travail

Syndicalisme: cinq défis à relever, vu par Le Monde

 Michel Noblecourt, journaliste au Monde, chargé notamment de la rubrique « vie syndicale », nous a communiqué son article de commentaire sur le livre : Syndicalisme : cinq défis à relever, paru dans Le Monde du 17 février 2015. Nous l’en remercions. 

130201-logo-le-monde« Syndicalisme : cinq défis à relever. Unissons-nous ! » Ouvrage collectif coordonné par Jean-Claude Branchereau et Patrick Brody, Editions Syllepse, 140 p., 10 euros

Ils sont onze syndicalistes d’horizons divers – CGT, CFDT, CFTC, FSU, UNSA – qui ont au cœur une même préoccupation : le syndicalisme se délite et apparaît « de moins en moins crédible ». Se disant à la fois « radicaux » – « nous œuvrons pour un changement où le travail prendrait le pouvoir sur le capital » – et « réformistes » – ils cherchent à « changer en mieux, obtenir des améliorations » –, ils ont choisi, dans une démarche inédite, de s’exprimer ensemble, sous la houlette de deux militants cégétistes, Jean-Claude Branchereau (banque) et Patrick Brody (commerce) pour changer le syndicalisme. Ce livre n’est pas un cri de détresse. Il ne brise pas tous les tabous. Mais il avance des propositions décapantes.

Ce « syndicollectif » identifie cinq défis à relever d’urgence. Le premier, c’est la revendication « en lien avec les salariés ». Plus radicaux que réformistes, les auteurs défendent « un syndicalisme offensif de résistance et de progrès ». Critiques sur l’accord de 2013 sur l’emploi, signé par la CFDT, ils invitent à « bien distinguer compromis, avancées partielles et reculs ».

Sur le défi de l’unité, ils jugent que les raisons historiques de la division syndicale sont« pour certaines obsolètes » et ironisent sur ces forces qui agissent ensemble à la Confédération européenne des syndicats et à la Confédération syndicale internationale et se battent entre elles en France. Leur idée de créer un « conseil national permanent du syndicalisme » ne manque ni d’audace ni d’utopie…

« Changement de paradigme »

Le troisième défi est celui de la démocratie qui doit être « réellement participative », ce qui suppose que « les syndiqués doivent pouvoir décider, être consultés », d’abord dans l’entreprise. Sur la sacro-sainte indépendance, ils préconisent un « dialogue ouvert au grand jour » afin de réinventer les liens entre syndicalisme et politique : « Ni subordination, ni instrumentalisation, ni indifférence, c’est un rapport d’égal à égal qu’il convient de construire. » Enfin – cinquième défi –, ils plaident pour un « changement de paradigme », en intégrant la dimension européenne « depuis l’élaboration des revendications jusqu’à la négociation en passant par la définition des modes d’action ».

Pour Pierre Héritier, ancien secrétaire national de la CFDT, à son aile gauche, le syndicalisme « est menacé d’assèchement. Il doit retrouver sa place là où sont les salarié(e)s ». Gérard Aschiéri, ancien secrétaire général de la FSU, juge « mortifère »le clivage entre réformistes et radicaux : « Le syndicalisme qui se réclame de la transformation sociale a aussi besoin d’efficacité à court terme et de victoires partielles, tandis que le syndicalisme qui se dit réformiste se trouve vite bloqué par des marges qui ne font que se rétrécir s’il se contente de s’y inscrire. » Ce manuel est souvent discutable. Mais il est utile à méditer pour qui veut redonner de la crédibilité au syndicalisme.

Michel Noblecourt

Un ouvrage sur les éboueurs à Marseille

Éboueurs de Marseille

Entre luttes syndicales et pratiques municipales

un livre de Pierre Godard et André Donzel

Préface de Michel Samson

– Marseille propre ?

