FO

Automne 2014 : panne d’unité syndicale dans un contexte grave

 

L’automne 2014 est jugé gravissime dans le syndicalisme par le contexte politique, social, idéologique, moral. Le gouvernement de « gauche » est totalement discrédité, mais « droit dans ses bottes ». La crise continue et prend une tournure extrêmement inquiétante : une enquête du CREDOC montre que de plus en plus de Français sont tentés par la désolidarisation avec les plus pauvres d’entre eux, et notamment les chômeurs. Le MEDEF, totalement légitimé par le Premier ministre, en rajoute naturellement sur la casse du SMIC (pas supprimé mais concurrencé par un sous-SMIC des salariés les plus éloignés de l’emploi), des 35 heures (pas supprimées, mais concurrencées par de nouvelles dérogations dans les entreprises), des jours fériés (cette fois supprimés, mais pas tous!), etc. Le gouvernement se prépare à traduire son Pacte de responsabilité dans deux lois budgétaires en octobre : la loi de Finances  et la loi de financement de la Sécurité sociale. Au menu : 50 milliards d’économies pour financer les cadeaux aux entreprises, la destruction de pans entiers de la Sécurité sociale, l’asphyxie des hôpitaux.

Dans ce contexte, plusieurs dates d’actions sont annoncées, mais dans un contexte de division syndicale particulièrement aigüe. Une « Convergence des hôpitaux en lutte contre l’Hôstérité » a vu le jour depuis le printemps, soutenue par 80 syndicats hospitaliers, dont la Fédération SUD santé-sociaux, mais pas par la fédération CGT santé-social, dont un grand nombre de syndicats s’implique dans cette Convergence.

La CGT annonce une date de mobilisation le 16 octobre prochain, au moment du débat budgétaire, pour « une reconquête de la sécurité sociale », sous la forme de  rassemblements régionaux, dont un en Ile-de-France et dans les départements limitrophes. Cette date du 16 octobre est issue d’une initiative des fédérations CGT des organismes sociaux (personnels de la sécurité sociale) et de la santé. Mais tout en annonçant rechercher depuis fin août le moyen de l’unité syndicale, la confédération CGT se refuse à proposer une réunion intersyndicale, notamment devant le refus de la CFDT d’accepter d’agir sur les budgets, tout occupée qu’elle est à soutenir de fait les grandes orientations du gouvernement, et notamment le Pacte de responsabilité. La CGT suggère des rencontres bilatérales.

La FSU souhaitait depuis début septembre s’inscrire dans une démarche intersyndicale, mais accepte le cadre CGT des bilatérales.

L’Union syndicale Solidaires s’adresse à toutes les organisations pour proposer « une dynamique unitaire de mobilisation » et donc une rencontre intersyndicale, mais refuse de se rendre à des réunions bilatérales.

Force ouvrière ne fait pas entendre (à cette date, le 25 septembre) de propositions nationales.

Seules les organisations syndicales de retraités organisent une manifestation dans l’unité la plus large le 30 septembre.

Nous mettons à disposition ci-dessous des documents syndicaux permettant la réflexion, et, il faut l’espérer, un rebond.

La Convergence de 80 hôpitaux en lutte : manifestation de 1500 personnes le 23 septembre à Paris :

Pour télécharger le tract cliquez ici

L’appel au 16 octobre des deux fédérations CGT des personnels de sécurité sociale et de la santé :

Les 4 tracts pour l’action du 16 octobre 2014, tous en grève et manifestation

 Campagne « + d’argent pour la SECU ! »

Pour une journée d’action et de manifestation le 16 octobre 2014 à l’occasion du débat sur le PLFSS

Articulation de la campagne « + d’argent pour la SECU ! » des fédérations des organismes sociaux et de la santé action sociale :
- Le tract n°1 de juillet : « Le pacte de responsabilité… »,
- Le tract n°2 d’août : « Emplois supprimés… »,
- Le tracts n°3 de septembre « Salaires bloqués » et Le n°4 « Personnels méprisés »

- Une carte postale pétition éditée à 500 000 exemplaires à destination du président Hollande,
- Une affiche A3 tirée à 30 000 exemplaires,
(ce matériel sera disponible dans les UD aux environs du 20 août).

