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8 mars : un travail historique du syndicat CGT AXA et les journées intersyndicales femmes

Nous reproduisons un court extrait (en commençant par le sommaire)  de la volumineuse brochure que vient d’éditer le syndicat CGT d’AXA à l’occasion du 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes. En dessous, nous mettons le lien et le programme des Journées intersyndicales femmes qui ont lieu chaque année à l’initiative de CGT, FSU, Union syndicale Solidaires.

 

Lien pour accéder à la brochure complète : livret_cgt_axa_8_mars

LE 8 MARS
JOURNEE INTERNATIONALE POUR LES DROITS DES FEMMES
En cette journée du 8 mars 2015, la CGT AXA célèbre à sa manière la journée internationale pour les droits des femmes en retraçant le chemin parcouru et celui qu’il reste encore à parcourir, en rappelant pour mémoire les femmes qui ont oeuvré pour que dans leur quotidien, dans leur vie de femme, dans l’entreprise, en politique, elles soient reconnues à l’égal de l’homme. Le combat sera terminé lorsqu’il n’y aura plus besoin de loi ou d’accord d’entreprise pour appliquer la parité.
p2 : C’est quoi le 8 mars ?
p4 : Après la révolution Française : avancées et déceptions.
P6 : Les femmes et le droit politique.
P8 : Les femmes et la Commune de Paris.
P10 : Marie Guillot. De l’émancipation des femmes à celle du syndicalisme.
P12 : 1924, une lutte exemplaire.
P14 : Les femmes dans la résistance.
P18 : Il y a 40 ans, la dépénalisation du droit à l’avortement.
P22 : La cause des femmes dans le monde.
P24 : L’égalité professionnelle.
P28 : L’égalité professionnelle à AXA France.
Cela ressemble au Comité Exécutif d’AXA : 18 hommes…. 1 femme !!!!

 

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Le 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes.
L’origine de cette journée s’ancre dans les luttes ouvrières et les nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l’égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent l’Europe, au début du XXe siècle.
Le 17 août 1907 se tient la première conférence de l’Internationale socialiste des femmes à Stuttgart. Elle établit un secrétariat international sous la direction de Clara Zetkin. Cette conférence adopte une résolution sur le vote des femmes.
En 1908 les femmes socialistes américaines, regroupées au sein du Social Labour Party, mènent une campagne d’actions dans quatre Etats américains.
1909 : Conformément à une déclaration du Parti Socialiste américain, la première Journée nationale de la femme a été célébrée sur l’ensemble du territoire des États-Unis, le 28 février. Les femmes ont continué à célébrer cette journée le dernier dimanche de février jusqu’en 1913.
Réunie en 1910 à Copenhague, la Conférence Internationale des femmes socialistes décide d’instituer une journée des femmes afin de servir, notamment « à la propagande en faveur du vote des femmes », est alors adoptée une résolution proposant que « les femmes socialistes de tous les pays organisent une journée des femmes ».
Le 8 MARS… Quelques repères…
La propagande des femmes doit traiter de toutes ces questions qui sont d’une grande importance dans le mouvement prolétarien général. La tâche principale est vraiment de réveiller la conscience de classe des femmes et les inclure dans la lutte des classes.

Le 19 mars 1911, la première Journée internationale des femmes est célébrée pour revendiquer le droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations au travail. Plus d’un million de personnes manifeste en Europe.

 

 

Journées Intersyndicales Femmes

Lien pour le programme des journées : Pre_-ProgIntersFem2015

Lundi 25 et mardi 26 mars 2013
Publié le mardi  22 janvier 2013

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L’Intersyndicale femmes regroupe des militant-es de la CGT, de la FSU, et de l’Union syndicale Solidaires qui travaillent ensemble depuis 1998.
Leur but est d’organiser chaque année des journées intersyndicales de formation “femmes” sur deux jours qui rassemblent entre 300 et 400 participant-es venu-es de toute la France, et de secteurs divers.

 Pour pouvoir participer à ces journées vous pouvez demander un congé pour formation économique sociale et syndicale ; consultez l’article sur le congé de formation économique sociale et syndicale

Au programme :

  • Femmes et austérité en Europe
    avec Esther JEFFERS (économiste – ATTAC France), Magda ALVES (Marche mondiale des femmes – Portugal), Sia ANAGNOSTOPOULOU (professeure Université Panthéon Athènes)
  • Corps, images de soi, publicités sexistes
    avec Christine BARD (auteure, notamment, de « Ce que soulève la jupe : identités, transgressions, résistances » et « Une histoire politique du pantalon » ; professeure d’histoire contemporaine Université d’Angers), Chris VIENTIANE (auteure, avec Sophie Pietrucci et Aude Vincent, de « Contre les publicités sexistes »)
  • Stéréotypes et égalité professionnelle
    avec Caroline de HAAS (fondatrice de Osez le féminisme, conseillère de Najat Vallaud-Belkacem), Interventions de la CGT, FSU, Union syndicale Solidaires
  • Femmes face à l’extrême droite
    Documentaire : « Populisme au féminin » de Marco La Via, Hanna Ladoul, Matthieu Cabanes (réalisateurs de ce documentaire), Sylvain CREPON (sociologue, Université Paris-Ouest-Nanterre, auteur du livre « Enquêtes au cœur du nouveau Front national »)

Lundi 25 et mardi 26 mars 2013

À la Bourse du Travail de Paris – 85, rue Charlot – 75003 Paris
Mo République ou Filles du calvaire

 

 

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CFDT : syndicat du commerce mis sous tutelle confédérale

Lu dans le Canard enchainé du 25 février : 4500 syndiqués CFDT du commerce de Paris mis sous tutelle confédérale, pour risque de mise en danger de l’application de la loi Macron sur les « zones touristiques internationales« . 

Cliquez pour avoir le fac-similé du journal : La CFDT au secours de la loi macron

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Rencontre des mouvements sociaux

Samedi 28 février 2015, à la Bourse du travail de Saint-Denis, s’est tenue une « Rencontre » ou « Forum des mouvements sociaux« . Il s’agissait de croiser les expériences et les débats entre acteurs-trices syndicaux et associatifs de toute nature. L’Union syndicale Solidaires y a joué un rôle moteur et nous reproduisons plus loin ci-dessous un article de son journal Expressions solidaires N° 69 de février 2015, qui présente sa vision de ce projet. Etaient sollicitées ou présentes les organisations suivantes : ATTAC, CNT-SO, FASTI, MNCP, Les Amis de la Terre, AC !, MOC, CIP, Collectif Roosevelt, DAL, AITEC/IPAM, Confédération Paysanne, fondation Copernic, Marche mondiale des femmes, CNDF, Réseau féministe rupture, des Décroissants, réseau COP 21, collectifs Alternatiba… La FSU avait été sollicitée, mais n’a pas donné suite. Pour la CGT, seules des organisations particulières ont été sollicitées (présence d’une militante de l’UD CGT de Paris, sur la lutte des sans-papiers).   LogoDaltiendas_fastimncp-logologo_attac     Nous commençons par rendre compte de notre propre regard (partiel), de cette journée à la fois riche en interrogations sur les réalités militantes et sur les mots qui les désignent, riche en témoignages sur ce que signifie lutter aujourd’hui,  dans divers lieux syndicaux ou associatifs. La conclusion de la journée et les engagements pris en commun semblent en-deçà de ce qui était attendu, car là comme ailleurs, tout avance lentement. Notre « regard » est le résultat de la participation à une commission sur « les formes de luttes aujourd’hui » et d’une autre dont le thème était commun à quatre groupes : « Quelles convergences, quelles constructions communes, quels élargissements possibles?« . Nous notons seulement quelques « croquis » ou préoccupations significatives relevées  au hasard des échanges. Tranches de débats par Dominique Mezzi :