– Conflits et grèves pour un service public de la propreté

– Sabiani, Defferre, Guérini, Gaudin et les autres… continuité et rupture du clientélisme

– Marchés truqués, privatisation et « fini-parti »

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Ce livre retrace l’histoire du service public de la propreté urbaine à Marseille. Il analyse les différents conflits sociaux qui ont jalonné sa mise en place et qui se sont intensifiés à partir du milieu des années 1970. Il les replace dans le contexte des évolutions techniques et économiques qui ont affecté les métiers de la filière des déchets dans les dernières décennies. Les auteurs décrivent l’incapacité des municipalités successives à gérer la conflictualité et à conduire, sur une base sociale élargie, les négociations sur la modernisation du service public. Ils mettent en évidence la contradiction entre un souci de préservation de la paix sociale par le maintien d’une cogestion clientéliste des relations professionnelles et les pressions économiques grandissantes tendant à la dérégulation de l’ensemble de la filière des déchets. Mais les Marseillais n’acceptent plus un système qui coûte de plus en plus cher et qui leur paraît tellement opaque qu’il est parfois qualifié de mafieux. Même si certains trouvent opportun de cultiver cette image, il y a aussi, au-delà du folklore, une lutte pour l’avenir du service public.

En librairie le 9 octobre

15 € / 224 pages

Discutez avec les auteurs en écrivant à marseille.propre@free.fr

Commandez l’ouvrage chez Syllepse

Des dossiers de « Terrains de luttes » utiles pour l’action syndicale: « Aides à domicile, des travailleuses de l’ombre »

Le site Terrains de luttes, avec qui Syndicollectif a noué un partenariat, publie des dossiers qui reprennent des textes précédemment publiés en ligne. Plusieurs d’entre eux intéressent directement les syndicalistes. Nous présentons ici le dossier n°3:

Aides à domicile, des travailleuses de l’ombre

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Les aides à domicile représentent aujourd’hui plus de 500 000 salariées en France. Ce sont presque exclusivement des femmes. Elles travaillent dans un secteur où le droit du travail est peu respecté et peu adapté. Comme les assistantes maternelles ou les femmes de ménages, elles sont pourtant presque invisibles dans les médias. Combien de reportages sur les conditions de travail de ces femmes ?

Cette invisibilité est également de mise dans le champ politique, même parmi les organisations politiques de gauche. Comment revendiquer la représentation des dominés quand une fraction aussi importante des classes populaires est marginalisée ?

Terrains de luttes revient dans ce dossier sur les salariés des secteurs des services à la personne, et plus particulièrement des aides à domicile. A partir d’un entretien avec un inspecteur du travail, spécialiste du secteur, et d’une observation d’une étudiante, nous donnons à voir la faiblesse et le peu de respect du droit du travail dans ces métiers. C’est le moyen de suggérer des pistes revendicatives et des outils juridiques. Pour se garder de tout misérabilisme, Christelle Avril, sociologue et auteure d’un ouvrage sur les aides à domicile, nous montre également à quelles conditions des solidarités se tissent entre ces femmes face à leurs cheffes.

TELECHARGER LE DOSSIER N°3 DE TERRAINS DE LUTTES

Syndicalisme et travail : envie de débat

Nous avons reçu le commentaire suivant d’Yves Baverel (qui se présente comme venant de « l’univers ferroviaire public »), à propos de l’article publié le 8 avril dernier et intitulé  « Syndicalisme et travail : deux univers parallèles?« . Cet article de Gerard Grosse, de l’Institut de recherche de la FSU,  commentait lui-même le chapitre écrit par Tony Fraquelli à propos du regard d’un syndicaliste (cheminot) sur le travail, dans le livre : Nouveau siècle, nouveau syndicalisme. Que le débat continue !