De plus, 4 meetings en région seront organisés avec la présence des deux Secrétaires Généraux des fédérations CGT des organismes sociaux et santé action sociale.

Dates prévues
- Le 22 septembre 2014 à Lyon,
- Le 29 septembre 2014 à Marseille
- Le 9 octobre 2014 à Paris
- Date à confirmer en Midi-Pyrénées

Les éléments de cette campagne ont pour objectif à réussir le 16 octobre 2014 journée d’action et de manifestation à l’occasion du débat sur le PLFSS


 

L’appel de la CGT : A la reconquête de la Sécurité sociale

A la reconquête de la Sécurité sociale

Cet automne, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2015 entre en discussion à l’Assemblée. Ce débat parlementaire nous concerne tous, car chaque salarié participe au financement de la Sécurité sociale pour permettre à tous d’avoir des droits pour bien vivre, bien se soigner, bien travailler, bien vieillir. C’est cette solidarité qu’il faut défendre, et reconquérir. C’est ce qui la différencie des assurances privées et donc du chacun pour soi !

La CGT a mis deux dates à l’agenda social sur le thème de la protection sociale. D’abord le 30 septembre prochain avec son Union Confédérale des Retraités , la CGT mobilise retraités et actifs pour exiger une revalorisation de toutes les retraites, revalorisation basée sur l’évolution du salaire moyen. Elle appelle, avec neuf autres organisations de retraités, à des rassemblements dans tous les départements le 30 septembre prochain.

Ensuite le 16 octobre, elle appelle les salariés une journée nationale de mobilisations coordonnées en amont de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2015 (PLFSS) par l’Assemblée nationale. Cette initiative s’inscrit dans la campagne de reconquête de la Sécurité sociale, tant sur les questions de son financement que de la réponse aux besoins des salariés. Elle est un des versants de la campagne engagée depuis plusieurs mois par la CGT sur le coût du capital. La CGT entend donc articuler les questions des salaires, de l’emploi et du travail avec cette ambition de reconquérir la Sécurité sociale.
Cette journée sera marquée par un rassemblement national à Paris suivi d’une prise de parole avec la participation notamment de syndicats de la Santé et de l’action sociale et des Organismes sociaux. Dans les départements de province, les organisations de la CGT interpelleront les préfectures, les agences régionales de Santé, parlementaires, sous forme de motions, rassemblements et manifestations et la tenue de conférences de presse.


Lettre de l’Union syndicale Solidaires :

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Pour une dynamique unitaire de mobilisation

En Juillet dernier, une partie des organisations syndicales avaient décidé, sans se concerter, de boycotter la Conférence sociale 2014 organisée par le gouvernement, pour réaffirmer un désaccord profond avec la politique menée au service du patronat et l’absence totale d’écoute des organisations syndicales. Ce boycott, qui nous a semblé indispensable, n’est cependant pas suffisant pour faire cesser les attaques contre les salarié-es, retraité-es et les chômeurs/ses. Depuis la conférence sociale, la situation ne s’est pas améliorée, bien au contraire : licenciements, précarité, chômage, salaires bas, gel des salaires dans la fonction publique et des pensions, les attaques se poursuivent et s’amplifient… pendant que le gouvernement offre des dizaines de milliards d’euros au patronat sans aucune contrepartie et aucun contrôle des aides publiques. Chaque nouvelle intervention du patronat, de Hollande ou d’un des ministres en charge des questions sociales nous montre l’importance d’organiser des actions nationales, dans les entreprises et les territoires le plus rapidement possible. C’est pourquoi nous pensons que la responsabilité de nos organisations syndicales en la période est très importante et que nous nous devons d’organiser un cadre vraiment unitaire pour des actions fortes et coordonnées.