  • « Grève sociale 1 » : Vanessa (du site italien:  http://www.dinamopress.it) raconte la propagation de cette notion en Italie dans les derniers mois, accompagnant la lutte contre la loi jobs act imposée par le premier ministre M. Renzi en septembre 2014 pour faciliter les licenciements et précariser le travail, notamment dans les contrats d’embauche. Les syndicats italiens ont été à l’initiative d’une riposte traduite par une grande grève (un million de personnes à Rome en décembre dernier). Mais l’originalité du concept de « grève sociale » est de chercher à mobiliser celles et ceux qui ne peuvent pas faire grève pour quantités de raisons. L’idée est de s’appuyer sur la grève annoncée des salarié-es pour construire un mouvement parallèle avec les précaires, les occupants de maisons et d’immeubles (actions très nombreuses en Italie), en s’adressant  à toutes les personnes non directement impliquées dans l’action syndicale (chômeurs, jeunes précaires, étudiants-es, occupants de maisons…) pour qu’elles trouvent elles-mêmes des formes d’action appropriées. La date choisie fut le vendredi 14 novembre (voir ci-dessous l’affiche d’appel let’s strike). Les initiateurs de cette forme d’action ont été les premiers surpris de sa « propagation virale » (comme le dit Vanessa), d’une ville à l’autre, d’un mouvement à l’autre, certains mouvements s’appropriant l’idée, le logo commun, et les traduisant à leur façon. Au total, 40 villes furent concernées. Un meeting à Rome a eu lieu également. Des sortes de « laboratoires locaux » d’action se mettent en place. Les syndicalistes de base, les COBAS, la confédération CUB, et la fédération de la métallurgie (FIOM) de la Confédération générale italienne du travail (CGIL) ont soutenu l’initiative (mais pas la CGIL ni les autres confédérations). Ont émergé des exigences autour du salaire minimum, d’un revenu de base commun, et du refus du travail gratuit. Selon Vanessa, qui décrit une Italie où les luttes sociales, comme en France, sont depuis quelques années plutôt sur le déclin, « il ne s’agit pas ou plus de trouver une vision du monde commune, car c’est impossible« . En somme, chaque secteur exprime son désir de participer à sa façon et il s’en dégage des convergences.sciopero-sociale-logo-2
  • Grève sociale 2.  La notion de « grève sociale » était déjà présente dans le grand mouvement des étudiants québéquois de 2012 dont nous reproduisons ici un extrait d’appel : « …Et puis il y a cette idée que la grève n’est pas nécessairement uniquement le fait de salariéEs. Elle peut être beaucoup plus large, même jusqu’à être sociale! La société au sens large peut décider de prendre son avenir en main de faire grève et de lutter pour RÉDUIRE ou FAIRE CESSER définitivement l’exploitation ou l’oppression. Donc, c’est quoi une grève? Pour être concis nous nous proposons de la définir ainsi :Actions collectives d’un groupe d’oppriméEs cessant temporairement (et potentiellement définitivement) de perpétuer leur propre oppression« .
  • Grève sociale 3.  Le site du Collectif des intermittents et précaires d’Ile de France (CIP-IDF)  explique sa vision du mouvement italien :  » La grève sociale a connu un véritable succès en Italie : plus de 100 000 personnes se sont mobilisées dans vingt-cinq villes. Les médias traditionnels qui, depuis des semaines, ne mentionnaient les critiques du Jobs Act que lorsqu’elles émanaient des confédérations syndicales, ont été obligés d’admettre la réussite des manifestations des précaires et des chômeurs. Mais la grève sociale a été bien plus : une grève des syndicats de base (Cobas, Ubs, etc.), des occupations en chaîne dans les lycées et dans les facs, des blocages des transports de marchandises de la part des travailleurs, des actions contre les entreprises qui exploitent les précaires et les empêchent d’exercer leur droit de grève, des blitz informatiques contre les sites Web du gouvernement. Pour la première fois, le monde du travail intermittent s’est identifié à la grève, s’est exprimé, a occupé l’espace des médias et les réseaux du Web, et a partagé les mêmes pratiques de lutte. Ce mouvement existe depuis deux mois, il a été organisé par les réseaux militants des centres sociaux, avec les syndicats de base, avec de simples employés, des travailleurs précaires, des chômeurs. Depuis, des laboratoires de la grève sociale ont fleuri dans de nombreuses villes, du Nord au Sud de l’Italie. Ils veulent tous donner suite à cette mobilisation. La journée du 14 novembre n’a pas été seulement une étape pour un nouveau syndicalisme social, dans et hors emploi, en lutte contre le Jobs Act en Italie, il a une plus grande ambition : donner la parole à la production sociale diffuse et sans garantie dans l’Europe entière » (Interluttants,  N° 34, décembre 2014).
  • Zadisme Un zadiste témoigne dans la commission « formes d’action »  : « Dans une ZAD, les personnes ne rentrent pas chez elles le soir. Leur vie est là. C’est une micro-société. On ne cherche pas à renverser le pouvoir d’en haut, on le fait descendre (la police notamment). C’est différent des « politiques », car on expérimente à la base. C’est différent de la « grève », car nous agissons sur les conditions de la vie humaine. Il n’y a pas de succès, mais pas d’échec non plus. Nous cherchons à habiter le monde, pas à le surplomber. Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. Il faut apprendre à ne pas respecter la loi, la propriété privée, les machines. Nous ne savons pas définir ce qu’est un « zadiste » par une sorte de regard extérieur. La convergence part d’une vision d’en haut. La non convergence, c’est la vie. La non convergence, c’est salutaire ».
  • classes moyennes, classes populaires.  Annie P:  « L’idée de formes d’action n’est pas la bonne question. Le problème est le contenu de l’action, le sens commun. Les indignations les plus fortes ne sont pas exprimées par le mouvement, mais par Marine Le Pen. Nous en sommes responsables. Nos mouvements défendent les classes moyennes. Ils sont en rupture avec les classes populaires ».
  • Solidarité en Europe, mais par l’enracinement local? « A Ivry sur Seine, nous avons un Forum social local depuis dix ans. En liaison avec le Forum social mondial. La solidarité, par exemple avec la Grèce, c’est quoi? La question prioritaire est la recherche d’un enracinement local. La question est la relation du « local » avec le mondial, avec  l’Europe. L’enjeu est bien la Grèce, qui ouvre une brèche. On la laisse tomber? Non. C’est un enjeu majeur. Et nous ne sommes pas à la hauteur. Mais le 18 mars à Francfort (Blockupy Francfort contre BCE), s’il faut bien sûr en être, ne peut répondre totalement.  Il faut y répondre en restant dans nos quartiers. Il faut discuter de deux ou trois exigences partout en Europe. Comme ce qui a été dit sur l’Italie : salaire minimum, revenu de base, pas de travail gratuit, droits des migrants. Pourquoi pas le même jour dans toute l’Europe une action dans nos quartiers:  « Tous des grecs » entre 11h et 12h par exemple? ».
  • Ne pas parler à la place de…Il s’agit donc des chômeurs. « Depuis janvier, nous faisons une action en fin de mois sur une place symbolique quand sont connus les chiffres du chômage. Mais nous ne reprenons pas « leurs » chiffres.  Nous avons d’autres chiffres, par exemple combien de morts dans la rue. Il ne faut plus parler à la place des chômeurs, même dans nos associations de chômeurs.  Il faut les impliquer. En mars, nous ferons notre action devant l’Assemblée nationale. L’Europe? La Grèce? Oui, mais dans nos associations, l’Europe est loin. Tu me parles de la Grèce, mais moi je crève ici. C’est très difficile de parler le même langage entre nous ».
  • Migrants. En Grèce, ils ferment les centres de rétention!
  • Valeurs. Roger : « Distinguer le prioritaire du secondaire. D’abord se mettre d’accord sur nos valeurs. Il faut former des collectifs associatifs partout dans nos quartiers et villages et se coordonner. Peut-être avec les mouvements politiques, mais pas derrière ».
  • Social, sociétal. Jean-Baptiste : « Aller dans les quartiers populaires, cela n’a pas de sens en soi. Sauf pour y faire une action concrète et précise : s’opposer aux expulsions ou aux démolitions d’immeubles. Nous ne parlons pas assez des richesses accumulées et de la paupérisation. Les questions sociétales prennent trop le dessus sur les questions sociales ».
  • Vie décente, bonne vie. Parler du salaire minimum, du revenu de base, du refus du travail gratuit, des droits des migrants, c’est en fait parler de « vie décente ». Ne pas séparer emploi et revenu. Parler d’abord revenu. Parler droit au salaire. Parler du travail. La commission européenne parle d’emploi. Parlons du travail. La vie décente? Cela fait un peu court. Parlons de la « bonne vie ».
  •  Visibilité: un moment commun de visibilité à définir autour de la grève du 9 avril (annonce CGT, FO, Solidaires) et de la fin de trêve hivernale le 21 mars. Répartir les richesses pour une vie décente pour tous. Un rendez-vous mensuel avec les chômeurs-euses et précaires à chaque fin de mois, en ciblant la Banque de France, qui a des succursales partout sur le territoire, et qui est maillon du système européen et de la BCE.