Syndicalisme et travail : deux univers parallèles? A première vue provocateur, le questionnement me semble particulièrement pertinent.
Mon parcours professionnel dans l' »univers ferroviaire public » plutôt atypique depuis 30 années, tout comme mon militantisme syndicaliste, altermondialiste puis politique m’ont apporté la possibilité de porter un regard critique, voire distancié sur l’efficacité du syndicalisme.
N’ayant plus eu depuis plusieurs années de responsabilité syndicale (voire même d’appartenance tout court à une organisation durant ces 4 dernières années), je me suis retrouvé il y a peu à l’apprentissage d’un nouveau métier à la fois très technique et politiquement sensible.
Horairiste SNCF : emploi stratégique en regard du système ferroviaire, pris en otage entre le marchandage de pouvoirs entre SNCF et RFF, et les injonctions dogmatiques bruxelloises… autrement dit un terrain parfait pour l’épanouissement de la souffrance au travail !

Le taylorisme évoqué par Tony est un trait du syndicalisme de lutte qui m’avait particulièrement marqué comme je me retrouvais jeune militant cheminot à participer à une conférence technique « exploitation » CGT à Montreuil fin des années 1980.
Je m’étais d’ailleurs (imprudemment) fait remarquer en regrettant publiquement, que dans cette réunion, où il était question de contenu revendicatif « métier », le déroulement des discussions était par trop ostensiblement « cadré » par le bureau, bien en ligne et en estrade face aux militants de base, et de surcroît de province…

25 ans plus tard la mondialisation capitaliste a bouleversé le rapport au travail.
Pour les travailleurs du rail, le paternalisme techniciste de l’entreprise intégrée a été remplacé par un flot d’injonctions technocratiques hors-sol de managers carriéristes incapables de comprendre – pour la plupart – la portée des restructurations sans fin qu’ils organisent.

Il faudrait prendre le temps d’analyser l’impact des nouvelles technologies, implantées systématiquement dans les lieux de travail, sous couvert du vocable délé tére de « modernisation », à partir de pseudos études d’experts, voire de groupes de travail habilement manipulés par la hiérarchie.
Bien des cheminots ont alors perdu la maîtrise d’outils traditionnels au profit de systèmes informatiques étrangers à leur culture au travail, et de fait placés sous un contrôle permanent. Isolement des postes de travail, surcharge mentale, aliénation des outils, perte du sens : pendant ce temps le syndicalisme n’a pas su ou voulu évoluer ; le taylorisme correspondant à une organisation du travail d’un autre âge était toujours prégnant dans le fonctionnement des structures syndicales.

Pas sûr pour autant que la distanciation syndicalistes/salariés au travail ait pour origine principale une non prise en compte chronique par les « politiques » de la problématique des questions de souffrance au travail (pour faire court).

Il me semble très important de creuser du côté de la sociologie des organisations.
Car le système capitaliste a repris la main en s’appuyant sur des institutions, organisations, dont la caractéristique principale repose sur une centralisation sans faille du concept de gouvernance.
L’idéologie de l’infaillibilité de l’expertise, indépendante, présenté comme au-dessus de tout intérêt particulier, et pour faire court même garant en dernier recours de l’intérêt général, a gangréné jusqu’aux organisations dont la raison d’être est originellement l’émancipation des salariés et des citoyens.
Le culte de l’individu compétitif orchestré par le système managérial et l’ensemble du système médiatique ont fini de mettre à mal les équipes syndicales de proximité.

Quand au gré des restructurations, dans une entreprise publique désormais mondialisée, les décisions échappent irrémédiablement à l’échelon local, que le collectif de proximité sombre dans le « ringard sociétal », la pression semble trop forte ; rejoindre la région, la FD… Bref, alors que tout bouge, pourquoi ne pas pas faire carrière dans une forme de gouvernance syndicale encouragée par des accords paritaires (institutionnalisation via la garantie de carrière voire intégration des permanents…).
Le lien salarié-syndicaliste est tellement mis à mal que l’on doit aborder aujourd’hui la reconstruction de la manière de travailler syndicalement.
Il semble ainsi urgent d’inventer de nouveaux liens ; pourquoi pas des journaux d’expressions ouverts prioritairement aux non-militants et soutenus par les organisations de manière à redonner la parole contre la souffrance au travail?
Pourquoi ne pas imaginer que ces organes d’expressions puissent permettre le fleurissement de débats entre syndicalistes et travailleurs? En retournant dans des lieux tels les cafés, qui ont fait les premiers jours du mouvement ouvrier?