En cette rentrée, nous avons pris connaissance, dans les médias, d’une journée d’action annoncée par la CGT le 16 octobre sans qu’au préalable la perspective d’une initiative commune soit proposée entre organisations syndicales. Sans unité syndicale et sans préparation collective sur le fond comme sur la forme, ce type de journée n’empêchera malheureusement pas le gouvernement et le patronat d’avancer, et ne permettra pas non plus d’enclencher une dynamique positive de travail en commun et dans la durée sur le terrain. Voilà pourquoi nous insistons pour que les organisations qui partagent des éléments essentiels d’appréciation sur la gravité des attaques actuelles contre le salariat, agissent ensemble. Nous savons que la division actuelle du mouvement syndical est un affaiblissement de tous, mais nous savons aussi qu’une partie de celui-ci partage une même volonté d’action. Nous ne pouvons nous contenter de rencontres bilatérales entre organisations, comme l’ont proposé la FSU et la CGT, parce que ce type de réunion ne permettrait pas de construire des actions unitaires et ne peut en aucun cas remplacer une véritable intersyndicale. Nous ne pouvons fonctionner ainsi et nous ne participerons pas à celles qui sont actuellement proposées, ce qui ne constitue pas un refus de discuter à l’avenir évidemment.

Aujourd’hui, c’est tous et toutes ensemble, autour d’une même table, que nous pouvons et devons construire les mobilisations à venir. Ce n’est pas ce qui se passe concernant la journée de mobilisation du 16 octobre, ce que nous déplorons. Nous osons espérer qu’à l’avenir nous pourrons nous rencontrer sur de meilleures bases, nous réaffirmons notre attachement à la constitution d’un front syndical de luttes et continuerons à agir dans ce sens.

Solidairement,

Paris, le 22 septembre 2014

144 Bd de la Villette 75 019 Paris
Téléphone : 01 58 39 30 20 Télécopie : 01 43 67 62 14
contact@solidaires.org http://www.solidaires.org
Lettre de l’Union syndicale Solidaires à : CGT, FSU, FO, CFDT, CFTC, UNSA, CGC

 

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Contre les licenciements : « droit de propriété »

Le tract unitaire (issu des syndicats CGT, CFDT, FO des papeteries ArgoWiggins) que nous publions témoigne du regain d’audace et de combativité dont font preuve en ce moment les salariés et leurs syndicats pour contester au patronat le droit de licencier. Le droit de « préemption » ou de « propriété » sur les richesses créées par les salariés est invoqué pour refuser la logique capitaliste.

Lien vers l’original du tract : Va t’en Arjo
« Va t’en », ordonne ArjoWiggins !

Un matin, quelqu’un vous dit : on ferme l’usine, vous avez un an, mais de toute façon vous devez partir. Vous regardez avec tristesse l’usine dans laquelle vous travaillez, puis vous vous dirigez au vestiaire, vous rassemblez vos affaires et vous allez pointer au chômage… Ah Non ? Vous demandez au type qui vous prive de votre gagne-pain, de quel droit il prétend vous déposséder de votre travail, et de l’usine que votre travail a valorisée.

Faut-il s’opposer à cette décision ou évacuer les lieux tout de suite ?

1/ L’ordre de fermeture d’ArjoWiggins repose sur un front Sequana, banques, gouvernement. Ce front est trop fort pour nous ? Cédons le terrain ?
– La décision de fermer l’usine n’a rien à voir avec les défauts de l’usine elle-même, ni le travail, ni la variation des commandes. Tout est lié à la Bourse.
– Cette décision, annoncée le 10 avril 2014, fait suite à un accord secret gouvernement-banques-Sequana, fondé sur le remboursement des créanciers par l’argent récupéré sur la masse salariale.