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 Comment l’Union syndicale Solidaires s’exprime pour la préparation du Forum des mouvements sociaux:

Numéro 69, février 2015, d’Expressions Solidaires.

Au-delà de l’urgence des mobilisations sociales sur les multiples terrains que les acteurs/trices du mouvement social occupent ensemble ou séparément, il y a nécessité de réfléchir de manière autonome et en profondeur sur le rôle des mouvements sociaux dans l’organisation sociale d’aujourd’hui et de demain , leur capacité ou non à mettre en mouvement les couches populaires, au-delà des rangs militants eux-mêmes effrités, et d’articuler les revendications avec une conception et une pratique de démocratie sociale dépassant les cadres institutionnels délégataires et étriqués.
La revendication diffuse, confuse, de «démocratie réelle » exprimée par plusieurs mouvements sociaux dans différents pays européens, les expériences et pratiques coopératives, autogestionnaires, dans les entreprises, les quartiers, révèlent cette recherche renouvelée de démocratie sociale et politique dans les choix et l’organisation de la cité.
Le bilan des expériences passées de convergences des mouvements sociaux, celles de 1998/99, de 2006, est nécessaire pour comprendre les erreurs et difficultés à les inscrire dans la durée.
Quelques questions se posent. Comment est-on passé de la pratique de contre pouvoir à celle d’expertise ? Pourquoi nos convergences se limitent à des campagnes sur telle ou telle thématique ? Comment s’est opéré un certain repli «identitaire » des mouvements sociaux sur leur champ d’activités ? Comment éviter le leurre qu’une seule forme organisationnelle peut enfermer la pluralité des mouvements sociaux et leurs bases sociales ?
Comment répondre à la dépolitisation sur les enjeux fondamentaux de société ?
Dans le contexte actuel économique et social, nous sommes confrontés à un décalage entre l’attentisme d’une partie des mouvements sociaux et une nouvelle phase de radicalisation de certains d’entre eux (ZAD) et d’émergence de nouveau militant-es (les alternatiba…).
Face à cette réalité, comment faire convergence et quelles alliances nouer, pour dépasser ce décalage ?
L’Union syndicale Solidaires avec plusieurs organisations du mouvement social (CNT-SO, FASTI, MNCP, Les Amis de la Terre, AC !, MOC, CIP, Collectif Roosevelt, DAL, AITEC/IPAM, Confédération Paysanne, fondation Copernic, ATTAC…) ont décidé d’organiser un Forum de débats et tourné vers l’action, le 28 février à la Bourse du travail de St-Denis (93).
Nous aborderons plusieurs thèmes comme les expériences et les luttes gagnantes ou en marche en questionnant directement les personnes dans l’action (lutte logement, lutte des femmes salarié-es dans les secteurs précaires, la lutte des sans-papiers) ; les alternatives écologiques, les questions migratoires, les formes d’action…
Au-delà de nos exigences fondamentales communes contre la précarisation généralisée (chômage, emplois précaires, accès à l’énergie, au logement, aux transports collectifs, à la santé, à la protection sociale, à l’éducation et à la culture…), l’objectif est de redonner sens à l’action collective en fédérant nos énergies dans la réflexion et dans l’action ; redonner l’envie de lutter, d’agir collectivement, prendre en compte de nouvelles formes de lutte notamment chez les jeunes sans opposer alternative et luttes frontales.
Cette journée permettra de rendre visible cet engagement et de définir des perspectives d’actions au plus près du terrain. Ce type d’initiative peut se décliner en région avec la réalité des forces locales.
Adresse de contact: convergencemvtsociaux@lists.riseup.net

Le CLIC-P, une intersyndicale permanente

 Le Comité de liaison intersyndical du commerce de Paris (CLIC-P) existe depuis 2010. Il comprend aujourd’hui la CGT, la CFDT, l’UNSA, et SUD.  Il a construit dans toutes ces années une activité commune solidement ancrée sur une convergence revendicative. Il a joué un rôle-clef dans l’argumentaire de dénonciation de la loi Macron du point de vue des salarié-es. Il a été au coeur d’un « collectif d’initiatives » mis en place à partir d’octobre 2014, comprenant la Confédération indépendante du commerce (les petits commerces de centre ville, soit 14 fédérations), l’Association Femmes-Egalité, le Front de gauche (sa commission Front des luttes), et élargi ensuite (UNEF, NPA, Mouvement des jeunes socialistes).

L’interview de Karl Ghazi, un des porte-parole du CLIC-P,  est reprise du mensuel Fonction publique, de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) CGT.

 

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LE COMMERCE, LABORATOIRE DE LA DEREGLEMENTATION

 

■ FONCTION PUBLIQUE : Karl, peux-tu te présenter et nous dire quelques mots au sujet du Comité de liaison intersyndical du commerce de Paris ?
Je me suis engagé dans le syndicalisme dès mon premier emploi fixe, en devenant délégué syndical à la Fnac Bastille en 1991. J’ai été très vite engagé dans les batailles autour du temps de travail dans le commerce (nocturnes, dimanches, jours fériés, travail à temps partiel). Le Clic-P est né en février 2010 du constat que le patronat n’avait cessé de progresser dans la déréglementation du temps de travail et que le commerce lui servait de laboratoire, tant en raison de la faiblesse des syndicats dans ce secteur que de leur éclatement. Or, sur les questions revendicatives majeures (salaires, horaires, temps partiel) les 6 organisations parisiennes du commerce étaient d’accord. Nous avons décidé de travailler en intersyndicale. Cela a très bien fonctionné et durablement de surcroît (aujourd’hui, 4 organisations composent le Clic-p : CGT, CFDT, UNSA et SUD). L’intersyndicale s’est très vite fait connaître, à la fois pour les grèves et les manifestations qu’elle a organisées et pour les procès retentissants gagnés contre des ténors de la distribution (Sephora, Galeries Lafayette…). Le secret de notre longévité intersyndicale, c’est, au-delà de l’extrême loyauté dans nos rapports, une base revendicative commune claire et partagée et la conscience très forte que notre unité est une condition de la mobilisation des salariés. Cela, même si la CGT est très majoritaire dans le commerce parisien.

FONCTION PUBLIQUE : En lien avec les mobilisations initiées dans le commerce, comment vois-tu la construction des nécessaires rapports de forces dans le champ syndical et au-delà ?
La nature des attaques subies par le monde du travail nécessite d’organiser la mobilisation la plus large possible : ce n’est ni le commerce parisien, ni le commerce tout court, ni la CGT ni le mouvement syndical seuls qui pourront endiguer une offensive libérale-austéritaire qui tend à détruire les acquis sociaux et ramener le contrat de travail à un contrat de droit commun. Nous devons résister avec tous ceux qui sont prêts à lutter contre l’austérité et la vague libérale, dans le mouvement associatif ou parmi les organisations politiques, afin de créer les conditions de nouvelles conquêtes sociales. La priorité, aujourd’hui, est à l’inversion d’un rapport de forces fortement dégradé. L’exemple des luttes menées dans le commerce parisien est important car il contredit un discours très répandu sur les problèmes de mobilisation : voilà en effet un salariat précaire, pauvre, atomisé dans des collectifs de travail de plus en plus déstructurés qui parvient à se mobiliser et à gagner des luttes souvent offensives (300 € d’augmentation dans les hôtels Hyatt, 200 € dans les boutiques de la Tour Eiffel !). La taille de ces conflits ne peut, bien sûr, peser seule sur le rapport de forces général. Leur exemple peut, en revanche, redonner de l’espoir dans les capacités de lutte des salariés.