Combattre l’institutionnalisation du militantisme, la gangrène du concept de gouvernance et d’omniscience de pseudo-expert, montrer qu’un militant syndical peut s’épanouir dans un collectif authentique en gardant plus qu’un pied dans la production, questionne des aspects qui dépassent le fonctionnement des organisations syndicales.

De nouvelles relations mutuellement avantageuses entre mouvement social et politique doivent voir le jour, afin que les collectifs militants de proximité puissent à nouveau maîtriser la marche d’un monde qui lui échappe de plus en plus, et participer à construire ensemble un projet de société où les salariés retrouvent espoir et place.

Le capitalisme mondialisé colonise via les réseaux sociaux l’imaginaire de l’individu fantasmé en super héros hors sol?
Réinvestissons la proximité du bureau, de l’usine, du commerce pour réinventer dans les marges du système un nouveau monde solidaire dans la proximité.

Yves Baverel

Syndicalisme et travail : deux univers parallèles?

La question est posée depuis plusieurs années, mais elle est paradoxale : syndicalisme et travail sont-ils dans des registres de préoccupations parallèles, mais sans véritable liens, entre les syndicalistes, les militants et militantes CHS-CT, les chercheurs et chercheuses?

Nous publions d’abord une note de lecture publiée par l’institut de recherche de la FSU (http://institut.fsu.fr), écrite par Gérard Grosse, de l’équipe « travail » de l’institut. C’est un commentaire du chapitre rédigé par Tony Fraquelli, cheminot et psychologue du travail, dans le livre Nouveau siècle, nouveau syndicalisme. Nous signalons ensuite la parution d’un nouveau numéro très fourni de Et voilà le travail, revue coordonnée par Eric Beynel, de l’Union syndicale Solidaires.

 

 

  • Note de lecture (par Gérard Grosse)

Tony Fraquelli, « Regard d’un syndicaliste sur le travail », dans Nouveau siècle, nouveau syndicalisme, Dominique Mezzi (coord.), Syllepse 2013.

Tony Fraquelli est cheminot, syndicaliste CGT et psychologue du travail.
Sa contribution s’enracine sur son expérience de militant syndical. Les réflexions qu’il développe rencontrent celles qui sont au cœur des discussions au sein du chantier travail de l’Institut.
Résumé de son article assorti de quelques rapides remarques.

Il part d’un constat : les syndicalistes ont de plus en plus de difficultés à saisir et agir sur leur milieu de travail. Il s’appuie d’abord sur l’exemple du conflit de 2007 sur les régimes spéciaux de retraite.

Le travail hors-champs
A la SNCF, l’identité professionnelle est forte et les questions de travail (organisation, sécurité, …) sont des ressorts traditionnels de l’engagement syndical. La question des retraites aurait donc dû être une opportunité pour parler du travail et en particulier de la pénibilité. Il n’en fut rien.
En effet, discuter des conditions particulières d’exercice du métier, tenter de réduire les pénibilités et d’améliorer la sécurité, c’était risquer de remettre en cause les bonifications qui en sont la contrepartie, le « prix de la mort ». Et d’ailleurs, une fois la réforme entérinée, c’est encore sous la forme de compensation financière que la pénibilité fut prise en compte.
Il existe, par ailleurs, dans le syndicalisme cheminot une tradition « virile » qui exclut la thématique de la souffrance.
Enfin, et surtout, parmi les 160 000 agents, les métiers différents sont soumis à des pénibilités et à des risques inégaux, d’où la peur de diviser si ces questions étaient évoquées, et le choix syndical de mettre l’accent sur ce qui est commun : le service public et ses obligations, notamment en matière d’horaires de travail.
Cette tension entre l’attention portée au plus près du travail et le souci de faire du commun, autre façon de désigner le micro et le macro, se retrouve très fréquemment dans les interrogations sur le travail et les difficultés à s’en saisir comme d’une question syndicale.