Nous répondons : cette décision bafoue nos droits les plus élémentaires. C’est nous qui avons créé les richesses dont Arjo Wiggins profite, et c’est sur ces richesses que Sequana spécule en Bourse. Et nous n’avons d’autre mot à dire que : au revoir ?
Nous sommes donc revenus au temps des rois, qui décidaient sans appel ? Nous ne l’acceptons d’autant moins que, si la loi Florange a été intentionnellement vidée de son contenu, une base légale existe, le droit de préemption. Les élus des mairies, des départements, et des régions constituent un point d’appui de lutte contre l’arbitraire.
2/ Abandonner le droit de préemption et notre droit de propriété sur l’usine que nous avons enrichie, pour aller à Pôle Emploi, moyennant une prime qu’on espère très haute ?
– Le chômage de masse est la bombe atomique à la seule disposition des patrons. Quand on entre au chômage, à partir d’un certain âge – 50 ans -, c’est pour toujours. Dans tous les cas, les petits boulots, les boulots précaires vont se suivre.
– Tous les chômeurs sur les listes de Pôle Emploi, seuls 43% en sortent avec un travail. Le plus souvent en CDD, avec des salaires de misère.
– Un délai de carence vient d’être institué par un ANI sur l’UNEDIC, d’au moins 45 jours, avant de toucher les indemnités propres au licenciement.
– La prime « extralégale » tient lieu d’une croyance au Père Noël. Si au début des licenciements massifs dans l’industrie, les primes au départ – à la valise – ont été substantielles (acier, charbon, navale), ce temps des années 1980 est révolu. Le licenciement est tellement libéralisé, que l’acte de licencier est gratuit pour le patron.

Nous répondons : la peur est mauvaise conseillère. Elle conduit à coup sûr au désastre.
– Si nous renonçons au combat, à la solidarité, là, tout de suite, et nous refusons de lutter de façon collective pour la survie des usines ArjoWiggins, alors le tarif de départ de chacun pour Pôle Emploi va être voisin de zéro.
– Si nous abordons immédiatement la négociation d’un PSE sans aucune autre intention que de faire monter les enchères du prix du départ de chacun, alors la suite est archiconnue : les salariés et les syndicats seront non seulement méprisés à la table de négociation du PSE, mais en plus, la direction ouvrira immédiatement des plans de départ volontaire pour accentuer la panique, le sauve qui peut.
– L’angoisse de chacun est bien normale, d’ailleurs les patrons spéculent là-dessus ! Certains se disent, quittons l’enfer de l’incertitude du lendemain, c’est foutu, allons au plus vite à Pôle Emploi. Nous leur certifions que le chômage est un enfer bien plus brûlant que les incertitudes devant nous. Et jamais nous ne voudrons essuyer les reproches de collègues, qui auraient pris la poudre d’escampette, et qui nous diront plus tard : « vous ne nous avez pas prévenu ! »

3/ La lutte de ceux de M Real Alizay a permis non seulement la sauvegarde de centaines d’emplois, mais également la pérennité du site. C’est cette réussite qui nous avait motivé pour revendiquer avec nos camarades de la sidérurgie une loi Florange. Eh bien, ensemble, prenons le chemin qui a été emprunté par ceux de M Real Alizay.
Nous répondons au mépris de l’état major de Sequana, dont la seule vérité est celle de la Bourse, que nous luttons avec détermination pour nos métiers, nos emplois, nos usines. C’est à eux de partir !

S’ils ne veulent plus en jouer, qu’ils nous laissent le camion, son chargement et les clés du camion.
Restons ensemble, solidaires, jouons collectifs !

FILPAC CGT, CFDT, FO

 

Des documents pour agir

Nous avions publié, avant la journée CGT du 6 février,  des extraits de l’appel de Force ouvrière à manifester le 18 mars prochain contre le Pacte de « responsabilité » initié par le gouvernement Hollande.  Depuis, les choses bougent, même si l’absence de vraie démarche unitaire de FO soulève aussi des interrogations et des critiques. La Comité confédéral CGT du 11 et 12 février a décidé le principe d’un appel au 18 mars.  Non sans débats, mais dans un souci de rassembler. Cela devrait ouvrir la voie à d’autres appels. L’utilisation par FO de la date du 18 mars, à l’origine une journée de lutte déjà lancée depuis janvier par toutes (donc aussi la CFDT) les fédérations des organismes sociaux (les personnels de sécurité sociale) suscite également des remous côté CFDT. Car la portée du 18 mars changerait évidemment de dimension, pour devenir un « moment interprofessionnel » face au Pacte de responsabilité du gouvernement.