■ FONCTION PUBLIQUE : Comment comprendre les offensives patronales et gouvernementales sur le repos hebdomadaire dominical ?
En s’attaquant au repos dominical (et de la nuit !) dans le commerce, le Medef poursuit plusieurs objectifs. Le premier, immédiat, c’est d’aiguiser la concurrence en temps de crise pour tenter d’accélérer la déconfiture des « petits » opérateurs du commerce. Les commerces indépendants qui captent encore des parts de marché importantes dans les villes ne peuvent se permettre d’ouvrir 7 jours sur 7 sur des horaires élargis. Dans un marché en berne, il s’agit donc, pour les grandes enseignes de renouer avec une croissance de leur chiffre d’affaires en le piquant à la concurrence. Nous sommes bien loin du sacro-saint « intérêt du consommateur » ou de l’intérêt national supérieur de l’emploi, mais dans des calculs beaucoup plus prosaïques…
Mais, comme l’a annoncé Gattaz dès la rentrée, il s’agit aussi de parfaire le travail de destruction du code du travail, déjà bien avancé avec la loi du 14 juin 2013 (consécutive à l’ANI), plus particulièrement, sur un thème cher au MEDEF, celui du temps de travail, où il est question d’en finir avec toute réglementation. Le prendre par le biais de la déréglementation du repos dominical et du travail de nuit dans le commerce n’est pas le fait de l’opportunité du moment ou du hasard. Le commerce sert de laboratoire à la dérèglementation depuis les années quatre-vingt, en raison de la faiblesse de l’organisation des salariés : ce fut le cas pour le temps partiel, l’emploi massif des CDD, l’individualisation des salaires, les mesures individuelles de la performance… Les détricotages commencent souvent dans les secteurs sous-syndiqués des services et sont exportés ensuite dans les autres professions.
Par ailleurs, par un effet quasi mécanique, faire travailler les commerces sur des horaires atypiques va entraîner la déréglementation d’autres professions, en commençant, bien sûr, par les plus fragiles. Employés de la sécurité, du ménage qui devront travailler encore plus nombreux le dimanche et la nuit ; mais aussi dans les transports (livraisons, acheminement des « consommateurs »), dans les crèches (pour garder les enfants des salariés qui travaillent), les services postaux, les banques… Les « arguments » avancés s’auto-réaliseront : plus nous serons nombreux à travailler le dimanche, plus il sera simple d’expliquer que tout le monde doit travailler… tous les jours !
La question du repos dominical ou de la nuit ne se circonscrit donc pas à un face à face entre les salariés du commerce et leurs patrons : il s’agit bien d’une question qui touche à l’ensemble de l’organisation de la société : temps libre en commun, vie associative, vie politique (élections !). Les femmes, une fois de plus, seront les plus lésées : elles représentent près de 80 % des salariés du commerce. Quant aux enjeux écologiques, ils ne sont même pas effleurés : sommes-nous pour polluer massivement 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 ?
Le patronat (repris complaisamment par le gouvernement) a beau expliquer qu’il s’agit d’un contrat gagnant-gagnant, assorti de contreparties en salaires, il s’agit bien d’un marché de dupes. Car, d’une part, dans les professions où l’on considère le travail dominical comme « normal », il n’est assorti d’aucune contrepartie et d’autre part, l’on voit mal le Medef nous répéter que nous coûtons trop cher tous les jours de la semaine mais qu’il est prêt à doubler durablement nos salaires… le dimanche ! Quant aux annonces mirifiques sur les embauches (300 000 selon le Medef !) elles sont totalement farfelues, autant que les autres annonces faites par le passé, par exemple au moment de la baisse de la TVA dans les restaurants. Car les transferts d’activité de petits commerces indépendants vers de grands groupes où la productivité est plus forte, induira un solde d’emplois négatif et le remplacement de CDI à temps plein par du temps partiel. En Italie, la fédération (patronale) Confesercenti a chiffré à 90 000 les emplois déjà perdus dans le commerce depuis l’ouverture des magasins le dimanche, le 1er janvier 2012.
Étonnamment, les arguments que nous exposons sont les mêmes que ceux qu’exposait François Hollande entre 2008 et 2012. Que s’est-il passé depuis qui justifie un tel revirement ? La « découverte » de l’existence de touristes en France, en particulier à Paris, touristes qui ne viendraient que pour le « shopping » et qui quitteraient massivement Paris pour Londres le dimanche, parce que les magasins sont fermés. Or, d’une part, les touristes interrogés ne citent jamais le shopping comme première raison de leur venue en France ou à Paris (où 25 % des boutiques sont déjà ouvertes le dimanche, plus qu’à Londres !). Et les touristes chinois, visés par les déclarations tonitruantes de Laurent Fabius ne font jamais Paris et Londres dans un même voyage, car les visas ne sont pas les mêmes… Etrange méconnaissance du sujet de la part du ministre du Tourisme… et des Affaires étrangères.

■ FONCTION PUBLIQUE : En quoi le projet de loi Macron dépasse le seul enjeu du travail dominical ?
Le projet Macron ne touche pas qu’à la question du temps de travail : il veut aussi parachever le processus de dérèglementation du droit du travail, que ce soit en matière de licenciement économique, de Conseils des Prud’hommes, de défenseurs salariés… Il s’agit, pour décrire la cohérence globale du projet, de rendre l’accès à la justice le plus cher et le plus compliqué possible pour les salariés et de rendre leurs recours inopérants en matière de licenciements économiques. Adopté en l’état, le projet Macron serait, après la loi de juin 2013, une nouvelle revanche des patrons contre les victoires judiciaires des salariés en matière de licenciements économiques. On peut résumer la loi Macron comme une loi pour dérèglementer le temps de travail et sécuriser les licenciements.
En matière de licenciement économique, l’annulation par le juge de l’agrément donné au PSE par l’administration ne pourra plus donner lieu à une indemnisation du salarié par le Conseil des prud’hommes. Après avoir enferré le licenciement collectif dans des délais extrêmement brefs, réduit les voies de recours et fait porter le risque de la procédure sur l’administration (juin 2013), le projet Macron veut limiter l’obligation de reclassement et faire disparaître les derniers « risques » encourus par l’employeur. Car il est bien connu et démontré que c’est la tranquillité pour licencier (et non le carnet de commandes !) qui crée de l’emploi…

■ FONCTION PUBLIQUE : Quelles sont les principales propositions et revendications alternatives à ce projet de loi ?
Le projet de loi Macron va à l’inverse de ce qu’il conviendrait de faire, un peu comme la saignée du médecin de Molière achevait le malade. Il faut exiger le rétablissement de règles protectrices en matière de licenciement économique, même si elles resteront imparfaites. Tout le monde peut comprendre qu’un groupe qui fait des profits ne doit pas pouvoir licencier. Tout le monde peut comprendre qu’un salarié a déjà du mal à trouver un défenseur et que restreindre leur nombre ne fera qu’affaiblir encore le faible au profit du fort. Tout le monde peut comprendre qu’il ne sert à rien d’ouvrir l’accès aux magasins le dimanche si tout le monde travaille le dimanche. Tout le monde peut comprendre que les consommateurs ne dépenseront pas plus d’argent s’ils n’en ont pas plus même si les magasins sont ouverts le dimanche. Ce que nous devons revendiquer, contre la crise et pour l’emploi, ce sont des augmentations générales des salaires. Et l’on ne réduira pas significativement le chômage de masse sans une réduction massive du temps de travail. Tout le contraire de ce que fait Macron. Mais pour cela, il va falloir se battre ! 