La division du travail syndical
Pour Tony Fraquelli, il existe une fascination du syndicalisme (et de la gauche, voir Bruno Tentin) pour le taylorisme qui contribue à reproduire une division du travail au sein des syndicats, selon laquelle les questions du travail sont dévolus à des « experts » (élus CHSCT, CT…), souvent déconsidérés par rapport aux responsables, qui traitent eux des questions « nobles », politiques.
Ces militants « experts » du travail sont souvent laissés à eux-mêmes et à leur technicité – qui ne fait pourtant pas toujours le poids face aux moyens patronaux – ou contraints à se replier sur des revendications « traditionnelles » (salaire, emploi).
Or, pour lui, le travail est politique. Parce qu’il est « le grand opérateur des antagonismes structurels de la société. Et parce que « prendre soin du métier », le construire collectivement avec les autres professionnels, c’est contester la mainmise du management.
Tony Fraquelli n’évoque pas une autre tentation des syndicalistes confrontés à de complexes questions dans les CHSCT : celle de sous-traiter les enquêtes à des cabinets extérieurs. Si la démarche peut parfois s’avérer nécessaire, le souci, manifesté au sein de la FSU, d’initier des enquêtes conduites par les représentants syndicaux eux-mêmes paraît une démarche syndicale plus mobilisatrice.

Des raisons d’espérer
Le constat dressé par Tony Fraquelli à partir de son expérience de militant syndical éclairée par sa formation en clinique de l’activité, est assez décourageant : le syndicalisme semble « structurellement » incapable de prendre pleinement en charge les questions du travail : santé, sécurité, organisation et sens du travail.
Il reste pourtant optimiste en insistant sur le cours nouveau de la CGT (et d’autres syndicats) qui a fait de la « transformation du travail » un objectif de la confédération. La recherche-action Renault lui semble exemplaire d’une démarche qui « devrait servir de fil conducteur dans la construction du syndicalisme de demain, radicalement tourné vers le travail ».
Il ne sous-estime pas les difficultés d’une mutation dans les manières de faire du syndicalisme : d’une part, les positions confédérales ne sont pas unanimement partagées et se heurtent à des résistances de fédérations, d’autre part, il y a un risque de transformer les syndicalistes en ergonomes, ce qui engage des postures différentes.
Il estime que, sur la question du travail deux courants s’opposent au sein de la gauche syndicale. Pour le premier la transformation du travail résultera des changements politiques et sociaux. Pour l’autre, auquel il se rallie bien sûr, la démocratie dans le travail – grand organisateur de la société – est une condition d’une société démocratique.
C’est sa pratique syndicale qui a conduit Tony Fraquelli à s’engager dans des études de psychologie du travail (clinique de l’activité). Les relations de complémentarité entre « sciences du travail » et syndicalisme mais aussi les tensions entre les deux postures lui sont donc familières.
La référence systématique à la recherche-action Renault, qui date déjà de 2008-2009, qu’on retrouve sous de nombreuses plumes, laisse à penser que, si elle est exemplaire, elle n’a peut-être pas eu, en dépit de l’engagement de la confédération, les suites attendues.