Nous publions ci-dessous divers documents qui indiquent une recherche d’action, tout autant que de mise en débat de réflexions sur le fond, comme par exemple les questions posées par la place historique des cotisations d’allocations familiales (voir les documents de l’UD CGT des Hauts de Seine), les préoccupations qui continuent à parcourir le syndicalisme sur l’offensive des extrêmes-droites dans la rue  (voir le document « 7 jours » de la FILPAC CGT), et la manière dont l’Union syndicale Solidaires se positionne dans ce contexte. Nus ajoutons aussi un document du Comité national CGT des privés d’emploi, qui indique comment il se positionne sur le fond, pour l’indemnisation des chômeurs et pour une 5ème branche de la Sécurité sociale.

CLIQUEZ :

 

La Sécurité Sociale, à défendre plus que jamais

face aux démolisseurs du MEDEF et du gouvernement,

complices dans le projet de démantèlement de la branche famille,

un des trois piliers de notre Sécu, avec les branches maladie et retraite.

 

 

Ne laissons pas amputer la Sécu de sa branche famille !

 

Les fossoyeurs du progrès social sont à pied d’œuvre.

 

Le MEDEF et le Président de la République, avec son gouvernement PS, sont en effet main dans la main, décidés à frapper très fort, à franchir un cap dans le démantèlement de la Sécurité Sociale.  

 

L’attaque est d’une envergure inédite : bien que puisant dans les reculs sociaux successifs infligés depuis vingt-cinq ans environ à notre Sécurité Sociale, de plan Seguin en plan Rocard, de lois Balladur en loi Ayrault, d’exonérations de cotisations sociales en rabougrissements des remboursements et prestations, de recul de l’âge de la retraite en casse de l’hôpital public, le projet de suppression des cotisations sociales famille répond totalement au cahier revendicatif du MEDEF et franchirait un saut « qualitatif » (si l’on peut dire !) dans l’œuvre de démantèlement de cette formidable conquête sociale qu’est la Sécu.

 

Alors que notre Sécurité Sociale a pris son essor à la Libération et que nous allons commémorer le 70ème anniversaire de l’élaboration du programme du Conseil National de la Résistance (CNR) qui portait cette ambition de création de la Sécurité Sociale, toujours aussi moderne en notre 21ème siècle, il est indispensable de ne pas se laisser voler cet héritage de progrès social et donc de trouver les moyens de se rassembler pour stopper la régression annoncée.

 

La première urgence est d’alerter et de faire entendre une position claire de refus de la suppression de cotisations sociales famille !

 

Le tract de l’UD a été rédigé dans ce but et il est donc à utiliser partout pour cette première tâche. (Voir ci-joint)

 

Ce n’est pas parce qu’elles sont baptisées cotisations de « l’entreprise » que les cotisations sociales Famille sont la propriété de l’employeur, du patronat : rappelons haut et fort que ce sont les salariés, et eux seuls, par leur travail, qui créent les richesses dans l’entreprise.

 

Prendre la mesure exacte de l’ampleur de la régression sociale projetée, alerter et riposter doivent être à l’ordre du jour dans chaque syndicat, dans toutes nos réunions de syndiqués.

Prendre la mesure de l’ampleur de la réduction annoncée des dépenses publiques et de ravages sociaux que cela provoquerait

 

Le plan d’austérité présenté par le 1er Ministre, – un plan démentiel ! – a été détaillé de la façon suivante :

 

– 15 milliards de dépenses publiques en moins pour 2014 !

– 18 milliards en 2015 !

– 18 milliards en 2016 !