Syndicalisme: cinq défis à relever, vu par Le Monde

 Michel Noblecourt, journaliste au Monde, chargé notamment de la rubrique « vie syndicale », nous a communiqué son article de commentaire sur le livre : Syndicalisme : cinq défis à relever, paru dans Le Monde du 17 février 2015. Nous l’en remercions. 

130201-logo-le-monde« Syndicalisme : cinq défis à relever. Unissons-nous ! » Ouvrage collectif coordonné par Jean-Claude Branchereau et Patrick Brody, Editions Syllepse, 140 p., 10 euros

Ils sont onze syndicalistes d’horizons divers – CGT, CFDT, CFTC, FSU, UNSA – qui ont au cœur une même préoccupation : le syndicalisme se délite et apparaît « de moins en moins crédible ». Se disant à la fois « radicaux » – « nous œuvrons pour un changement où le travail prendrait le pouvoir sur le capital » – et « réformistes » – ils cherchent à « changer en mieux, obtenir des améliorations » –, ils ont choisi, dans une démarche inédite, de s’exprimer ensemble, sous la houlette de deux militants cégétistes, Jean-Claude Branchereau (banque) et Patrick Brody (commerce) pour changer le syndicalisme. Ce livre n’est pas un cri de détresse. Il ne brise pas tous les tabous. Mais il avance des propositions décapantes.

Ce « syndicollectif » identifie cinq défis à relever d’urgence. Le premier, c’est la revendication « en lien avec les salariés ». Plus radicaux que réformistes, les auteurs défendent « un syndicalisme offensif de résistance et de progrès ». Critiques sur l’accord de 2013 sur l’emploi, signé par la CFDT, ils invitent à « bien distinguer compromis, avancées partielles et reculs ».

Sur le défi de l’unité, ils jugent que les raisons historiques de la division syndicale sont« pour certaines obsolètes » et ironisent sur ces forces qui agissent ensemble à la Confédération européenne des syndicats et à la Confédération syndicale internationale et se battent entre elles en France. Leur idée de créer un « conseil national permanent du syndicalisme » ne manque ni d’audace ni d’utopie…

« Changement de paradigme »

Le troisième défi est celui de la démocratie qui doit être « réellement participative », ce qui suppose que « les syndiqués doivent pouvoir décider, être consultés », d’abord dans l’entreprise. Sur la sacro-sainte indépendance, ils préconisent un « dialogue ouvert au grand jour » afin de réinventer les liens entre syndicalisme et politique : « Ni subordination, ni instrumentalisation, ni indifférence, c’est un rapport d’égal à égal qu’il convient de construire. » Enfin – cinquième défi –, ils plaident pour un « changement de paradigme », en intégrant la dimension européenne « depuis l’élaboration des revendications jusqu’à la négociation en passant par la définition des modes d’action ».

Pour Pierre Héritier, ancien secrétaire national de la CFDT, à son aile gauche, le syndicalisme « est menacé d’assèchement. Il doit retrouver sa place là où sont les salarié(e)s ». Gérard Aschiéri, ancien secrétaire général de la FSU, juge « mortifère »le clivage entre réformistes et radicaux : « Le syndicalisme qui se réclame de la transformation sociale a aussi besoin d’efficacité à court terme et de victoires partielles, tandis que le syndicalisme qui se dit réformiste se trouve vite bloqué par des marges qui ne font que se rétrécir s’il se contente de s’y inscrire. » Ce manuel est souvent discutable. Mais il est utile à méditer pour qui veut redonner de la crédibilité au syndicalisme.

Michel Noblecourt

Un appel contre la loi Macron : « Elle ne doit pas être votée »

 L’appel ci-dessous, répercuté par la fondation Copernic, contre la loi du ministre de l’économie du gouvernement Hollande Emmanuel Macron, ancien banquier, est signé par plusieurs responsables syndicaux CGT, FSU, Solidaires, parfois représentant leurs structures syndicales, nationale ou locale. Il est également signé par des universitaires, des responsables associatifs (APEIS, DAL, Femmes Egalité, Marches européennes,…)  et des personnalités politiques de gauche (EELV, Front de gauche, Nouvelle Donne, NPA, PS). La loi Macron est soumise au vote de l’Assemblée nationale le mardi 17 février 2015. 

Nous publions également une tribune de Laurent Degousée, co-délégué de SUD commerce et services, parue dans Libération du 15 février.

 

Cher-e-s ami-e-s,
La loi Macron renforce encore la dérive libérale, cet appel très unitaire est un rassemblement inédit pour lui résister.Amicalement,
La Fondation Copernic– – –

Pour nous, Macron, c’est non

Plus de cent militant-e-s et responsables d’organisations ont décidé de rendre public cet appel.

La loi dite loi Macron, « Pour la croissance et l’activité », dont le projet présenté au Parlement est censé casser « les rigidités » qui bloqueraient l’économie française.
Les dispositions de la loi ont un fil directeur : « ce qui est bon pour le patronat est bon pour l’économie », quelles qu’en soient les conséquences pour les salariés. Cette loi est le complément du pacte de responsabilité dont les prétendues contreparties se sont révélées des illusions. Elle participe d’une tendance générale dans l’Union européenne au moins-disant social. La stagnation, voire la baisse, des salaires et des pensions, les coupes massives dans les dépenses publiques pèsent sur la demande globale et donc sur l’activité des entreprises. Ces dernières préfèrent verser de confortables dividendes à leurs actionnaires plutôt qu’investir.
Avec l’extension du travail du dimanche, de surcroît sans obligation légale de majoration salariale, et avec le maquillage outrancier du travail de nuit en travail de soirée, les conditions de travail des salariés sont attaquées. Une fois de plus les premières victimes en seront les femmes.

Avec la réforme du tribunal des prud’hommes qui renvoie de plus en plus d’affaires devant des juges professionnels, ce sont les droits des salariés qui sont remis en cause.
Avec la dépénalisation du délit d’entrave, ce sont les employeurs qui sont protégés, pas les salariés.

Et désormais, si le tribunal administratif annule un plan social en raison d’insuffisance de motivation, les licenciements ne seront plus invalidés et les salariés ne seront plus indemnisés.
Par ailleurs, ce projet relance le processus de privatisation, notamment d’un certain nombre d’aéroports et fragilise le statut des locataires au profit des spéculateurs.
Il va permettre aux hôpitaux publics de créer des filiales à l’étranger, c’est-à-dire à se comporter comme des entreprises privées. Alors que le service public hospitalier est malade, entre autres, d’un manque de ressources, une partie de ces dernières pourront être utilisées à des fins d’opérations financières ou commerciales à l’étranger.

La déréglementation du transport par bus va en fait aggraver les inégalités d’accès, instituant un transport pour les pauvres. Elle aura pour effet d’augmenter les émissions de gaz à effet de serre. L’hypocrisie est ici de mise. Alors que le président de la République prend des postures d’écologiste, et alors que la France va accueillir en décembre 2015 la Conférence mondiale sur le climat (COP 21), le gouvernement propose une mesure qui va à l’encontre de tout bon sens en favorisant le transport privé par route au détriment du transport public dont le rail. Une autre solution serait de développer le transport par rail en faisant jouer à la SNCF son rôle de service public.

Ce projet de loi, en débat au Parlement, est guidé par une logique de déréglementation généralisée qui n’a comme objectif que le maintien des profits aux dépens des salaires, des pensions, seuls moyens de vivre pour la majorité de la population et au détriment de la protection sociale. Plus d’égalité, plus de fraternité, c’est ce que nous voulons, c’est le contraire de la loi Macron.
L’indispensable mobilisation sociale des salariés et des citoyens prend de l’ampleur.

CETTE LOI NE DOIT PAS ETRE VOTÉE, ELLE DOIT ETRE RETIRÉE !