Le savant et le syndicalisme
Tony Fraquelli développe la question des liens entre recherche et syndicalisme. Il remarque que ce sont les sciences sociales du travail (ergologie, psychodynamique du travail, clinique de l’activité) qui ont interpellé le syndicalisme et l’ont conduit à envisager de nouvelles problématiques. Le monde scientifique, en retour, sous peine de sclérose, a tout intérêt à s’appuyer sur les expériences syndicales.
Il plaide pour l’instauration d’un lieu d’échange permanent entre monde de la recherche et monde du syndicalisme.
Il plaide surtout pour une transformation en profondeur de la « posture militante » : en finir avec la division du travail au sein du syndicalisme, retrouver la proximité avec le terrain en passant plus de temps avec les salariés qu’en discussion avec la Direction.
Les contours de ce nouveau militantisme que Tony Fraquelli appelle de ses vœux – dans le cadre de ce que j’aurai tendance à considérer comme un anarcho-syndicalisme rénové – demanderaient à être précisés.
Le chantier travail pourrait avoir sa place dans ce le lieu d’échange qu’il évoque puisque les questions qu’il soulève trouvent un écho très fort avec celles que nos travaux, au sein du chantier, soulèvent.

 

  • Et voilà le travail, bulletin édité par Eric Beynel de l’Union syndicale Solidaires.  logo_solidaires_grand
  • Cliquez : et voila n25 mars 2014
    Au sommaire ce mois:
    Page 1: Pour des CHSCT outils de combats syndicaux
    Page 2: Jurisprudence: Le recours à des salariés en CDD pour effectuer des travaux dangereux est interdit; Dans une entreprise de plus de 50 salariés, chaque salarié doit être couvert
    par un CHSCT; Droit d’alerte sanitaire et environnementale pour les salariés et les représentants en CHSCT : un nouveau registre spécial
    Page 3: Vu du terrain: « Le droit du travail, ce sont les travailleurs qui en parlent le mieux »; Téléphonie: les tunnels sont survoltés;
    page 4: Vu du terrain: SUD BPCE : 2 – Benchmark; Maladies industrielles et mobilisations collective,séminaire organisé par Pascal Marichalar (IRIS) et Laure Pitti (Cresppa-CSU),
    Compte rendu de la séance introductive du 23 janvier 2014;
    page 5 et 6:L’invitée: « On veut un questionnaire » » par Selma REGGUI, Sociologue et ingénieur en électronique, actrice et auteure de la
    conférence gesticulée «L 236-9 coulisses de l’entreprise»;
    page 7: Action syndicale: Expertise à La Poste, PIC Val de Loire par SUD PTT;
    page 8: parutions: infirmière par Diane-Gabrielle Tremblay; Le silence des cadres: enquête sur un malaise par Denis Monneuse; Dictionnaire des risques psychosociaux par Philippe Zawieja et Franck Guarnieri.L’équipe du bulletin remercie tous les contributeurs et contributrices de ce numéro.Comme toujours, vous pouvez toujours adresser toutes propositions d’’articles, informations sur les luttes en cours, annonces de colloques
    et de parutions, idées et critiques à Eric Beynel: eric.beynel@solidaires.orgPour s’abonner ou se désabonner de ce bulletin c’est la même adresse.

    Pour consulter les anciens numéros c’est ici:
    http://www.solidaires.org/rubrique374.html

    Notre prochain numéro est programmé pour fin avril 2014.

    Bonne lecture.

Et voilà le travail !

Et voilà le travail !  est une revue éditée par l’Union syndicale Solidaires, et animée par Eric Beynel. Le sous-titre en est : « Petit bulletin des conditions de travail et de la santé pour les équipes syndicales ». Le numéro 23 vient de sortir. Feuilletez-le : une mine de documents et d’analyses sur ce qu’est le travail aujourd’hui, question paradoxalement restée trop longtemps un angle mort du syndicalisme. Eric Beynel nous présente le nouveau numéro comme suit :

Au sommaire ce mois:  (cliquez pour l’accès : et voila n23 janvier 2014) 