 

Ces réductions inacceptables, d’une ampleur considérable, si rien ne les remettait en cause sur le terrain, si aucune lutte ne les contestait frontalement, frapperaient alors les services publics dans leur capacité à répondre avec efficacité aux besoins des populations. Elles rétréciraient leurs capacités d’investissements (70% des investissements sont actuellement le fait des collectivités territoriales) et donc nuiraient en définitive à l’emploi.

 

On le voit, la politique d’austérité pour les travailleurs est terriblement contreproductive pour notre économie.

 

C’est aux actionnaires, à leurs privilèges, concrétisés par les dividendes qui leur sont versés qu’il faut appliquer l’austérité. C’est le coût du capital qu’il faut réduire.

 

A cela s’ajoute encore un cadeau extraordinaire pour le MEDEF, et le mot « cadeau » est faible tant le coup que le gouvernement veut porter aux salariés est sans précédent : c’est l’annonce de la suppression des cotisations sociales famille dont les 35 milliards aujourd’hui acquittés par les entreprises à partir des richesses créées par le travail salarié disparaitraient dans les poches des actionnaires pour grossir encore leur butin.

 

Voilà ce qui a été annoncé par le gouvernement en guise de vœux de bonne année.

 

Nul doute que le MEDEF se réjouit, car, tandis que les travailleuses et travailleurs salariés sont durement frappés par la violence patronale, les responsables de la crise, gros actionnaires et grands banquiers, eux, sont épargnés, choyés et encouragés à poursuivre dans la même voie de destruction des emplois durables et de rabaissement des droits sociaux afin qu’ils puissent ainsi se garantir une bonne rentabilité des capitaux investis. 

 

Un seul fil conducteur à cette politique, engagée par Hollande et son gouvernement dès l’acceptation du traité européen d’austérité (le TSCG), mais désormais assumée pleinement, en tant que politique commune au MEDEF et au gouvernement : baisser ce que le patronat appelle le « coût du travail ».

 

Comme si depuis 30 ans que cette politique a été initiée et développée, il n’y avait pas eu suffisamment d’expériences concrètes démontrant son injustice sociale flagrante et son inefficacité économique totale !

 

Analyser les enjeux et débattre des revendications à formuler pour construire la riposte et l’alternative

 

Des débats à pousser en interne dans la CGT à partir de problématiques à clarifier et sur des questions à trancher. 

 

Des aides conditionnées à des objectifs ?

 

A la CGT, nous avons chiffré à 200 milliards environ le total des aides fiscales accordées par l’Etat. Il est clair, de prime abord, que ce montant colossal doit être évalué et expertisé par les travailleurs salariés et leurs représentants syndicaux afin d’en mesurer l’utilité exacte pour l’emploi durable et le développement économique.

 

C’est pourquoi nous revendiquons la mise en place de droits de contrôle pour les organisations syndicales, les salariés et leurs Comités d’entreprise afin de pouvoir évaluer, supprimer et/ou de réorienter ces aides. Cela suppose d’intervenir auprès des pouvoirs publics, de façon centrale vers le gouvernement, et décentralisée en direction de chaque Préfecture afin que soient mis en place les moyens et les outils publics nécessaires à ce contrôle.  

 

N’entretenons pas la confusion entre impôts et cotisations sociales en confondant toutes les mesures fiscales, quelle que soit leur objet, sous le vocable « aides aux entreprises »

 

Il nous faut voir également que nous ne pouvons mettre dans le même sac de ce que l’on appelle « aides » aux entreprise, ce qui, d’un côté peut apporter des moyens financiers supplémentaires pour embaucher de façon durable, développer les formations et les qualifications des salariés, et pour cela, en aidant à réduire le coût des emprunts bancaires, et par une fiscalité qui pénaliserait les revenus du capital, avec ce qui, d’un autre côté, comme par exemple la compensation fiscale des exonérations de cotisations sociales, s’avère en fait un accompagnement public au désengagement du financement socialisé de notre Sécurité Sociale.

