Front national, impacte de plus en plus le monde du travail et l’ensemble de la société que le mouvement syndical est concerné et doit prendre ses responsabilités.
Nous savons que l’absence d’alternatives à la crise, l’aggravation de la situation sociale subies par les travailleurs de toutes origines, du privé comme du public, mais aussi par les chômeurs, les jeunes et les retraités fournissent un terreau exploité par l’extrême droite.
Nos organisations syndicales s’engagent à lutter contre l’imposture sociale de l’extrême droite. Nous décidons d’une campagne de longue durée marquée par des initiatives larges communes dans les entreprises, les administrations, les services publics et les universités, appuyée sur un travail concret de terrain. Nous décidons d’agir ensemble dans la durée et de nous doter d’outils et de moyens permanents pour faire face à l’extrême droite. D’ores et déjà, dans les semaines qui viennent, des initiatives unitaires s’organisent dans plusieurs régions.
Notre travail s’inscrit dans le prolongement de l’appel « La préférence nationale n’est pas compatible avec le syndicalisme », signé en mars 2011.
Nos organisations, CGT, FSU, Solidaires, UNEF, UNL et Fidl, appellent toutes les organisations syndicales à rassembler leurs forces contre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques, à nous retrouver pour poursuivre cet engagement.

Unitaires contre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques

Communiqué commun

Lancement de la campagne unitaire des organisations syndicales et étudiantes CGT, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL

Unitaires contre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques.

Les absences de réponses aux questions sociales vécues par les salariés, les privés d’emploi, les retraités mais aussi les jeunes ainsi que la crise avec ses conséquences dramatiques fournissent un terreau exploité par l’extrême droite. Les politiques d’austérité génèrent une aggravation du chômage, le développement des inégalités sociales, de la précarité, de la pauvreté et des processus d’exclusion. Cela accroît la désespérance sociale.

La montée des idées et de l’influence de l’extrême droite, et particulièrement du Front National, impacte le monde du travail et par conséquent le mouvement syndical.. Par leur histoire, leurs traditions, leurs valeurs, dans leurs pratiques et leurs capacités à proposer et agir au quotidien contre les inégalités et les injustices, les organisations syndicales sont confrontées aux propos, aux programmes, aux idées et pratiques de l’extrême droite, qu’elles sont déterminées à combattre.

Dans un contexte européen marqué par la remontée de courant d’extrême droite, nos organisations syndicales récusent la banalisation d’un parti dont l’histoire, les idées et pratiques n’en demeurent pas moins antirépublicaines, xénophobes et sexistes. Les organisations syndicales CGT, FSU et Solidaires ont décidé d’initier un travail en commun afin d’unir leurs forces pour construire un argumentaire, utilisable par tous les militants sur l’ensemble des territoires, sur les différentes questions sociales en jeu.

Ce travail s’inscrit dans le prolongement de l’appel « La préférence nationale n’est pas compatible avec le syndicalisme » signée en mars 2011.

Pour lancer cette campagne commune, elles organisent une journée de travail sous forme d’ateliers autour de thématiques diverses, le 29 janvier prochain à Paris. Cette journée se conclura par un temps fort d’expression syndicale, sous la forme d’un meeting avec la participation des premiers responsables de nos organisations, à Montreuil.

Nous entamerons ainsi une campagne de longue durée qui sera marquée par des initiatives larges communes dans les entreprises, administrations, services publics, localités et départements.

Le, 4 décembre 2013