  • page 1 : Attaque patronale contre la médecine du travail, une interview de Dominique Huez (médecin du travail).
  • page 2 : jurisprudences: l’obligation de sécurité du salarié; expertise et risque grave : le risque doit être identifié et non général !
  • page 3 : Vu du terrain: les sous-traitant-es ne sont pas des salarié-es sans droits !; MÉPRIS [n.m] : sentiment de François Pérol à l’égard des salariés de BPCE;
  • page 4 & 5 : Et voilà dans l’éducation : deux journées pour échanger, débattre, construire…; emploi, conditions de travail et santé des 30-50 ans : des trajectoires contrastées entre 2006 et 2010;
  • page 6: Action syndicale, suicides à la SNCF : le combat de SUD-Rail contre la souffrance au travail
  • page 7 : L’invité: la Cour de cassation confirme la reconnaissance en maladie professionnelle d’un cancer du poumon dont est décédé un comptable exposé à l’amiante, malgré deux avis défavorables de CRRMP par François LAFFORGUE, avocat;
  • page 8 : Parutions: « C’est quoi ce travail ? de Jean-Pierre Levaray; exposition: « La promotion de la santé et de la sécurité au travail : tout un art ! »

Comme toujours, vous pouvez toujours adresser toutes propositions
d’articles, informations sur les luttes en cours, annonces de colloques
et de parutions, idées et critiques à Eric Beynel:
eric.beynel@solidaires.org

Pour s’abonner ou se désabonner de ce bulletin c’est la même adresse.

Pour consulter les anciens numéros c’est ici:

http://www.solidaires.org/rubrique374.html

Terrains de luttes : un site nouveau à connaitre !

Qui sommes-nous ?

Terrains de luttes

Un nouveau site Internet d’information et de réflexion critiques…

Terrains de luttes est un site Internet qui propose un espace d’échanges où l’on prend le temps de l’examen concret et du recul historique pour donner à voir la situation des classes populaires et comprendre les stratégies des classes dominantes. Il a vocation à incarner, pour mieux y résister, les transformations et les effets du capitalisme à travers des visages et des figures, des adresses et des lieux, des institutions et des organisations, des pratiques et des évènements. Il vise à construire des ponts et des échanges entre travailleuses/eurs, militant-e-s et chercheuses/eurs engagé-e-s afin d’alimenter et de solidariser nos Terrains de luttes. Pour ce faire, nous publions des entretiens réalisés par des militant-e-s, des chercheuses/eurs ou des journalistes ; des récits et des analyses d’évènements (grèves, manifestations, etc.) et d’activités (actions de lobbyistes, répression patronale, etc.), des reportages vidéos ou encore des chroniques. Nous proposons également des passerelles avec les luttes et les connaissances produites par des collectifs de syndicalistes et de chercheurs dans d’autres pays ou par des associations anti-lobbys en Europe.

Terrains de luttes est animé par des syndicalistes, des militant-e-s associatives/ifs et des chercheuses/eurs en sciences sociales.

Pour nous contacter et/ou nous proposer un entretien, un article, une vidéo, etc. :

contact@terrainsdeluttes.or

Taper aussi : http://www.terrainsdeluttes.ouvaton.org sur votre moteur de recherche.

Debat public autour du livre : Nouveau siècle, nouveau syndicalisme (Syllepse)

Nous organisons le mercredi 22 janvier, à 18h, à la Bourse du travail (Paris, 3 rue du Château d’eau- métro République), un débat public autour du livre : Nouveau siècle, nouveau syndicalisme. Ce débat se fera en présence des co-rédacteurs et rédactrices des articles.

Jean-Marie Pernot (chercheur à l’IRES) introduira la soirée : situation difficile du syndicalisme dans le contexte contemporain et surtout la conjoncture récente, analyse de la conflictualité et des questions déroutantes qu’elle pose parfois (Bretagne !). Et cela dans un paysage politique aux repères plus que brouillés, et où le syndicalisme tente de  préserver les nouvelles conditions de son indépendance. Ensuite, les contributeurs, et en premier lieu les syndicalistes, pourront apporter leur éclairage : question unitaire, rapports au pouvoir en place, audience syndicale, indépendance, etc. Et bien entendu : vos questions et interventions!