Signataires :

Eliane Assasi (sénatrice PCF)
Clementine Autain (Ensemble)
Ana Azaria (Femmes Égalité)
Nicolas Baille (Secrétaire Général de la Fédération de l’Equipement et de l’Environnement CGT)
Ludivine Bantigny (historienne)
Maud Beckers (Commission sociale, Syndicat des Avocats de France)
Fatima-Ezzahra Ben-Omar (Les efFronté-e-s)
Olivier Besancenot (NPA)
Eric Beynel (porte parole de Solidaires)
Jean-Luc Bindel (Secrétaire Général de de la Fédération Agroalimentaire et Forestière CGT)
Alima Boumediene-Thiery (avocate)
Isabelle Bruno (politiste)
Jean-Marc Canon (Secrétaire Général de l’UGFF-CGT)
Céline Carlen (Secrétaire Générale de l’Union Syndicale CGT Commerce et Services de Paris)
Jean-Claude Chailley (Résistance sociale)
Andre Chassaigne (deputé PCF)
Laura Chatel (Secrétaire Fédérale Jeunes écolos)
Gérard Chaouat (membre du BN du SNCS FSU)
Boris Chenaud (Solidaires 34)
Robert Crémieux (MNCP)
Eric Coquerel (conseiller régional Ile de France, coordinateur politique du Parti de Gauche)
Pierre Cours-Salies (sociologue)
Thomas Coutrot (économiste, ATTAC)
Claude Debons (syndicaliste)
Bernard Dedeban (secrétaire de la FSU 31)
Karima Delli (deputée europeen, EELV)
Laurent Degousée (Fédération Sud commerces et services)
Caroline De Haas (féministe)
Sandra Demarcq (NPA)
Lina Desanti (Secrétaire Générale de l’Union Départementale CGT du Tarn-et-Garonne)
Marie Hélène Durieux (Fédération Sud Santé Sociaux)
Jean-Baptiste Eyraud (DAL)
Gérard Filoche (Bureau national du Parti Socialiste)
Pascal Franchet (CADTM)
Jacqueline Fraysse (députée, Ensemble)
Michel Faujour (co-secrétaire national du SNPES-PJJ FSU)
Nicolas Galepides (Fédération Sud PTT)
Bertrand Geay (politiste)
Jérome Gleizes (conseiller de Paris, EELV)
Caroline Guibet-Lafaye (philosophe)
Patrick Hallinger (Convergences Défense des Services Publics)
Elisabeth Hervouet (syndicaliste enseignant)
Hervé Heurtebize (secrétaire national du SNUCLIAS FSU)
Liem Hoang Ngoc (socialiste affligé, Bureau National du Parti Socialiste)
Nordine Idir (MJCF)
Maria Ines (co-secrétaire national du SNPES-PJJ FSU)
Sabina Issehnane (économiste, Les Economistes Atterrés)
Lucien Jallamion (République et Socialisme)
Pierre Khalfa (Fondation Copernic)
Judith Krivine (Commission sociale, Syndicat des Avocats de France)
Bernard Lacroix (politiste)
Rose-Marie Lagrave (sociologue)
Pierre Laurent (secrétaire national du PCF)
Christian Laval (sociologue)
Frédéric Lebaron (sociologue)
Catherine Lebrun (porte parole de Solidaires)
Valérie Lefebvre-Haussmann (Secrétaire Générale de la Fédération des syndicats du personnel de la banque et de l’assurance CGT)
Arlette Lemaire (secrétaire générale adjointe du SNASUB FSU)
Valérie Lesage (Secrétaire de l’Union Régionale Ile-de-France CGT)
Thierry Lescant (Ensemble)
Marie-Noelle Lienemann (sénatrice, Bureau National du Parti Socialiste)
Elise Lowy (EELV)
Jean-Marie Harribey (économiste)
Patrick Le Hyaric (directeur de l’Humanité)
Arnaud Malaisé (syndicaliste enseignant)
Emmanuel Maurel (député européen, Bureau National du Parti Socialiste)
Jean-Pierre Martin (psychiatre)
Christiane Marty (féministe)
Gérard Mauger (sociologue)
Caroline Mecary (avocate)
Emmanuel Mehdbi (syndicaliste SNU Pôle emploi FSU)
Jean-Luc Mélenchon (député européen)
Hélène Michel (sociologue)
Jean-Philippe Milesy (Rencontres sociales)
Christian de Montlibert (sociologue)
Carlos Moreira (Secrétaire Général de la Fédération Nationale des Industries Chimiques CGT)
Corinne Morel-Darleux (coordinatrice des assises pour l’Ecosocialisme)
Francoise Nay (militante de la défense des Hopitaux Publics)
Lucas Nédélec (Secrétaire Fédéral Jeunes Ecolos)
Hervé Ossant (Secrétaire Général de l’Union Départementale CGT de la Seine-Saint-Denis)
Naila Ott (Sud Travail affaires sociales)
Ugo Palheta (sociologue)
Jean-Jacques Paris (ANECR)
Willy Pelletier (Fondation Copernic)
Marie Cécile Périllat (syndicaliste enseignant)
Marc Peyrade (Secr. Gén. Fédé des Industries du Livre, du Papier et de la Communication CGT)
Christian Picquet (Gauche Unitaire)
Christian Pierrel (PCOF)
Véronique Ponvert (syndicaliste enseignant)
Jack Potavin (GOEES)
Christine Poupin (NPA)
Colette Pronost (syndicaliste SNU Pôle emploi FSU)
Emmanuel Renault (philosophe)
Jacques Rigaudiat (économiste)
Michèle Riot-Sarcey (historienne)
Danielle Rollat (UNRPA)
Suzy Rojtman (CNDF)
Michel Rousseau (Marches européennes contre le Chômage)
Jean Sammut (militant mutualiste)
Lydia Saouli (syndicaliste FSU ministère du Travail)
Danielle Simonnet (conseillère de Paris, secrétaire nationale du Parti du Gauche)
Evelyne Sire-Marin (magistrate)
Valérie Soumaille (syndicaliste enseignant)
Maya Surduts (CNDF)
Christian Taillandier (secrétaire national du SNUITAM FSU)
Baptiste Talbot (Secrétaire Général de la Fédération des Services Publics CGT)
Charlotte Tempion (Solidaires 69)
Christian Terrancle (Solidaires 31)
Christian Topalov (sociologue)
Victor Vauquois (responsable relations extérieures Jeunes Ecolos)
Rémy Viard (architecte)
Philippe Villechalane (APEIS)
Emmanuel Vire (Secrétaire Général du Syndicat National des Journalistes CGT)
Jean-Luc Wabant (Commission sociale, Syndicat des Avocats de France)
Louis Weber (revue Savoir/Agir)
Malika Zediri (APEIS)

 

 