 

Cette compensation publique au pillage et au vol des cotisations sociales par le patronat ne peut être comptabilisée comme une « aide » :

 

redisons-le, les exonérations de cotisations sociales accordées aux entreprises n’ont pas être conditionnées à un quelconque et illusoire résultat en termes d’emplois, mais elles doivent être supprimées, et ce sont bien les dividendes et les intérêts bancaires qui, étant les vraies charges pesant sur le dynamisme économique des entreprises, doivent être réduits le plus possible. 

 

Conditionner les exonérations de cotisations sociales à la perspective de créations d’emplois est profondément illusoire et revient à légitimer l’idée que c’est « le coût du travail », comme le prétendent les patrons qui serait à un obstacle à l’emploi. Cette légitimation par le syndicalisme serait une défaite idéologique majeure, ou, pour le dire autrement, nous marcherions complètement « à côté de nos pompes » car cela nous amènerait à renoncer à cette grande conquête sociale que représente la mise en place du salaire socialisé.

 

Il est urgent, comme nous le revendiquons au plan confédéral, de gagner l’ouverture d’un grand débat public et national sur le droit au travail et la création d’emplois, sur ce qui encourage et favorise le développement de l’emploi, ou, au contraire, le freine et l’étouffe : c’est tout le sens de notre campagne CGT sur le coût du capital, afin de mettre en lumière et en accusation les multiples façons que possède ce coût pour parasiter l’activité économique réelle, pousser aux suppressions massives d’emplois, au chantage sur le niveau des salaires, au déclin de notre industrie et de notre recherche publique, à la privatisation des services publics. 

 

Contreparties : impossible de se situer sur ce terrain piégé !

 

Il est possible de combattre le projet de régression sociale que constitue la volonté gouvernementale de supprimer les cotisations sociales famille.

 

A condition de ne pas se fourvoyer, plus ou moins ouvertement ou consciemment, dans une stratégie d’accompagnement de la politique du gouvernement, et donc de ne pas entretenir une confusion entre impôts et cotisations sociales.

 

Ainsi, disons-le haut et fort : il ne peut y avoir de contreparties à toutes les mesures d’exonérations de cotisations sociales et à l’annonce de la suppression des cotisations sociales famille. Tout simplement parce qu’elles représentent la partie socialisée du salaire, qu’elles sont la propriété des salariés, le patrimoine des travailleuses et travailleurs et que le recul social ne se négocie pas, il se combat !

 

Il est totalement illusoire de penser qu’il puisse y avoir des contreparties bénéfiques en termes d’emplois à partir d’une réduction de ce salaire socialisé, – du « coût du travail » comme disent nos adversaires capitalistes – alors que nous savons pertinemment qu’il faut augmenter les salaires pour sortir de la crise. Par contre, il peut et il doit y avoir exigences de contreparties aux aides fiscales accordées par l’Etat aux entreprises, après avoir établi clairement la définition de ce qu’est « une aide » aux entreprises : une « aide » devrait logiquement se comprendre comme diminuant le coût du capital.  

 

Pour les jours et semaines à venir …

 

1.       Reprenons le flambeau de nos revendications sur le financement de la Sécu à partir de notre triptyque salaire – emploi – cotisation sociale qui reste le seul cohérent pour un financement dynamique de la Sécu reliant droits collectifs et individuels (chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins), intérêts professionnels et interprofessionnels.

 

2.      Préparons la prochaine étape de lutte interprofessionnelle en refusant de négocier dans le cadre du « pacte de responsabilité » (« l’Union sacrée » autour de l’austérité) que le gouvernement veut imposer et en exigeant un autre cadre de négociations par la mobilisation dans l’action interprofessionnelle sur des revendications claires et précises.

 

8 Février 2014

6 février : un exemple d’unité en Haute Loire

 

La CGT a décidé, dès fin 2013, une journée nationale interprofessionnelle d’action, avec grèves et manifestations, qui a lieu le 6 février.