Nous souhaitons que ces débats se multiplient dans les régions !

Dominique Mezzi (coordonnateur du livre)

Vient de paraître: Nouveau siècle, nouveau syndicalisme

nouveau_syndica_prdAlors que les tentacules du capitalisme ­mondialisent l’affrontement entre le capital et le travail, il est manifeste que le mouvement syndical n’est pas encore à la hauteur des besoins.
Si l’écosystème syndicalisme-mouvement social  change, il est traversé de débats, engage des mutations internes et subit parfois des tensions et des crises. De nouvelles structures émergent, voire de nouvelles formes d’organisation et de contestation.
Cet ouvrage examine les changements du syndicalisme et les défis qu’il doit affronter : unité, unification, rapport à la politique, place du travail, représentativité, indépendance…
Il apporte les éclairages nécessaires à un projet de consolidation ou de refondation syndicales, alors même que les formes organisées se multiplient (associations, mouvements…), s’interpellent et s’interpénètrent.
Pour résister, fédérer et faire avancer les droits, tout est à réinventer. Fronts partiels, collectifs pluri-thématiques, réseaux souples, jonctions pragmatiques entre syndicalisme et réponses politiques, internationalisation : tout bouge.
Il est temps de sortir du 20e siècle !

144 pages / 8 euros  — en vente ici

Bloguons « collectif » !

Pour prolonger le travail d’élaboration de ce livre, un blog est proposé. Il s’appelle syndicollectif, clin d’œil à la revue du même nom qui, pendant dix ans (1986-1996), unissait dans une réflexion commune des syndicalistes CGT, CFDT, FO, FEN puis FSU, SUD et Groupe des Dix puis Solidaires, ainsi que des chercheurs et des universitaires. Ce blog se fixe les buts suivants :
– Nourrir le débat que ce livre entend susciter en offrant un espace de libre expression pour réagir aux différents chapitres, controverser, contre-argumenter, apporter des éclairages supplémentaires ou manquants ;
– Compléter ce qui manque, ou qui n’est que survolé dans l’ouvrage : le rôle des femmes dans le syndicalisme (de la « base » aux « sommets ») et dans les luttes ; le défi de la jeunesse ; la question d’un syndicalisme de couleur et de brassages culturels ; la place des travailleurs immigrés, des chômeurs, des cadres ; les relations du syndicalisme aux autres mouvements sociaux, du local au global ; la lutte contre l’extrême droite…
– Partager des expériences de luttes en problématisant ce qui vient du « terrain » : les élaborations revendicatives, les formes de lutte, les choix démocratiques.
– Argumenter sur le fond et anticiper : où sont passées les revendications de salaire ? Comment remettre à flot la réduction du temps de travail au vu du passif accumulé ? faut-il distinguer travail et emploi ? Comment redonner du souffle à la protection sociale ? Comment la financer : par le salaire socialisé ou l’impôt ? Quelle industrie, quels services publics ? Comment les défendre et les étendre ? Faut-il renationaliser ? Comment reconvertir des secteurs industriels polluants ?

Nous souhaitons que ce blog soit utile aux équipes syndicales de toutes appartenances, afin de dialoguer, partager des idées, s’imprégner des cultures militantes diverses, dépasser les frontières d’organisation.

Gérard Aschieri, Sophie Béroud, Éric Beynel, Patrick Brody, Annick Coupé, Christophe Delecourt, Tony Fraquelli, Catherine Lebrun, Christian Mahieux, Dominique Mezzi, Jean-Marie Pernot. Jean-Marie Roux, Denis Turbet-Delof, Alain Vrignaud, Karel Yon