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Dimanche : No Week-End

16 février 2015

TRIBUNE

Mesdames et messieurs les députés socialistes, le 11 décembre 2008, avec d’autres parlementaires de gauche, vous aviez signifié votre opposition à la loi Maillé relative au travail dominical par une tribune publiée dans Libération, intitulée «Dimanche : Yes Week-End !» Dans la majorité en 2015, vous vous apprêtez pourtant à entériner une loi similaire qui, de surcroît, ne figure pas dans les 60 engagements pour la France pris par François Hollande en 2012. Elle sera même pire car elle prévoit de légaliser le travail de nuit dans les nouvelles zones touristiques internationales, ouvrant ainsi la voie à sa généralisation.
Vous me rétorquerez que ce texte est là pour créer des emplois alors que notre pays, en proie au chômage de masse, en a bien besoin ? La fermeture des magasins Virgin Mégastore, en 2013, et les 1 000 licenciements qui en découlent sont là pour rappeler que l’extension des horaires d’ouvertures des commerces, dont cette enseigne s’est fait le chantre, n’est pas gage de pérennité de l’emploi… Et un patron du bricolage, ardent promoteur du travail dominical, faisait le constat, l’an dernier, que cela n’augmentait pas son chiffre d’affaires malgré sa légalisation dans cette branche.
Selon le ministre du Tourisme, il permettra aussi de renforcer l’attractivité de la France, or notre pays est déjà parmi les premières destinations touristiques mondiales.
Pour que les salariés ne soient pas en reste, le projet de loi instaure des garanties sociales telles que le volontariat et l’obligation de négocier des contreparties. «Pour l’extrême majorité des salariés, il n’y aura ni volontariat ni contrepartie au travail dominical qui leur sera imposé sous peine de sanction, jusqu’au licenciement. Et quel demandeur d’emploi exprimera son refus de travailler le dimanche au moment de l’entretien d’embauche ?» J’avoue ne pas être l’auteur des lignes qui précédent, elles émanent de votre parti qui raillait, en 2009, cette même loi Maillé, qualifiant le travail du dimanche de «tromperie organisée». Et qui peut croire que le Medef acceptera durablement de payer plus le travail du dimanche que celui des autres jours de la semaine ?
Le scandale est à son comble avec l’instauration du travail jusqu’à minuit baptisé en «soirée», sa prise en compte au titre de la pénibilité n’étant prévue qu’après cette heure.
Voter ce texte, c’est non seulement aller à l’encontre de la baisse historique du temps du travail, un des marqueurs de la gauche, mais rendre davantage invivable la vie de millions d’employés du commerce, déjà éprouvés par le temps partiel imposé et la smicardisation de leur statut. Et, surtout, cela reviendrait tout bonnement à vous dédire.
Par Laurent Degousée codélégué de la fédération SUD commerces et services et Solidaires.

Une pétition de syndicalistes allemands en soutien au peuple grec

 Alors que l’Allemagne de Angela Merkel apparait comme l’opposante frontale au gouvernement Syriza, une voix s’élève dans ce pays pour soutenir la Grèce : des syndicalistes DGB, Verdi, IG Metall!
Elle vaut la peine d’être connue et soutenue.
 
Pétition signée par les principaux dirigeants syndicaux allemands (DGB, Ver.di, IG Mettall…).

La Grèce au lendemain des élections – une chance pour l’Europe, non une menace

Le séisme politique qui a eu lieu en Grèce est une chance non seulement pour ce pays, qui est frappé de plein fouet par la crise, mais aussi pour repenser et corriger dans ses fondements les politiques sociales et économiques de l’UE.

Nous mettons en exergue ici de nouveau une critique à maintes reprises formulée ces dernières années par les syndicats : dès le début, les conditions déterminantes, sous lesquelles les aides financières ont été accordées à la Grèce, ne méritaient pas le qualificatif de « réforme ». Les milliards, qui ont été injectés en Grèce, ont été utilisés avant tout pour stabiliser le secteur de la finance. Dans le même temps, à cause de la brutalité des politiques d’austérité menées, le pays a été plongé dans la plus profonde récession qui puisse être et parallèlement a accumulé la dette publique la plus élevée de l’UE. Cela a eu pour conséquence de déclencher une crise humanitaire et sociale sans précédent en Europe : un tiers de la population vit dans la pauvreté, la couverture sociale a été massivement fragilisée, le salaire minimum a été abaissé de 22 %, le système de convention collective ainsi que d’autres droits protégeant ceux qui sont encore employés ont été démantelés. Enfin, ce sont précisément les catégories à faibles revenus qui font l’objet de pression fiscale supplémentaire. Le chômage est actuellement à 27 % et atteint même 58 % chez les jeunes. Nombreux sont ceux qui n’ont pas les moyens suffisants pour payer nourriture, électricité, chauffage et loyer. Une part importante de la population ne souscrit plus à une assurance maladie et a accès aux soins médicaux seulement dans les cas d’urgence. Ainsi, les résultats électoraux constituent un réquisitoire définitif contre ces politiques qui ont échoué.

Ces dernières n’ont rien à voir avec le concept de réforme. Elles sont dans les faits à l’origine des difficultés rencontrées par la Grèce. Aucun des problèmes structurels du pays n’a été résolu, mais au contraire de nouveaux ont été générés. Ces politiques ont été des politiques pour démanteler et non pour construire. Des réformes structurelles dignes de ce nom ouvrent au contraire de nouveaux horizons au pays afin que celui-ci renoue avec la croissance économique, au lieu de chasser toute une génération de jeunes hautement qualifiés vers l’étranger. De véritables réformes structurelles s’attaquent sans détour à la fraude et l’évasion fiscales. De véritables réformes structurelles luttent contre les politiques clientélistes et la corruption sur les marchés publics. Le nouveau gouvernement grec doit relever de nombreux défis : mener un projet de reconstruction et de développement, qui devra faire partie d’un « plan d’investissement européen », comme le demandent depuis longtemps les syndicats. Aussi, il devra créer les conditions nécessaires pour que de tels projets aboutissent.

Il faut réellement négocier avec le gouvernement grec sans chercher à faire pression, afin de dépasser les politiques d’austérité et d’ouvrir des perspectives sociales et économiques au pays. Ceci s’applique en particulier aux conditions dévastatrices acceptées par le gouvernement précédent, maintenant désavoué par les urnes, en vue d’obtenir des emprunts internationaux. L’Europe ne doit pas s’obstiner dans la poursuite d’une politique aux dépens des peuples, une politique qui a été rejetée sans équivoque par la majorité des électeurs et électrices. Dire « ça ne fait rien, on continue » n’est pas une option !

Le désaveu des responsables des politiques menées jusqu’à maintenant en Grèce est une décision démocratique, qui doit être respectée au niveau européen. Il faut laisser sa chance au nouveau gouvernement. Ceux qui réclament la poursuite des soi-disantes réformes en cours contestent de facto au peuple grec le droit à mener dans son pays une politique de réorientation légitimée démocratiquement. S’il s’avérait qu’une telle politique de réorientation ne serait possible que dans le cas où d’une sortie de la Grèce de l’Union monétaire européenne, alors ceci prouverait l’incompatibilité des institutions européenne avec les décisions démocratiques prises au sein des États membres. C’est ce qui permet aux courants nationalistes, actuellement en plein essor en Europe, d’avoir d’autant plus le vent en poupe.

Le déficit de légitimation démocratique au niveau européen, régulièrement déploré, et qui reste toujours non résorbé, ne doit pas venir aggraver les carences démocratiques que connaissent les États membres. La démocratie au niveau de l’Union européenne doit être renforcée, si l’on veut donner une nouvelle crédibilité au projet européen, comme nombre d’entre nous l’avaient mis en avant en 2015 dans le cadre de l’appel « Fonder une nouvelle Europe ! ». Ce n’est pas le diktat de l’austérité qui fortifiera le projet européen, mais seulement l’initiative démocratie impulsée par le bas en vue d’instaurer la reconstruction économique et plus de justice sociale.

Cette initiative doit être soutenue maintenant au nom de l’intérêt du peuple grec, qui donne aussi une nouvelle impulsion en faveur d’une réorientation politique en Europe. La percée politique en Grèce doit être vue comme une chance pour établir une Europe à la fois sociale et démocratique !

Marianne et les cinq défis du syndicalisme

Article paru dans Marianne. 

Réinventer le syndicalisme, et vite…: cinq défis à relever.
Ouvrage coordonné par Jean- Claude Branchereau et Patrick Brody, Syllepse, 140 p., 10 €.