  Cette journée prend place dans une campagne CGT contre le « coût du capital ». La CGT a annoncé son souhait que cette journée se construise dans l’unité, mais il ne semble pas qu’une démarche ait été clairement engagée en ce sens au plan national. Pas même en direction des organisations qui auraient pu en approuver le contenu revendicatif, comme la FSU et Solidaires (CGT, FSU et Solidaires viennent par ailleurs, d’organiser une journée réussie, le 29 janvier, contre l’extrême-droite).

Simultanément, après une rencontre entre Thierry Lepaon et Laurent Berger, CGT, CFDT, FSU, UNSA, ont travaillé sur une déclaration commune, qui certes se traduit par l’appel à une journée européenne d’action le 4 avril (initiative CES), mais à ce stade aucune action en France. Par contre, le contenu de cette déclaration inspire les premières rencontres entre le gouvernement et les syndicats sur le « pacte de responsabilité », surtout en ce qui concerne les « contreparties » aux largesses accordées au MEDEF.

L’Union syndicale Solidaires à écrit à la CGT (voir la lettre sur ce blog) pour déplorer ce manque de perspectives d’action et son exclusion des réunions de cette intersyndicale dès lors qu’une organisation n’approuve pas la première déclaration, ce qui est le cas de Solidaires. FO, de son côté, appelle à une journée de mobilisation en mars, centrée sur le dispositif Hollande du « pacte de responsabilité ». A l’évidence, le paysage syndical peine (le mot est faible) à se rassembler face aux défis de la situation, ressentis avec amertume, angoisse,  par les salarié-es.

Nous publions ci-dessous le lien vers l’appel unitaire CGT, FSU, Solidaires pour le 6 février, dans le département de Haute-Loire, appel dont la qualité argumentaire et revendicative peut inspirer des équipes syndicales à l’avenir. D’autres appels unitaire existent pour cette journée, mais rares.

Nous ajoutons aussi des extraits de l’appel de Jean-Claude Mailly à une action pour le 18 mars prochain.

  • JEAN-CLAUDE MAILLY DÉNONCE L’AUSTÉRITÉ ET APPELLE À L’ACTION POUR LE 18 MARS (extraits)

Contre l’austérité et ses conséquences dramatiques, la confédération Force Ouvrière a rassemblé 5000 militants à la Halle Freyssinet, à Paris.

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Pour FO, le combat contre l’austérité doit être mené à tous les niveaux. Au niveau européen tout d’abord ; comme d’autres organisations syndicales de toute l’Europe, la CES s’est prononcée contre le pacte budgétaire européen et milite pour une politique européenne ambitieuse de relance. Ainsi « l’Europe ne doit plus être facteur de contraintes ou de sanctions mais de progrès social » a rappelé le secrétaire général. La directive détachement en est une illustration : la révision de cette directive est insuffisante et ce qui prime dans cette directive, c’est liberté de prestation de services et non les conditions sociales des travailleurs européens. Changer les modalités de la construction européenne est donc un enjeu central.

Au niveau national, la confédération a également appelé à la rupture. Le secrétaire général a rappelé les combats pour la reconnaissance du repos dominical, contre la réforme de l’inspection du travail, les enjeux des négociations sur l’assurance-chômage. Il a également dénoncé le pacte de responsabilité annoncé par le président de la République. Ce pacte, salué par la Commission Européenne, est cohérent avec le pacte budgétaire européen mais « en contradiction avec le pacte républicain ». Dénonçant «l’axe Hollande-Gattaz», Jean Claude Mailly s’est interrogé sur le syndrome de Stockholm dont semble souffrir le président de la République, naguère ennemi de la Finance autoproclamé.

Le secrétaire général a donc proposé, au nom de la commission exécutive confédérale unanime, d’élargir la journée de grève prévue le 18 mars dans la Sécurité Sociale et d’en faire «une journée de rassemblements et de manifestations» interprofessionnelles. Il s’est enfin adressé aux autres organisation pour leur proposer de «faire de ce 18 mars une journée de grève interprofessionnelle».