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Comment relever le déf du syndicalisme au XXIe siècle ? L’affaiblissement et la crise de confiance que traversent les organisations syndicales donnent une idée de l’enjeu. Un vaste chantier auquel des militants de la CGT, de la FSU, de l’Unsa, de la CFDT et de la CFTC, qui se présentent comme « radicaux et réformistes », se sont attaqués dans un ouvrage collectif. En commençant par établir la liste des erreurs et des renoncements. En privilégiant aussi la proximité avec les institutions – patronat et pouvoirs politiques –, les centrales syndicales ont délibérément mis de la distance avec les salariés qu’elles prétendent défendre.
Elles ont produit « des militant(e) s indéboulonnables qui gardent le même mandat pendant des années sous prétexte qu’il n’y a personne pour les remplacer ». Et elles sont passées à côté des mutations du monde du travail en en désertant des pans entiers : ouvriers et employés des PME et des TPE, travailleurs précaires ou sans papiers. Sans oublier, les divisions, les dispersions : « Aujourd’hui, explique Gérard Aschieri, ex-secrétaire général de la FSU, le spectacle qu’offre le mouvement syndical est celui d’un éclatement illisible, qui donne le sentiment d’un spectaculaire retour en arrière. » A cela s’ajoute une perte de confiance généralisée dans l’efficacité collective. La confiance s’est délitée. Comment vaincre le sentiment d’impuissance qui s’est emparé de l’opinion, et renouer avec un syndicalisme de masse menacé d’assèchement ? Si les auteurs ne donnent pas de solutions clés en mains, ils ouvrent des pistes de réflexion : « démocratiser les pratiques » par la consultation permanente des salariés ; privilégier l’unité ; « ouvrir grand les portes et
les fenêtres aux jeunes » ; développer « un syndicalisme d’adhérents ».
Mais aussi « réinventer des liens entre syndicalisme et politique » ; lutter « syndicalement » contre une extrême droite qui progresse dans le monde salarial… Faute de quoi, mettent-ils en garde, le syndicalisme risque de devenir « au mieux un corps intermédiaire de médiation sociale qui accompagne les décisions prises “en haut”, au pis un conglomérat d’appareils ne touchant pas l’ensemble du salariat ». ■
par Perrine Cherchève

Cinq défis pour le syndicalisme : suite

Nous reproduisons ci-dessous la chronique du livre : Syndicalisme, cinq défis à relever (voir sur ce blog notre propre commentaire, ainsi que sur le blog: entreleslignesetentrelesmots) parue dans l’Humanité du 16 janvier 2015. Par Paule Masson.

 

 

Accès direct : Critique Livre Syndicalisme     670px-L'Humanité.svg

Le mouvement syndical face aux défis du 21ème siècle

Une invitation à penser le renouveau du syndicalisme
Syndicalisme : cinq défis à relever, Jean-Claude Branchereau, Patrick Brody (coord.), Syllepse, 140 pages, 10€..

A l’heure où les syndicats semblent, comme rarement, divisés et en manque de résultats, voici un livre qui engage la réflexion sur son renouveau. Ecrit par des militants syndicaux, issus de la CGT pour beaucoup, mais aussi de la FSU, de l’Unsa, de la CFDT ou encore de la CFTC, l’ouvrage démontre en quoi la crise rebat les cartes stratégiques de tout le syndicalisme. « Aujourd’hui, le spectacle qu’offre le mouvement syndical est celui d’un éclatement illisible, qui donne le sentiment d’un spectaculaire retour en arrière », déplore Gérard Aschieri, ancien secrétaire général de la FSU, dans une des neuf contributions qui occupent la seconde partie du livre.
Partant de ce constat, les auteurs assurent pourtant, dans le texte commun qui ouvre la réflexion, que « la désespérance ne saurait être notre chemin ». Pour eux, le syndicalisme n’est pas statique. Mais sans réflexion urgente sur le champ revendicatif, du « quotidien à la transformation sociale », sur la nature de l’unité voire de l’unification syndicale, sur le fonctionnement démocratique qui réclame un « nouvel imaginaire », sur le rapport avec la politique qui doit se réinventer et sur l’échelle européenne devenue incontournable, « l’assèchement » menace. Outre, les analyses proposées sur les mutations à l’œuvre, dans le salariat notamment, le livre formule des propositions, allant de la création d’un « conseil syndical permanent du syndicalisme », au façonnage d’un mode d’organisation qui considère la « consultation des salariés comme un mode de vie permanente ».
La deuxième partie met en avant un certain nombre de contributions plus personnelles. Elles posent en général des questions aiguës, insuffisamment discutée, souvent non résolues pour penser un syndicalisme plus en phase avec les évolutions de la société. Ainsi, la tribune de Christophe Delecourt et Jean Dunois (CGT), qui appelle à dépasser la charte d’Amiens. Ce texte fondateur, datant de 1906, a théorisé (sacralisé?) la tâche « d’émancipation intégrale » que le syndicalisme doit mener en toute indépendance des partis politiques. Les auteurs pensent venus le temps d’engager un travail commun avec eux pour «prendre le pouvoir capitaliste en tenailles ». Ainsi encore, le texte de Patrick Brody et Gérard Billon (CGT), déplorant un syndicalisme qui se meurtrit dans l’institutionnalisation de sa fonction au détriment de la proximité avec les salariés. Ainsi enfin, les nouveaux défis qui frappent à la porte, comme celui qui relève de la lutte contre l’extrême-droite (Hervé Le Flibec, SNES-FSU) ou encore de la démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux (Joël Le Coq, CFDT). Sans jamais asséner de conclusions hâtives et dans une réflexion qui reste ouverte, les auteurs n’essaient pas de tout réinventer mais ils invitent assurément le mouvement syndical à se pencher urgemment sur la question.
Paule Masson

Solidaires propose une réunion intersyndicale

 Après la grande marche populaire du 11 janvier,   face au très grande nombre de questions  posées, une des réponses est de poursuivre la lutte contre la dégradation sociale. Et notamment la loi Macron.  L’Union syndicale Solidaires écrit à toutes organisations, le jour où la CGT tente de résoudre sa crise de direction par la réunion de son Comité confédéral national, réunissant les unions départementales et les fédérations professionnelles.
Une réunion intersyndicale est proposée le vendredi 16 janvier à 10h.
Le fichier PDF : LettreOs_12_01_2015
logo_solidaires_grand
Le 12 janvier 2015
Lettre de l’Union syndicale Solidaires à CFE-CGC, CFDT, CFTC, CGT, FSU, FO, UNSA
Cher-es camarades,
Des événements dramatiques ont secoué et mobilisé les salarié-es et rassemblé nos organisations syndicales dans des préoccupations communes. Aujourd’hui, la situation du monde du travail, le maintien d’une situation économique dépressive, rendent nécessaire la discussion de toutes les organisations pour échanger sur l’état des lieux et agir ensemble.
Des mobilisations existent dans le privé comme dans le public, des intersyndicales locales et sectorielles se mobilisent, contre la politique d’austérité.
La loi dite Macron, comme la plupart des mesures précédentes, ne fera qu’aggraver la situation sociale de la grande majorité des salarié-es. Les menaces pèsent sur les retraites complémentaires,
sur les droits des salarié-es dans les entreprises, sur les 35 heures. Les coupes budgétaires se poursuivent alors que la lutte contre les 60 milliards que coûte la fraude fiscale n’est pas menée sérieusement. La politique de compétitivité profite principalement au patronat et alimente la récession économique, comme dans nombre de pays européens.
– La contestation et les résistances s’organisent, en Belgique, Espagne, Grèce… qu’attendons-nous pour faire de même ?
– Combien de temps encore allons-nous tolérer que nos droits fondamentaux : emploi, salaire, protection sociale, santé, éducation, logement, soient détruits d’année en année, de loi en loi ?!
– Combien de temps allons-nous accepter que les dividendes explosent, plus 30 % en 2014, pendant que les salaires stagnent ?
– Combien de temps allons-nous laisser dilapider l’argent public au profit des banques, des entreprises, sans aucun effet sur l’emploi ?
– Combien de temps allons-nous laisser détruire nos biens communs que sont les services publics pour toujours plus de privatisation ?
Les raisons d’agir toutes et tous ensemble ne manquent pas. L’urgence est à l’action collective pour imposer la satisfaction des besoins sociaux du plus grand nombre.
L’union syndicale Solidaires vous invite à une intersyndicale nationale dans nos locaux le vendredi 16 janvier à 10 h 00 afin de construire une riposte à la hauteur des enjeux.
Solidairement, le secrétariat national de Solidaires.
Union syndicale Solidaires – 144 bd de la Villette – 75 019 Paris
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